‹ L'ancien clergé de France (volume 3)Chapitre 23 sur 130 · I. TiiKiNEM, II, i4o-i.")i, 3io, 3ii · texte numérisé non relu

I. TiiKiNEM, II, i4o-i.")i, 3io, 3ii

vrai, de leurs regrets, lui assurant unanimement que leui' maison était la sienne, quelle lui serait toujours ouvei'te. (( Je leur laissai mon cœur pour gage, dit un peu naïvement l'évèque <le I^uçon ; Je crus emporter les leurs, car je me llattais d'en être aimé autant que je les chérissais tous l)ien sincèrement. » G est le cas de répéter (pie les absents ont toi't. Quand M. de Mercy voulut rentrer à Saint-Vital, le Père Abbé lui écrivit que « sa communauté y répugnait », quil devait prendre les ordres de la secrétairerie dKtat. Home, sur les instances du prélat, aurait ])eut-éti'e fait ouvrir les portes de l'abbaye, mais l'évèque de Lu^on renonça à revenir dans une maison où il ne devait être re^u « tpi'avec répugnance • ». Nous avons vu (|u'il fut hu'gement dédommagé en Autriche.

Disons que si des évècpies se plaignent des monastères, d'autres vantent hautement l'accueil qu'ils y re<;oivent ^. Quelques défaillances de prêtres ou de moines ne doivent pas nous faire oublier la charité des évèques italiens et surtout le grand rôle de Pie \l. Son ministre. M*?' C^aleppi, (|ui se montra admirable, ne craint pas de porter à cim| mille le nond)re des ecclésiastiipies secourus dans les Ktats j)ontificaux. De touti's les contrées tie l'Italie, c'est là qu'ils furent le mieux re^iis. Ailleurs, l'hospitalité fut trop souvent contrainte et nuMiacée. «.J'ai beau tournei* mes regards

I. I.ottrfs iiu'-ditos de M. de Morcy, et lettres des 21 novembre 1-94, ii( novembre i^i)*), reproduites ]>»>' 'I'iikinkii, II. i«)'J-i8o5. Dans une lettre inédit»' datée de Havenni's, 19 noveml)re 17»)"), l'évèque de Liieon dit la eour de Home « peu exacte « nous jmyer la pension ((u'elle nous a promise pour notre entretien. Voilà un an que je suis à Havennes et je n'ai encore reçu que .V) écus, et encore en cédules, qui j>erdent vin;^t pour cent : car, ici comme partout, l'arg-ent est infiniment rave. »

•2. (liions, parmi ceux (jui font leloffc de l'hospitalité des monastères, les évèques de Loinbez, Tarbes, Apt, etc. .M^ (;alepj)i écrit : « Je dois rendre aux évètjues et au plus grand numbrc des suj)érieurs majeurs des réjruliers et surtout des Ordres mendiants, le témoijcnag-e (lu'ils ont mis le plus g-rand empressement à seconder les intentions de Votre Sainteté. » ^■. TuKixK». II. i)rélace. j). xxii, pp. 4'5, iS'5. 184. — Voir pour les demandes des évèques de Bé/iers, Cambrai, (^vaillon. Le Mans, Mi)ulins, Xevers, Perpiffuan, Le Puy, Saint-Flour. Sene/, Saint-Claude, Toulon, >'ence, 'l'iiKiNEii, H, pp. .ôo-.ni. (55, -o, 71, 102, io5, i}7-i4o, aia-a;;, 485), 4<)5, «89.

sur tout ce qui m'environne, écrit, en i^^G, un prêtre expulsé de la République cisalpine, je ne vois aucun souverain en Italie qui daigne nous permettre de poser le pied sur SCS États. Nous n'avons plus de patrie, et, ce qui est plus terrible encore, bientôt nous ne pourrons plus trouver un coin de terre pour nous déi'ober aux poursuites de nos plus cruels ennemis. Les bétes fauves ont des tanières, et des liomiues paciftques ne sauraient obtenir un toit pour demeure ! Turin, Naples, Modène nous ferment imi)itoyablement leurs portes; Parme n*a jamais voulu nous ouvrir les siennes ; le grand-duc de Toscane ne les refuse à personne, mais son duchç nest pas aussi vaste que la générosité de son cœur. Le Saint-Père est lui-même condamné à fuir. » Evidemuient le Pape ne pouvait garantir dans ses Ktats à ses malheureux hôtes une sécurité absolue cpii finit par lui manquer à lui-même. Mais tout prouve sa générosité et son gi-and conir '. C.onscient du rôle qui lui incoud)ait comme chef de l'Eglise eu de si difficih's conjonctures, il sut regarder au-delà de ses frontières, l'épondre à la confiance des évct[ues frani^-ais qui dans diverses contrées d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne, faisaient appel à sa bourse, et, dans cette crise suprême de l'Eglise de France. se souvenir de ce quelle avait fait ])oui' liome, ac(piérir enfin, en se montrant à la hauteur des circonstances, rime de ses plus ])ures gloires. Un ministre de Pie YI, Calep|)i. euipruntant une de ces formules grandioses qui ne déplaisent point aux Italiens, ne craignait pas de lui affii'mer dans un rapport (juil avait « l)ayé à lui seul la (h'tte contractée parle Saint-Siège envers Charlenuigne ». C'eût été avoir pris son tenq)s j)our régler les comptes.

I. TiiRiNKit, II, p. ()'5;-(i5(>, donne nue liste des prêtres reçus dans les Etals pontificaux. Voir7/;/V/., II, pp. 4oi, i>'i5, une lettre du 18 février i;9'5, où les évèques réfugiés en Suisse remercient Fie VI d;i bon accueil fuit dans les Etats pontilicaux aux prêtres que la misère y a poussés de la Suisse: \ine autre lettre de remereieincnts des ])rètres reçus dans les l-'tats |)()ntilicaux. — L'al)l)é d'AiiiiBKAr, //;/(/., II, p. r)'5<)-r)44,fait un grand éloge de l'Iiosl)italité pontilicale. Voir aussi Ihid., préface, p. xxi, le rapport de Caleppi.

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