‹ L'ancien clergé de France (volume 3)Chapitre 38 sur 130 · LES SOUFFRANCES ET LES VERTUS DE L EXIL I7I · texte numérisé non relu

LES SOUFFRANCES ET LES VERTUS DE L EXIL I7I

asile en Russie, puis les religieux de chœur et frères convers, puis les enfants formant l'école avec leurs professeurs. Procession vivante d'une règle plus auslère que celle de Rancé, dont l'observance ne fut jias plus interrompue sur les routes, sur les chariots, que dans los haltes ou les séjours plus ou moins prolongés. Tout contact avec les religieux qui leur donnaient l'hospitalité était évité avec soin, pour écarter la moindre tentative de relâchement qu'aurait pu provoquer l'exemple d'une vie moins sévère. Le monde restait stupéfait devant cet étrange spectacle de vertus monastiques et, nous pouvons l'ajouter, de vertus françaises. « Passer toute une matinée sans boire, vingt-quatre heures et quelquefois plus sans manger, dit un contemporain, paraît aux Germains quelque chose d'extraordinaire, et à peine osent-ils en croire leurs propres yeux. Ils sont déjà doublés en nombre, mais la plupart de leurs prosélytes sont des Français ou des Italiens : les Allemands ne regardent encore que de loin cette terre promise '. » Nous terminons par ce trait héroïque l'histoire des souffrances et des vertus du clergé français dans l'exil,

I. C. Gaillardin, Les Trappistes ou l'Ordre de Citeaux aa XIX« siècle, t. II, passim. — Journal d'émigration de l'abbé Henry.

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