Chapitre VI. Les éi^éques et la Constitution politique
I. Les évêques passionnés pour la question politique comme pour la question religieuse. — Le sort de la monarchie en dépend. — Idées politiques de l'épiscopat. — Son libéralisme dans l'Assemblée de 1788. — Un écrit de Mgr de La Luzerne. — Si la France avait une constitution avant 1789. — Large inspiration des cahiers. — Le clergé en est venu à demander une constitution nouvelle qui sera enseignée dans les écoles. — II. La Constituante va dépasser les demandes des cahiers.
— Part active que prennent les prélats aux travaux parlementaires. — Boisgelin fait décider le vote à la majorité. — La Luzerne et le sablier. Deux évêques contre les mandats impératifs.
— Mgr deJuigné ordonne un Te Z>eMw pour le 14 juillet et élève la couronne civique sur la tête de Bailly. — Les évêques présidents de l'assemblée. — Graves événements sous la présidence de Mgr de Pompignan. — Libéralisme de Mgr de Cicé. — Son rapport sur la constitution. — Divers inciden's de la présidence de Mgr de La Luzerne. — Sa harangue aux citoyennes de Paris. — Le juron de M. de Virieu. — III. Conversion des évêques à la liberté. — La tradition théologique plus large que la tradition gallicane. — Déclaration des droits de l'homme. — Réserves des évêques. — Ils trouvent dangereux de séparer les droits des devoirs. — Mais ils sont pour la liberté. — Pouvoir législatif reconnu à la nation. — Fier langage. — On pouvait s'entendre avec de tels hommes.
— Tirade de Mirabeau sur l'union de l'Evangile et de la liberté. — Les trente évoques de l'assemblée écrivent au pape qu'ils ont a'oulu établir la liberté publique . — Combien ce testament politique les honore. — IV. Cependant les évêques ne sont pas responsables des vices de la constitution de 1791. — Comment elle avait ruiné le pouvoir royal et rejeté les deux chambres chères à plusieurs prélats. — Découragement de La Luzerne qui quitte l'assemblée.
— Mais la majorité des évêques reste fidèle à son poste. — Une certaine inexpérience parlementaire. Sorties bruyantes. — Altitude des évêques non députés. — Grand retentissement d'un mandement réactionnaire de l'évêque de Tréguier. — Autres évêques favorables à la constitution trouvés trop froids par Mirabeau. — Cruel embarras des prélats en présence d'une constitution qui ruine la monarchie et l'Eglise, mais est vivement désirée par la nation. — Ils marchent avec elle. — Enthousiasme de l'évêque d'Angers. — La généralité de l'épiscopat prête serment à la constitution. — Protestation des onze, le 15 septembre 1791. — L'attitude libérale de l'épiscopat d'alors, rappelée plus tard par La Luzerne et Bausset. — Pie VI distingue la politique et la religion. — Le temps eût pansé les blessures. — Malheur que la constitution civile du clergé ait déconcerté ces bonnes dispositions et condamné les évoques au non possumus 254