Collection ecclésiastique de Barruel, t. IX, p. 8k
210 LES ÉVÉQUES FONCTIONNAIRES SALARIES
Hélas ! avant même que la constitution civile du clergé fournisse à la Constituante le prétexte de manquer à ses engagements les plus solennels, la détresse du trésor l'avait déjà mise dans l'impossibilité de les tenir. Elle avait géré les finances avec une véritable folie. La suppression pure et simple des dîmes, en faisant aux propriétaires un cadeau de 80 millions de rente, mettait désormais l'entretien du culte au compte de la nation. L'assemblée crut avoir encore un fonds inépuisable dans les quatre milliards des biens du clergé, et la voilà gaspillant cette fortune. Elle supprime et rembourse les offices de magistrature, 450 millions; les charges et cautionnements de finance, 321 millions ; les charges de la maison du roi, de la reine et des princes, 52 millions ; les charges et les emplois militaires, 35 millions ; les dîmes inféodées, 100 millions, etc. ^. Gouffre immense où viennent s'engloutir, avec les biens d'Eglise proprement dits, d'autres ressources qui avaient pour la plupart une origine ecclésiastique, les biens des collèges que l'abbé de Montesquiou portait à 30 millions de revenu, les biens des écoles, des Universités. Les biens des hôpitaux, qu'un député estimait à 800 millions de capital -, furent menacés. Toute cette fortune amassée par les âges, trésor séculaire du culte national, de l'assistance et de l'instruction publique, tombe aux mains de ces prodigues qui, occupés à faire fonctionner leur planche à assignats, dissipent '^ en quelques jours Thé-