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Mcnioiros de Bernis, lettre du 13 mai

ra dire dans In liste des personnes recommandées à celui de ses enfants appelé à régner : « Quant au clergé, M. de Jarente a élevé dans ce corps trop de sujets bien dignes d'être ignorés. Il a pris le contre-pied de son prédécesseur qui voulait un clergé exemplaire et attaché à la religion. M. de Jarente a fait des choix de trop de personnes semblables à lui. » Le scandale fut si grand que l'indolent Louis XV dut chasser Jarente de la cour. « Mais, dit l'abbé Proyart , comme s'il eût fallu que le dernier acte d'un si déplorable ministre fût un dernier outrage fait à l'Eglise gallicane, Jarente ne quitte le siège déshonoré d'Orléans qu'en y poussant un neveu qui devait y perpétuer l'opprobre jusqu'à la chute de la monarchie. »

Après Jarente, le cardinal de La Roche-Aymon, archevêque de Reims, eut la feuille des bénéfices de 1771 à 1776. On a pu reprocher à ce prélat politique de s'être montré parfois trop conciliant, trop complaisant pour le roi et les ministres ; mais on n'a point contesté ses qualités ecclésiastiques et la dignité de sa vie. Madame de Genlis, qui l'avait rencontré à Sillery,nous le décrit dans ses mémoires comme un évêque « d'une figure imposante, homme vertueux, austère et de beaucoup d'esprit.» A la mort du cardinal de La Roche-Aymon, la feuille des bénéfices passa aux mains de M. de Marbeuf, évêque d'Autun, qui la garda de 1776 jusqu'en 1789.

La gestion de M. de Marbeuf, et même celle de M. de la Roche-Aymon, rencontrèrent de violents détracteurs. On fit circuler de 1781 à 1783 des Lettres secrètes qui attaquaient Marbeuf et Loménie de Brienne avec une violence inouie. Le cardinal de la Roche-Aymon n'y est point épargné. On y présente cette vieilhî Eminence comme n'ayant pas le faible mérite des bonnes intentions, égaré par le caprice ou la prévention, sans plan, sans vues, sans principes... Elle semblait avoir entre-

pris de s'acquitter avec le hasard de tout ce qu'il avait fait pour elle. » ^

Mais c'est contre l'évêque d'Autun, M. de Marbeuf, que sont dirigées les récriminations les plus véhémentes 2. On sent circuler dans ces diatribes le courroux

1. « Depuis le règne du cardinal Fleury, dit le pamphlet, il est facile de motiver le choix des ministres ecclésiastiques. La reconnaissance nomme l'évêque de Mirepoix (Boyer) ; l'estime, le cardinal de La Rochefoucauld ; le despotisme d'une femme, l'évêque d'Orléans(Jarente); l'intrigue et la pitié, la vieille Eminence, le cardinal de la Roche-Aymon. Un seul homme a fait tout le mal. Sous le successeur du sage cardinal de La Rochefoucauld, toutes les disciplines se sont amollies, les mœurs ont été comptées pour rien et la doctrine pour peu de chose.,.. Ce brigand aimable et voluptueux (Jarente) était sans système. Une abbaye, un évêché n'étaient à ses yeux qu'une fleur, un pompon, et ce travail d'une nomination ne lui paraissait guère plus important que l'arrangement d'un souper, )) Gf, Lettres secrètes... à M. le marquis de... avec une Suite des Lettres secrètes. — Il faut faire la part du pamphlet dans cette diatribe. Voici en quels termes M. de La Roche-Aymon, ministre de la feuille, communiquait à M, de Ghamporcin, le 29 novembre 1773, sa nomination à l'évêché de Toul : « Après avoir bien réfléchi, mon cher Seigneur, j'ai cru que personne ne serait plus propre que vous à remplir le siège de Toul dont vous avez sans doute appris la vacance ; et ne consultant que le bien qui peut résulter de votre translation, je l'ai proposée sans hésiter au roi qui vient de l'agréer. Vous allez vous trouver à la tête d'un clergé des plus instruits et d'un vaste diocèse. Je vous y souhaite du meilleur de mon cœur une destinée telle que vous la méritez, et semblable à celle de vos prédécesseurs, dont la mémoire est encore en vénération dans la Lorraine. » On ne peut méconnaître que l'accent de cette

lettre ne soit très digne et vraiment sacerdotal. Gf. Guillaume, Histoire du diocèse de Toul, t. IV, p. 322.

2. L'évêque d'Autun, « avec moins de consistance personnelle, emprunte de sa Idcheté même plus d'audace encore et malheureusement plus de stabilité. Il sent qu'il ne peut se soutenir dans sa place qu'en sacrifiant tous ses devoirs. Esclave du crédit qui le gouverne, il est reconnu pour le plus effronté menteur qui ait jamais abusé du pouvoir, et son élévation lui a ôté la petite considération qu'il avait usurpée en se cachant dans ses intrigues... Ses mains incertaines, toujours soumises à des impulsions étrangères, ne savent ni s'ouvrir ni se fermer à propos. Qu'espérer d'un esclave vendu au crédit, que l'ambition ronge, qui nourrit au milieu des oscillations d'une raison malade la soif dévorante de la faveur, à qui la nature a refusé l'âme et le génie qui élèvent au-dessus des places, qui donnent la délicatesse et la dignité dans le pouvoir, et dont la volonté n'est ferme et stable que contre le mérite solitaire et le talent abandonné à lui-même. » — L'abbé de Pradt, op. cit., J, p. 441, accuse également la Roche-Aymon et Marbeuf d'avoir manqué de force de caractère pour résister au favoritisme du pouvoir. — Ges attaques n'empêchèrent pas Marbeuf d'être fait chevalier du Saint-Esprit , et contribué-

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d'un candidat à quelque riche bénéfice qui lui aura été refusé. Entendez le pamphlétaire interpeller en ces termes le ministre de la feuille, à la veille de la Révolution: « Chaque jour vous avez renchéri sur vos méfaits par des présentations criminelles. Pendant votre administration, l'irréligion, le libertinage, l'avarice, le luxe, l'incrédulité, l'athéisme même, semblent avoir été les seuls titres pour obtenir les bénéfices de la nomination royale. » Ces reproches ne paraissent pas justifiés. Les rares prélats dont la conduite laissait à désirer, tels que Rohan, Loménie de Brienne, Grimaldi, étaient entrés dans l'épiscopat avant l'arrivée de Marbeuf à la feuille, et, nous le verrons, c'est malgré Marbeuf que Talleyrand fut nommé évoque d'Autun.

C'est la seule fois du reste que Louis XVI contraria, et bien à tort, son ministre. Tous les documents contemporains nous montrent Louis XVI très résolu à ne choisir que de bons évêques. Il dit à M. du Tillet qu'il venait d'appeler au siège d'Orange: « Vous êtes le premier évoque que je nomme depuis mon avènement au tronc. Je m'applaudis de mon choix qui n'a pour motif que votre propre mérite. Je crois que oe commencement sera de bonne augure pour les nominations suivantes, si Dieu en fait la grâce. » C'est encore la première année de son règne que Louis XVI eut à pourvoir à l'archevêché de Cambrai. Ce diocèse n'avait pas été heureux en évêques depuis Fénelon. Le roi, obsédé de recommandations, les repoussa toutes, fit son choix et le rendit public en ces termes: « Il y avait assez longtemps que Cambrai n'avait

rent même à lui faire donner le cordon bleu. On fit à cette occasion le quatrain suivant :

A force d'en dire du mal, Voilà du cordon bleu Marbeuf que l'on décore. Aimables persifleurs, quelques pamphlets encore, Et voua le ferez cardinal.

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point (l'archevêque. J'ai voulu lui en donner un. )> L'élu était M. Rosset de Fleury, archevêque de Tours, préhit très digne de faire oublier les Dubois, les Saint-Albin et les Choiseul. Les nominations épiscopales de Louis XVI ont fait dire qu'il fut « plus heureux dans le choix des ministres du sanctuaire que dans celui de ses propres ministres *. »

M. de Marbeuf trouvait donc en Louis XVI un roi très décidé à procurer le bien de l'Eglise. Mais le ministre de la feuille avait à compter avec d'autres influences. Nous ne parlons point ici de Boisgelin, archevêque d'Aix, qui manifestement jouissait d'un grand crédit auprès de lui, puisqu'il fit nommer, en 1788, M. de Messey, son grandvicaire, à l'évêché de Valence, M. de Ruffo-Bonneval à l'évêché de Senez ~. L'intervention de la reine et de son entourage élait autrement redoutable. Qu'elle poussât à l'épiscopat ses aumôniers ou protégés, quand il^ étaient aussi dignes que MM. de Sabran, Mérinville, Bourdeilles, Fontanges, rien de mieux ; mais auprès d'elle l'abbé de Vermond '^, son lecteur, se faisait l'instrument d'ambitions moins rccommandables qui s'agitaient autour de Loménie de Brienne. Les Mémoires du temps nous montrent ce dernier, à son château de Brienne, « entouré d'une foule de petits abbés qui croyaient à peine en Dieu, et attendaient des évêchés du crédit que l'archevêque avait dans l'opinion par M'"'' du Vernage, et à la

1. Cf. Abbé Proyart, Louis XVI ci ses {ferius, 1805, 5 vol. in 8», t. I, p. 387, t. II, p. 48't-485.

2. M. de Ruffo-Bonneval écrirait: « Je n'ai pas tant dû mon cvêcbé à la renonciation de mon frère qu'à M. de Boisgelin. qui a voulu me mettre à sa place. » Cf. Th. Bérengier, Vie de Mgr liuffo Donnerai, évêque de Senez, p. 6.

3. (( Il y a à la cour, écrivait, le cardinal de Bernis, deux hommes qui s'entendent fort bien: le comte de Mercy et l'abbé de. Vermond (très en faveur auprès de Maric-Antoinettè), Cet accord, dont le public ne s'occupe guère, explique bien des choses qui sans cela seraient inexplicables. » Dépèche du 1"" octobre 1786. Masson, p. 447.

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CDur par l'abbé de Vermond. » Le comte d'Allonville rapporte que son oncle, ayant recommandé l'abbé de Dampierre, très digne prêtre, vicaire général de Paris, à l'abbé de Vermond, celui-ci aurait répondu par cette apostrophe bien caractéristique : « Que voulez-vous qu'on fasse de votre saint homme, un laboureur de diocèse * ? »

Mais Louis XYI aimait mieux les « labourcîurs de diocèse » que les abbés de cour ^ . H écarta Loménie de Brienne que la reine voulait pousser au siège de Paris, et y appela le digne éveque de Châlons, M. de Juigné. Le ministre de la feuille, M. de Marbeuf, ainsi appuyé par le roi, put naviguer à travers bien des écueils et travailler efficacement à constituer un bon épiscopat. Sur quaranie-sept évêques nommés par lui de 1777 à 1789, trois seulement prêtèrent serment à la constitution civile: ce furent M. de Savine, évêquc de Viviers, Jarente, éveque d'Orléans, et Talleyrand. Un tel résultat dément les accusations violentes que des pamphlétaires éconduits dirigèrent contre lui. Tout concourt à prouver que Marbeuf, entré par vocation dans les ordres, lui aîné de sa famille, fut un digne évêque et un bon serviteur de l'Eglise. C'est le témoignage que lui rendit, en 1798, le pape Pie VI, lorsqu'il écrivait à M. de Talleyrand-Périgord, archevêque de Reims, qu'il « connaissait M. l'archevêque de Lyon comme un prélat distingué par toute sorte de vertus, admirable par sa science, par sa foi, par

1. Mémoii'cs secrets du comte d'Allonville, 1828, t. I, p. 279-280. En 1802, on parut avoir moins peur des laboureurs de diocèse, puisque M. de Dampierre fut promu à l'évèché de Glermont.

2. « Jamais Louis XVI ne supporta ces papillons de société qu'on appelait abbés de cour, qui affectaient le babil, le ton léger et jusqu'à la parure des femmes frivoles, directeurs de leur toilette le matin et de leur partie le soir. Il en connaissait, il en avait sous les yeux et il méprisait ces êtres méprisables. » Proyart, op. cit., I, 390.

sa constance à supporter les plus grands malheurs pour l'unité catholique. »

Marbeuf, ayant publié en 1789, comme archevêque de Lyon, un mandement réactionnaire qui fut violemment attaqué, dut céder, le 4 Août, le ministère de la feuille ^ à Lefranc de Pompignan. Louis XVI lui adressa une lettre affectueuse. Pompignan attachait la plus haute importance à ses nouvelles fonctions, les rois consacrant d'ordinaire de leur autorité les nominations faites par leur ministre. Comme il jugeait cette charge incompatible avec les devoirs de l'épiscopat -, il donna sa démission de l'archevéché de Vienne.

Avec un tel homme on n'avait pas à craindre de mauvais choix. Pompignan désigna M. de Coucy comme évêquc de la Rochelle, en remplacement de M. de Crussol d'Uzès; M. Asseline, comme évêque de Boulogne, en remplacement de M. de Pressy; enfin M. d'Aviau, comme archevêque de Vienne. Le premier de ces prélats, appartenant h la vieille famille des sires de Coucy, aumônier de la reine, grand vicaire de Reims, avait toutes les conditions requises de ceux que l'ancien régime appelait à la mitre. L'élévation de M. Asseline était déjà une conséquence de la Révolution. Ce digne prêtre avait beau

1. Le frèi'c de Mgr Marbeuf avait placé Bonaparte à l'école de Briennc. Lui-même avait fait entrer Joseph Bonaparte comme boursier au collège d'Autun.

2. « Il est à désirer, dit-il dans ses Lettres à un évêque, qu'un ecclésiastique en soit toujours chargé et, dans l'ordre ecclésiastique, un homme autorisé par la dignité épiscop\le. Toutefois j'aurais beaucoup de peiue à convenir que celte fonction, de la plus haute importance et plus intéressante mîmopour la religion que l'exercice du ministère épiscopal, admette la retenue d'un siège dont on demeure encore titulaire. » Œuvres de Pompignan, éd. Migne, t, II, p. 2'»0. M. Emery, dans sa notice sur M. de Pompignan (en tite des œuvres da prélat, p. 17), dit de lui : « Durant le court exercice de son ministère (de la feuille), il procéda toujours sur ce principe incontestable de n'élever au premier rang que des personnes qui en fussent véritablement dignes. Le choix qu!il fit de Son successeur dans l'archevêché de Vienne (M. d'Aviau) est remarquable et prouve bien la pureté de ses intentions. »

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être une des gloires de la Sorbonne, professeur depuis trente ans dans cette illustre école, vicaire général de Mgr de Juigné, guide et maître d'une foule d'évêques, jamais il n'eût franchi le seuil de l'épiscopat sans le mouvement d'idées qui, de toutes parts, battait en brèche les préjugés de caste. Entre les deux se place, comme naissance, M. d'Aviau, issu d'une très honorable famille. Vicaire générr.l de M. de Sainte-Aulaire, évêque de Poitiers, il avait montré une vie irréprochable, de la piété, de la science, du talent, du jugement, de la fermeté et de la douceur, l'intelligence des affaires et la connaissance des hommes. Il joignait à ces qualités une modestie qui lui fit refuser l'archevêché de Vienne avec une insistance que M. de Ponjpignan dut vaincre par des appels réitérés ^.

Nous venons de résumer en quelques traits l'histoire des nominations éj»iscopales durant deux siècles. Les évêques de France, qui avaient vu de mauvais œil la feuille des bénéfices confi'îe aux Jésuites, pendant plus de cinquante ans, sous Louis XIV, eurent la satisfaction d'avoir un des leurs chargé de cette importante administration durant les règnes de Louis XV et de Louis XVI. Ces ministres ecclésiastiques remplirent pour la plupart leurs délicates fonctions avec conscience et honneur. Mais il suiïît que l'un

1. Cf. Lyonnet, Histoire de Mgr (VAuiau, 2. vol. in-8% I, p. 222 et suiv. Citons encore comme promotions faites en 1789, celle de M. Gallois de la Tour, nommé le 21 mai 1789 évêque de Moulins qui venait d'être érigé en évêdhé ; — de M. du Lau d'Almans, parent de l'archevêque d'Arles, sacré le lï) avril 1789 évêque de Grenoble. — M. de Lavczou, nommé évoque de Lodèvc en 1790^ ne fut pas préconisé.

d'eux, Jarente, ait trahi ses devoirs, il suffit que la feuille des bénéfices fut le point de mire de tant de compétitions, de tant d'appétits, de tant d'intrigues des grandes familles, pour qu'elle soit attaquée avec violence à la veille de la Révolution. Le souvenir d'un Jarente aux ordres de la Pompadour obsède la pensée de beaucoup d'électeurs en 1789. De là les demandes assez nombreuses de l'élection ïippliquée aux curés et même aux évoques, tout au moins d'un conseil de conscience chargé d'éclairer les choix du souverain K Mirabeau se chargea bientôt de faire retentir la tribune d'anathèmes contre la feuille. Après la tourmente, un témoin et ami de l'ancien régime, l'abbé Proyart, faisant allusion à certains choix déjà très anciens qui avaient poussé « dans les premières dignités du sanctuaire le rebut des grandes maisons et les bâtards des princes, » va presque jusqu'à se réjouir qu« désormais, après la table rase de la Révolution, il n'y ait « plus à craindre que l'appât des richesses surcharge l'Eglise d'indignes ministres '. »

1. « Que le roi veuille bien ne nommer aux bénéfices consistoriaux, que des ecclésiastiques qui lui soient présentes par un conseil Je conscience, clans lequel il y aura au moins moitié d'ecclésiastiques. » Cahier du clergé de ^lôiz, Archii^es parlementaires, III, p. 7G1. — « Qu'il soit nommé un conseil de conscience pour la nomination des bénéfices consistoriaux. Un seul homme chargé de ce déparicmcnt peut être exposé à l'orreur, quoiqu'il ait les vues les plus sages et les plus ecclésiastiques. Assiégé sans cesse par l'intrigue, il lui sera difficile de fixer son choix, même pour les places les plus importantes. » Clergé de Saintes, Arcli. parlent. Y, G59. — La même demande est formulée par le clergé d'Amiens, de Péronne, de Dole, de Mantes et Médian, par les curés du Quercy, par le clergé de la paroisse Saint Paul à Paris, etc. ; par la noblesssede la vicomte de Paris, par le tiers état do Dijon, etc. «Le malheur voulut, dit de Pradt fop. cit. I, 4'tl), que la direction du clergé fût à peu près confondue avec la distribution des biens de l'Eglise; et comme partout la richesse finit par commander, la feuille finit par être le véritable régulateur du clergé de France. »

2. « Les ri«chesses. dit l'abbé Proyart {Louis XVI et ses vertus, 1805, t. II, p. iS'i-'iS-j), ont fait grand mal à l'Eglise, tantôt en allumant la convoitise des princes et des gouvernements, tantôt en commandant leur vocation au sacerdoce à des sujets sans talents et sans vertus, ou bien

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Ces plaintes évoquaient le souvenir d'abus scandaleux, mais lointains. Le favoritisme étrange, qui livra trop souvent des évêchés à des entants et gorgea surtout de biens ecclésiastiques les maisons de Bourbon et de Lorraine, a cessé à peu près complètement vers le milieu du XVII® siècle. Mazarin, bien moins scrupuleux que Richelieu dans le choix des évêques, a trouvé en face de lui Vincent de Paul. Louis XIV, par principe de gouvernement et par conscience, a compris, à travers quelques défaillances, toute l'importance des nominations épiscopales. Après le court interrègne du Régent, de qui on ne pouvait point attendre de grands scrupules en cette matière, le cardinal Flcury, Boyer, évêque de Mirepoix, le cardinal La Rochefoucauld, La Roche-Aymon, Marbeuf, Pompignan, nous présentent au ministère de la feuille une succession de bons prélats, dont la dignité de vie et les convictions fermes nous garantissent la vigilante sollicitude dans le recrutement de l'épiscopat. Jarente, il est vrai, s'est glissé entre deux. Le timoré Louis XVI a eu la faiblesse de faire Talleyrand évcque d'Autun. C'est dire quelles tolérances étranges, quels scandales nous présente parfois l'ancien régime. Attendons-nous donc à trouver dans cet épiscopat régulier, vertueux dans son ensemble, quelques mauvais évêques dont nous allons chercher à déterminer le nombre.

en nous montrant dans les premières dignités du sanctuaire le rebut des grandes maisons et les bâtards des princes ; comme si la religion fondée et propagée par la sainteté pouvait emprunter sa force d'un grand nom, lorsque l'inconduite, compagne de ce nom plus illustre, ne fera que réfléchir un scandale plus éclatant. Mais, grâce à notre Révolution, nous n'aurons plus à craindre que l'appùt des richesses surcharge l'Eglise d'indignes ministres ; notre crainte, au contraire dans ces jours d'afl'aiblisscment de la foi, c'est que la perspective de la misère n'écarle de plus en plus du sanctuaire ses ministres nécessaires. »

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