‹ L'ancien clergé de FranceChapitre 55 sur 110 · Séance du 26 novembre i · texte numérisé non relu

Séance du 26 novembre i

332 LES ÉYÊQUES

Celte allusion très claire à la pureté d'âme du rigide censeur Mirabeau excita des murmures dans l'assemblée. Cependant l'abbé Maury ne crut pas le clergé assez vengé. Il se leva pour répondre à son adversaire, et son discours, à peu près improvisé, est un des plus éloquents qu'il ait prononcés à la tribune de la Constituante. Comme l'ardeur do sa discussion provaquait des rappels à l'ordre : « Vous demandez, s'écria-t-il, qu'on me rappelle à l'ordre ! Et à quel ordre me rappellercz-vous ? Je ne m'écarte ni de la question, ni de la justice, ni de la décence, ni de la vérité. Les orateurs qui m'ont précédé dans cette tribune n'ont pas été rappelés à l'ordre, quand ils ont insulté sans pudeur et sans ménagement nos supérieurs dans la biérarchie. Je ne dois pas être rappelé à l'ordre quand je viens décerner au corps épiscopal une juste et solennelle réparation. Tous les vertueux ecclésiastiques du royaume s'empresseront de ratifier cet hommage public de respect, d'attachement et de confiance, que nous devons à nos évêques K »

On fit à Mirabeau, aux détracteurs du concordat, aux partisans l\ outrance des élections, une réponse plus directe. L'évêque d'Alais, M. de Bausset, rappela que les abus des élections au moyen-âge avaient contribué à les faire abolir. « Sans vouloir, dit-il, se livrer à de viles récriminations aussi indignes de notre ministère que de notre caractère », il insinua que les nouveaux élus, qui venaient de sortir évêques des urnes populaires, — et plusieurs choix ne lui donnaient que trop raison, — ne l'emportaient peut-être point en vertus sur les anciens, et qu'il fallait attendre « l'expérience pour mettre en parallèle le tableau de l'Eglise constitutionnelle et celui de l'Eglise gai" licane. » On a, disait M. de Bausset, déclamé avec la plus

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