Camus, discours du !•' juin
344 LES ÉvÊqUÉS
soin vaste et difficile, de chercher conseil, et de « ne faire aucun acte d'autorité» qu'après en avoir « délibéré avec le presbytère diocésain.» L'évêque ainsi obligé de gouverner à la pluralité des voix, perdait presque toute action sur son clergé. Comme le faisait observer l'archevêque d'Auch *, M. de La-Tour-du-Pin, le prélat, forcé désormais d'agréer comme curés les élus du peuple, comme vicaires les élus des curés qui ne daignent plus lui demander à cet effet ni permission ni institution, est un maître sans pouvoir et il n'y a plus de rapports entre le chef et les membres.
Les curés, qui paraissent avoir toutes les faveurs du comité ecclésiastique, et que tout semble favoriser à l'envi, peuvent-ils du moins s'applaudir des dispositions qui les concernent ? Non. Ils sont, il est vrai, associés désormais plus étroitement au gouvernement de l'Eglise, assurés de donner leurs voix en synode ; ils nomment eux-mêmes leurs vicaires qu'ils ne peuvent révoquer. Mais ils perdent en sujétion à l'égard des laïques ce qu'ils gagnent en indépendance envers leur évêque. Nommés par les électeurs, payés par le receveur du district, ils verront ce district, la fabrique, intervenir dans l'adjonction de prêtres auxiliaires, d'un second ou troisième vicaire, d'un suppléant quand viendront les infirmités et la vieillesse. Enfin, les curés ne pourront s'absenter plus de quinze jours sans « l'agrément de leurs évêques et du directoire de leurs districts », ni les évêques sans « l'agrément du directoire du département », h peine de saisie de leur temporel. Quelle servitude ! C'est au directoire des districts qu'incombe avant tout de tracer la circonscription des nouvelles paroisses. C'est devant le tribunal du district que c( le recours à la puissance ciçile », l'appel comme d'abus, portent les refus d'institution canonique,