‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 117 sur 354 · Cf. Prudhommb, op. cit., p. 53g-54o · texte numérisé non relu

Cf. Prudhommb, op. cit., p. 53g-54o

2. Allou, Chronique des évêques de Meaux, i8j6, p. 120-127. M. de Polignac fut nommé évêque de Meaux en l'j'jQ. — Ch. Robert, op. cit. p. 112. — La salle où M. de La Rochefoucauld, évêque de Saintes, recevait et hébergeait les pauvres au château de Crazannes, porte encore le nom de cuisine des pauvres, àudiat, op. cit., p. 90-96.

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chefoucauld, évêque deBeauvais, écrit à ses prêtres : « Lé sacerdoce n'est qu'une sollicitude laborieuse et universelle qui vous iuet pour ainsi dire entre les mains les passions, les faiblesses, les besoins et tout le détail des misères humaines. Un pasteur est un homme livré uniquement au soulagement de ses ouailles ; c'est là son état, son devoir primitif; c'est là toute sa constitution... S'il ne peut pas toujours faire le bien par lui-même, il est toujours à sa place quand il le sollicite. «Belles paroles, bien dignes d'un prélat qui, avant de tomber martyr au massacre des Carmes, avait écrit dans son testament : « J'institue le bureau des pauvres de la ville de Beauvais mon légataire universel. Je recommande et même ordonne d'être enterré en vrai pauvre ^ » C'était reprendre, en quelque sorte, l'épitaphe que Alphonse-Louis, frère du cardinalRichelieu; lui-même cardinal, grand-aumônier, archevêque de Lyon -, fit mettre en i653 sur sa tombe: « Pauper morior et inter pauperes sepeliri çolo. »

De tels traits de renoncement et d'humilité ne sont pas rares dans l'épiscopat sur la fin de l'ancien régime. La Motte, évêque d'Amiens, M. de Pressy, évêque de Boulogne, M. d'Apchon, archevêque d'Auch, demandent à être enterrés parmi les pauvres ^. On voit encore à Bazâs la modeste tombe que le dernier évêque, M. de Saint- Sauveur, s'était ménagée dans le petit cimetière de l'hospice. L'avant-dernier évêque de Couserans, M. deMarnays de Vercel, avait fait bâtir un bel hôpital auquel il légua tous ses biens. Il y fut enseveli dans le tombeau qu'il s'était fait construire près des cendres d'un de ses prédécesseurs, Bernard de Marmiesse. Aveu touchant du néant de toute grandeur, acte d'humilité suprême qui décèle de vrais pasteurs. Certains prélats, dans l'élan de leur foi et dans la crainte des jugements de Dieu, traduisaient jusqpie dans leur épitaphe des sentiments bien chrétiens, témoins, par exemple, ces mots que le noble

■ I. Abbé Delettre, Histoire du diocèse de Beauvais, t. III, p. 545-554.

■ 2. A sa mort la reine donna ses bénéfices à Mazarin qui lui ne pourra pas dire : Paupef morior.

3. Les chapitres d'Amiens et de Boulogne-sur-Mer ne firent pas droit à cette demande et ensevelirent leur évêque dans la cathédrale.

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évêqne de Léon, M. de La Marche, fît graver sur sa tombe : Hicjacét Franciscus, insignis peccator, ignaçus pœnitens; supple prœcibus qui cinerem calcas *.

On comprend que des prélats animés de tels sentiments eussent quelque difficulté à laisser séculariser la charité. Ils savaient qiie l'Eglise avait jusqu'alors, presque de ses seules ressources, fondé, soutenu les hôpitaux, les refuges et soulagé toutes les misères. Ils voulaient que, dans les appels aux fîdèles, on s'adressât avant tout au sentiment chrétien qui avait opéré tant de merveilles. Christophe de Beaumont, qui livra tant de combats, n'acceptait pas facilement le concours des profanes. En 1773, à l'occasion d'un incendie à l'Hôtel-Dieu, d'Alembert lui fît remettre dans la sacristie de Saint-Roch, au moment de dire la messe, 1.200 livres qu'il avait recueillies au sein de l'Académie, trouvant piquant, écrivait-il à Voltaire % de lui verser « l'argent des philosophes pour les pauvres dans le temj)s où il s'habillait pour les exorciser ». Beaumont se montra défavorable au Mont-depiété créé par les lettres du 9 décembre 1777. Gomme on lui rej)résentait que cet étabHssement procurerait, chaque année, i5o.ooo Hvres à ses pauvres : « Eh bien, répondit-il, je m'oppose encore à cette usure publique, et je fournirai moi-même aux pauvres 200.000 livres ^. » Lors-

I. Le chapitre se chargeait parfois de rétablir la vérité. La Motte-Houdancourt, archevêque d'Auch, avait fait mettre sur sa tombe : « Gy-gît, en attendant la résurrection des morts, Henri de Lamotte-Houdancourt, indigne archevêque d'Auch. » Le chapitre fit graver, en face, ces paroles sur un marbre noir : « Quod Henrici meritis detraxit humilitas id reddit

Veritas, illum pietate, doctrina et nobilitate clarissimum, venturis rétro saeculis commendans, 1684. » Monlezun, op, cit., p. Sao. En fait d'épita-

prendre possession du siège de Paris ,: « Gy-gît l'illustre de Marca que plus grand des rois marqua pour être le prélat de son église ; mais la mort, qui le remarqua, et qui se plaît à la surprise, aussitôt le démarqua. » — La ville de Samt-Flour, par reconnaissance pour les bienfaits de Mgr de Ribeyre, avait fait placer ses armes sur la grande porte d'entrée qu'il avait fait ouvrir, avec ces vers :

De Ribeyre, en ces lieux, tu vois le moindre ouvrage.

Gompter nos monuments, c'est compter ses bienfaits.

De l'Eglise et du pauvre il accroît l'héritage

Et lègue à ses parents les heureux qu'il a faits.

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