Séance du 2i octobre
pour rejeter un salaire. » « Je demande à vous tous, dit l'abbé de Montesquiou, si le clergé étant réduit à l'état de salarié, vous voudrez y placer vos enfants *. » Voici l'abbé Grégoire lui-même, pourtant si pleinement acquis à la Révolution, qui manifeste à son tour ses répugnances : « Voudrait-on, dit-il, assimiler le curé au magistrat dont les honoraires sont en argent? J'entends répéter autour de moi qu'on doit salarier pécuniairement l'olEcier public pour lui rappeler sans cesse sa dépendance de l'autorité ~. »
En dehors de l'assemblée nationale, l'opposition au salaire n'était pas moins vive. M. Le Mintier, évêque de ïréguier, dans un mandement qui fut déféré au comité chargé d'instruire les « crimes de lèse-nation», s'écriait; « L'Eglise est tombée dans l'avilissement et dans la servitude; ses ministres sont menacés d'être réduits à la condition de commis appointés ^. » A la même époque, l'archevêque d'Embrun écrivait au cardinal de Bernis :