Discours du 26 novembre
4. Un écrit de l'époque {Discours sur l'instruction de V assemblée nationale, 1791) fait ressortir que les curés, vicaires, etc. ne pouvaient pas s'associer « par intérêt à la contre-révolution », puisque la Révolution avait amélioré leur sort. « Ils s'exposent même à périr de misère plutôt que de jurer. »
de son fondateur d'être soumise à toutes les puissances. Aussi la politique, les gouvernements, les constitutions sont pour elle une science étrangère. » 11 est très peu question du roi dans les deux cents mandements publiés sur la constitution civile du clergé. L'archevêque d'Auch se défend presque de prononcer son nom dans une lettre pastorale, crainte qu'on ne l'accuse de ne pas « se renfermer dans les bornes de son ministère *. » L'archevêque de Paris veut-il indiquer quelques relations entre la religion et la politique, il le fait dans un langage d'une correction irréprochable. « Soyez citoyens, écrit-il à ses diocésains, mais soyez chrétiens, soyez catholiques. C'est au nom de votre liberté que nous vous en conjurons. Voulez-vous la conserver ? respectez, aimez la religion. La liberté ne prend point racine chez un peuple qui n'a ni foi ni morale 2. »
N'oublions pas que les évêques ont déjà prêté et qu'ils offrent unanimement de renouveler le serment civique. Deux jours avant cette fameuse séance du 4 janvier 1791, où prélats et curés seront mis en demeure de jurer obéissance à la constitution civile du clergéjM. de Bonal, évêque de Clermont, tente un dernier effort et conjure l'Assemblée de réserver à l'Eglise ce qui est essentiellement de l'autorité spirituelle, promettant de jurer fidélité à tout ce qui est de l'ordre politique ^. Telle est la règle de con-
1. Collection ecclésiastique, JX, 97, 98; XIII, 133. — Le même, évècjue de Blois, M. de Thémines, écrivait en 1790 à M. Adam, chanoine de sa cathédrale • « S'il y a eu des désirs et des vœux de contre-révolution, il est très démontré qu'il n'y a jamais eu de plan, si l'on prend ce mot dans le sens ordinaire. Il est beaucoup plus clair que l'aristocratie a fourni des victimes plutôt que des insurgeants. Ainsi ce colosse, cette hydre, marchand tantôt à découvert et tantôt sous le voile, les conspirations annoncées de proche en proche, ne sont plus que des ornements nécessaires au succès des écrivains. »