Lettre au pape, p
live, mais d'une des plus hautes prérogatives du Saint- Siège. Aussi avec quelle mesure, quelle nuance, ils disent au pape, au sujet de l'institution canonique : « Nous avons représenté les droits exercés en France par le souverain pontife, sans dissimuler ce que l'antique discipline de l'Eglise avait attribué, dans dès temps plus reculés, aux conciles provinciaux, aux métropolitains et aux plus anciens évêques des métropoles. Il s'agit de ces droits du chef de l'Eglise, qu'il exerce depuis si longtemps dans toutes les Eglises catholiques. Pouvions-nous mettre un poids dans la balance pour abaisser le pouvoir de Votre Sainteté ? Etait-ce a nous, quand ses dispositions nous étaient connues par les sacrifices qu'elle avait faits, h la détourner des sacrifices qu'elle pouvait faire encore à la tranquillité de l'Eglise gallicane ? Si nous lui proposons de renoncer à ses droits, dont l'exercice salutaire rend plus sensible encore la communion du chef de l'Eglise avec le chef de chaque Eglise, il semble qu'il soit dans notre pensée dé dissoudre une partie de ces liens qui nous unissent au Saint- Siège. Si nous soutenons sans restriction une pratique adoptée depuis si longtemps en France, et plus respectable encore par la discipline universelle de l'Eglise, il semble que nous nous refusions à toutes les voies de conciliation et de paix, l»
C'était s'en rapporter au pape au sujet de la concession la plus grave exigée par la constitution civile du clergé, concession que les évêques n'osent pas prendre sur eux de conseiller, tout en insinuant qu'elle est possible. Qu'on ne trouve pas cette insinuation trop hardie. N'oublions pas que Napoléon arrachera un instant a Pie VII l'institution des évêques par les métropolitains. Certes, le danger de schisme était bien plus grand en 1791 que sous l'Empire.