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Mgr de Bausset, loc. cit. p

gé à un synode, et ce qui faisait la nouveauté de cette réunion, c'est que les membres du synode étaient appelés h délibérer, h donner leur vote avec leur avis. « Notre dessein, disait l'évêque de Saint-Claude, en vous rassemblant autour de nous, n'est pas de vous intimer des lois... Une pareille méthode ne pourrait se concilier avec nos principes. Nous la croyons également contraire à l'idée que l'antiquité nous donne des assemblées synodales... Vous délibérerez ai>ec nous. Ce que nous proposerons... ne deviendra une loi du diocèse, qu'autant qu'il sera muni du suffrage et du consentement de tout le presbytère. Nous applaudissons de tout notre cœur à cette règle de droit : quod omnes tangit, débet ab omnibus approbari. » L'évêque de Saint-Claude expose avec enthousiasme les résultats féconds que va produire cette assemblée. « Remplis, dit-il, de l'esprit du divin maître, qui a si solennellement promis de se trouver au milieu de ceux qui sont réunis en son nom ; instruits par la mutuelle communication des lumières de tout le presbytère ; animés pir la vue de ces vénérables pasteurs, dont les exemples sont des leçons et des encouragements ; armés de lois qui ne laisseront aucun prétexte aux murmures et à la désobéissance, parce qu'elles seront l'ouvrage «le [tous, nous sortirons de l'assemblée synodale comme d'un {autre cénacle, brûlant d'un nouveau zèle pour la gloire de Jésus-Christ et les intérêts de son Eglise ^. »

1. Mandement et instruction pastorale de Mgr l'évêque de Saint-Claude, \" juin 1790, p. 4, 5, 196-199. — Malgré son libéralisme, M. de Chabot eut des difficultés avec la municipalité de Lons-le-Saiinier. Dans la séance du 21 août 1789, on lut une lettre du prélat, datée du 13, dans laquelle il aflSrmait avoir donné la plénitude de leurs droits civils aux habitants du Mont-Jura, et renoncé à sa « haute justice, l'une des plus importantes du royaume. » Gomme on prétendait qu'il n'avait fait ces concessions qu'après les décrets du 4 août, les officiers municipaux de Saint-Claude écrivirent (voir Moniteur du 24 mars 1790) pour citer ces paroles de M. de Chabot, consignées dans le procès-verbal des élections de 1789, bailliage d'Aval : « La mainmorte est mise avec raison au

- Quel langage ! La cause de curés, servie par les circonstances, si chère au comité ecclésiastique, triomphe •auprès des cvêques. Voilà un prélat qui organise déjà ces synodes délibérants prescrits par la constitution civiliB. En ce faisant, M. de Saint-Claude est dans lé mouvement ; il est félicité par les Nouvelles ecclésiastiques] mais l'abbé Barruel lui rappelle vertement dans son Journal ecclésiastique que donner aux curés dans un synode voix délibérative, c'est s'écarter de la tradition canonique. Nous avons. simplement rapporté cet incident pour montrer quel vent de conciliation soufflait alors sur Tépiscopat. Manifestement ces évêques, qu'on a souvent "présentés comme brusquant les événements et couvrant 'du masque des intérêts religieux leurs ressentiments politiques, font tout au contraire pour éviter la commotion qui se prépare. M. de La Luzerne pouvait s'écrier en toute vérité : <ç Quels sacrifices n'avons-nous pas faits à la paix ! Dépouillés de nos honneurs et de nos biens, nous n'avons fait entendre aucune réclamation; calomniés, per- 'sécutés, nous n'avons élevé aucun murmure. S'il n'était question que de nous, si nos seuls intérêts étaient compromis, on verrait toujours la même soumission, une obéissance aussi absolue. Mais les droits inviolables de l'Eglise, mais le dépôt sacré de la foi, rien ne les arrachera jamais de nos mains. On ose parler des maux que notre résistance peut entraîner ; c'est qu'on sent qu'elle sauvera la religion. Ce serait notre obéissance à ces dé-

nombre des abus qui pèsent le plus sur les paisibles et estimables babitants des campagnes. Les terres de mon évêché,, encore indivises avec mon cbapitre, sont affligées de ce fléau. J'ai souvent regretté de ne pouvoir le détruire; mais j'unis de bon cœur mes supplications à celles que mes vassaux adressent à S. M., pour qu'il lui plaise d'aifrancbir ■gratuitement les personnes et leurs biens. » Ces précédents valurent à M. Cbabot l'indulgence du comité de la Constituante, dans ses démêlés avec la municipalité de Lons-le-Saunier. « Celui, disait le comité, qui le 'premier a donné l'exemple -du sacrifice des droits féodaux, etc..»

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Crets destructeurs qui causerait le plus grand des maux, qui entraînerait notre malheureux pays dans un schisme aussi déplorable que celui qui a perdu l'Angleterre. Dans une telle position, il nous est impossible d'hésiter entre obéir ou résister *. »

Mais par résistance, il n'est point ici question de faire appel à la force., On paraissait croire à Rome que le peuple se mettrait « en mouvement pour la religion. Ce serait un grand malheur dit M. de Boisgelin ; il n'y a rien que les évêques ne doivent faire pour l'empêcher. Et ce mal n'arrivera pas, parce qu'il s'agit de questions qui sont hors de la portée du peuple-. » Cette résolution de l'épiscopat, non seulement de ne point provoquer, mais d'empêcher tout soulèvement populaire, est exprimée dans une lettre non destinée à la publicité, elle est bien sincère.

Ce qui achève de prouver d'une façon irréfutable de quel esprit de paix étaient animéis tous ces prélats, c'est la démission collective oJBferte au -pape par tous les évêques députés à la Constituante, dans leur lettre du 3 mai 1791. Quel admirable langage ils tiennent au souverain pontife ! « Elevez-vous, très Saint-Père, lui disentils, dans toute la sagesse et la liberté de votre ministère. Sortez du milieu de ces considérations et de ces convenances privées qui meurent avec nous. Nous occupons un faible point dans le temps, comme dans l'espace, et no-

1. Œuvres de La Luzerne, VI, 421, 422. L'arclievêcjue de Reims écrit de Paris dans une lettre datée du 4 avril 1791 : « mon Dieu, vous sondez les reins et les cœurs ; vous connaissez mieux que nous-mêmes nos plus secrètes pensées. Vous savez si ce qui nous fut toujours le plus agréable dans notre soint ministère, ce n'était pas de le regarder surtout comme un ministère de conciliation, de paix, de charité, de fraternité. » Même protestation de l'évêque de Tarbes. Coll. ceci. X, 630. " 2. Lettre du l'"" décembre 1790. M. de Boisgelin écrivait aux électeurs des Bouches-du-Rhône que la grande préoccupation des évêques, avait été de « prévenir par leur invincible patience tout ce qui pouvait altérer la tranquillité publique. »•

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tre sort ne peut point entrer en balance avec les destins des empires et les promesses de TEglise... Est-il un moyen qui dépende de nous pour épargner à l'Eglise gallicane ces horribles divisions qui la déchirent?.. S'il était possible de puiser dans les profondeurs de la sagesse ces conseils que Dieu lui-même envoie, ces conseils de lumière et de force qui peuvent éclairer les esprits, fléchir les volontés, et diriger le vœu des nations, et ces conseils aussi de condescendance et de charité qui n'altèrent ni le dépôt des vérités saintes auxquelles il rie nous est pas permis de toucher, ni l'autorité que Jésus-Christ a confiée à son Eglise, ni ce qui fait le gouvernement de l'Eglise universelle, le principe de l'unité indépendant des" puissances de la terre, et s'il ne s'agissait que de nous sacrifier nous-mêmes, pour calmer la conscience des fidèles, comme pour assurer le repos des citoyens..., nous savons quels sont les exemples que l'Eglise nous donne, et nous avons appris comment on peut souffrir pour elle. Que les principes soient en sûreté, que les pouvoirs de l'Eglise soient respectés et maintenus, et qu'une mission canonique nous donne des successeurs légitimes. Nous mettons à vos pieds, très Saint-Père, nos démissions, non pas ces démissions forcées, et les interprétations arbitraires auxquelles nous n'avons point consenti, ni tous ces actes garants de notre attachement à nos devoirs, qu'on traduit comme un renoncement à nos places ; mais nos libres et volontaires démissions, fondées sur ces mêmes sentiments qui repoussent le joug d'une contrainte ique les lois civiles ne peuvent pas nous imposer, et qui n'admettent dans l'ordre de nos fonctions d'autre autorité que celle de l'Eglise. Nous remettons nos démissions dans vos mains, afin que rien ne puisse plus s'opposer à toutes les voies que Vôtre Sainteté pourrait prendre dans sa sagesse pour rétablir la paix au sein de l'Eglise gallicane. Nous avons eu jusqu'ici l'a-

vantage d'obtenir, dans l'exposition de nos principes, et dans les conseils que nous avons donnés sur les règles de conduite relatives aux circonstances, le suffrage unanime de nos collègues. Ce n'est pas lorsque nous offrons encore tout ce qui peut dépendre de nous pour aplanir tous les obstacles sous vos pas, que nous avons à craindre d'être démentis par leurs nobles et généreuses dispositions ^. »

Il serait difficile de faire passer pour intraitables, pour des adversaires fanatiques de toute conciliation, des hommes capables d'un pareil sacrifice. De tels évêques, réunis dans un concile national, conscients du péril de la crise suprême que pouvaient précipiter leurs décisions, auraient poussé les 'Concessions jusqu'à l'extrême. Nous pouvons préjuger, d'après les documents qui précèdent, que de leur délibération seraient sortis l'entente entre les deux puissances sur les nouveaux diocèses - , un mode

1. Letttre des évêques députés au pape, 3 mai 1791, p. 39-42. L'honneur d'avoir promis le premier sa démission paraît revenir àM. Âsseline, évéque de Boulog-ne, dans son Instruction pastorale sur l'autorité spiri~ iuelle, du 24 octobre 1790, 36 pages in 4», p. 33, où il dit : « Quelque désir que nous ayons de vous servir jusqu'à la mort, si cette autorité spirituelle prononce que les circonstances exigent que 'nous remettions en d'autres mains le soin de vos âmes, nous sommes prêts (d'acquiescer à cette décision. » L'instruction pastorale de M. Asseline fut adoptée par plusieurs évêques.

2. « Les évêques avaient manifesté les sentiments raisonnables et modérés que l'intérêt de la religion et l'amour de la paix devaient leur inspirer ; et quoiqu'ils prévissent à regret les inconvénients particuliers qui résulteraient, dans plusieurs parties du royaume, de ce morcellement brusque et mal combiné de tant de diocèses, ils sentaient que le vœu de la puissance politique devait être principalement écouté dans la distribution plus ou moins parfaite d'un nouvel ordre de choses. Ils consentaient à employer l'autorité de leur juridiction pour légitimer les changements désirés, et conformer l'ordre spirituel à l'ordre civil. C'était l'un des principaux motifs qui les avait invités à recourir au Saint-Siège, pour qu'il pût suppléer par la plénitude de son autorité à celle qui leur manquait dans l'ordre de la hiérarchie et dans la pratique actuelle de la discipline de l'Eglise... Ne suffisait-il pas d'exécuter la nouvelle circonscription des diocèses dans l'ordre civil, et d'y adapter le traitement affecté aux fonctionnaires ecclésiastiques, en attendant que l'Eglise l'eût consacrée par l'application des formes et des lois canoniques. » Mgr de Bausset, loc, cit. p. 30, 47,48.

d'élection appliqué au choix des prélats et des curés, une modification profonde, peut-être la suppression des chapitres de cathédrale, le rétablissement des synodes, et un conseil épiscopal armé d'une réelle influence sur les décisions de l'évêque. Quelle imprudence de la part de l'assemblée nationale, si elle tenait réellement a ces réformes, de les avoir fait échouer faute de quelques ménagements qui en auraient assuré le succès ! Avec quel accent de vérité et de tristesse les évêques peuvent dire : Des lois terribles nous sont imposées sans qu'il nous soit permis « de nous réunir et de nous consulter. On nous refuse un concile, on disperse nos assemblées. Les associations des citoyens sont libres par la loi: la liberté n'existe pas"pour nous. »

Cette impuissance où sont les évêques français de se consulter, de se réunir, est pour eux une raison de plus pour s'adresser au souverain pontife. « Notre premier devoir, disent-ils, devient aujourd'hui notre unique ressource, et c'est une obligation plus sévère peut-être encore, dans un moment où semblent se rompre successivement tous les anneaux de cette chaîne antique et sacrée par laquelle chaque Eglise s'attache à la chaire de saint Pierre *. »

Aussi bien, la question de l'unité avec Rome, des droits de primauté du Saint-Siège, de l'institution, enfin, h donner aux nouveaux évêques, était-elle la grosse difficulté de la constitution civile du clergé. Les prélats le sentent. Si, dans des lettres particulières, les archevêques de Bordeaux, de Vienne, d'Aix, ont pu conseiller au pape de céder sur ce point si grave, les évêques se croient tenus à plus de réserve dans leur missive collective, d'autant plus qu'il ne s'agit point ici d'une réforme intérieure de l'Eglise de France, qui eût expliqué, provoqué leur initia-

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