Chapitre Y^. Que penser de V ancien épis copat
I. Ce qui nous frappe tout d'abord dans l'ancien épiscopat c'est qu'i7 est partout. — Les siècles l'ont mêlé à toutes les branches de l'organisation administrative et' politique. — Sa compétence et ses services en matière profane. — Combien ces évêques sont français et portent à travers l'histoire l'empreinte de leur siècle. — Si l'action de l'Eglise est limitée au spirituel. — A cette ubiquité des évêques s'allie xxn. grand prestige. — Grands noms, grand train de l'épiscopat. — Inconvénients du choix exclusif des évêques dans la noblesse. : — Le bas clergé et le peuple s'en plaignent. — Ces prélats trop au-dessus de leur clergé et de leurs fidèles. — IL Ce qui se dégage de cette situation complexe, c'est que ces évêques avaient au plus haut degré les vertus sociales. — Ils avaient aussi les vertus prii-ées, malgré la tache imprimée à ce grand corps par la vie peu édifiante d'une dizaine de prélats. — Quant aux vertus épiscopales, on peut reprocher à la minorité le manque de résidence et la-rareté des visites diocésaines. — Difficulté de porter le poids de l'épiscopat au milieu d'une existence de grand seigneur.
— Attraction de la cour. — Cependant la majorité des prélats fidèle à ses devoirs épiscopaux. — Causes de la défaite religieuse des évêques au XVIIIo siècle. — L'enchevêtrement de l'Eglise dans l'Etat est pour elle une faiblesse. — Les vieux cadres sont usés.
— Jeunesse et décrépitude du siècle. — L'édifice va craquer. — Séduction de ces évêques que nous quittons à regret. — Jugement de Burke. de Tocqueville. — Ces prélats vont montrer dans l'épi-euve de la Révolution ce qu'ils avaient au fond de l'âme de vertus, de courage et de foi 101