‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 261 sur 354 · I. ïiiEiXE», llj i4o-i5i, 3io, 3ii, 328, 33i · texte numérisé non relu

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vrai, de leurs regrets,;lui assurant unanimement que leur maison était la sienne, qu'elle lui sei^aititouj ours ouverte. « Je leur laissai mon eœur pour gage, dit un peu naïvement l'évêque de Luçon ; je crus emporter les leurs, car jeme flattais d'en être aime autant que je les chérissais tous bien sincèrement. » G'estle cas de répéter que les absents ont tort. Quand M. de Mercy voulut rentrer à Saint-A'^ital, le Père Abbé lui écrivit que « sa couimunauté y répugnait », qu'il devait prendre les ordres de la secrétairerie d'Etat. Rome, sur les instances du prélat, aurait peut-être fait ouvrii' les portes dé l'abbaye , mais l' é vêque de Luçon renonça à revenir dans une maison où il ne devait être reçu « qu'avec répugnance^ ». Nous avons vu qu'il fut largement dédommagé en Autriche.

Disons que si des évêques se plaignent des monastères, d'autres vantent hautement l'accueil qu'ils y reçoivent 2. Quelques défaillances de prêtres ou de moines ne doivent pas nous faire oulîlier la charité des évêques italiens et surtout le grand rôle de Pie VI. Son ministre, M^"" Calepjpi, qui se montra admirable, ne craint pas de porter à cinq mille le nombre des ecclésiastiques secourus dans les Etats pontificaux. De toutes les contrées de l'Italie, c'est là qu'ils lurent le mieux reçus. Ailleurs, L'hospitalité fut trop souvent contrainte et menacée. « J'ai beau tourner mes regards

1. Lettres inédites de M. de Mercy, et lettres des 21 noA-embre 1794, 19 novembre 1796, reproduites par TuEixEn,; II, 193-205. Dans une lettre inédite datée de Ravennes, 19 novembre i-gS, l'évêque de Luçon dit la cour de Rome « peu exacte à nous payer la peifsion qu'elle nous a promise pour notre entretien. Voilà un an que je suis à Ravennes et je n'ai encore reçu que 5o écus, et encore en cédùles, qui perdent vingt pour cent ; car, ici comme partout, l'argent est inliniment rare. »

2. Citons, parmi ceux qui font l'éloge de l'hospitalité des monastères, les évêquies de Lombez, Tarbes, Apt, etc. M^' Caleppi écrit \ « Je dois rendre aux évêques et aii plus grand nombre des supérieurs majeurs des réguliers et sxirtout des Ordres mendiants,, le témoignage qu'ils ont mis le plus^rand empressement à seconder les intentions de Votre Sainteté. » V. ÏHEiNEB, ir, préface, p. xxir, pp. 43j i83, 184. — Voir pour les demandes des évêques de Béziers, Cambrai, Cavaillon, Le Mans, Moulins, Nevers, l'crpignan, Le Puy, Saint-Flour, Senez, ; Saint-Claude, Toulon, Vence, TuEiXEK, H, pp. 3o-52, 65, ;o, 7t, 102, io5; 137-140, 232-277, 489, 49i'3 689.

sur tout ce qui m'environne, écrit, en 1796, un prêtre expulsé de la République cisalpine, je ne vois aucun souverain en Italie qui daigne nous permettre de poser le pied sur ses États. Nous n'avons jdIus de patrie, et, ce qui est plus terrible encore, bientôt nous ne pourrons plus trouver un coin de terre pour nous dérober aux poursuites de nos plus cr-uels ennemis. Les bêtes fauves ont des tanières, et des hommes pacifiques ne sauraient obtenir un toit pour demeure ! Turin, Naples, Modène nous ferment impitoyablement leurs portes; Parme n'a jamais voulu nous ouvi'ir les siennes ; le grand-duc de Toscane ne les refuse à personne, mais son duché n'est pas aussi vaste que la générosité de son cœur. Le Saint-Père est lui-même condamné à fuir. » Evidemment le Pape ne pouvait garantir dans ses Etats à ses malheureux hôtes une sécurité absolue qui finit par lui manquer à lui-même. Mais tout prouve sa générosité et son grand cœur i. Conscient du rôle qui lui incombait comme chef de l'Eglise en de si difficiles conjonctures, il sut regarder au-delà de ses frontières, répondre à la confiance des évêques français qui dans diverses contrées d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne, faisaient appel à sabourse, et, dans cette crise suprême de l'Eglise de France, se souvenir de ce qu'elle avait fait pour Rome, acquérir enfin, en se montrant à la hauteur des circonstances, l'une de ses plus pures gloires. Un ministre de Pie VI, Caleppi, empruntant une de ces formules grandioses qui ne déplaisent point aux Italiens, ne craignait pas de lui affirmer dans un rapport qu'il avait « payé à lui seul la dette contractée par le Saint-Siège envers Gharlemagne ». C'eût été avoir pris son temps pour régler les comptes.

I. TiiEiNER, II, p. 637-656, donne nne liste des prêtres reçus dans les Étals pontificaux. Yoiv Ibid., II, pp. 4oi, 535, une lettre du i8 février i^gS, oi'i les évèques réfugiés en Suisse remercient Pie VI du bon accueil lait dans les Etats pontilicaux aux prêtres que la misère y a poussés de la Suisse; une autre lettre de remerciements des prêtres reçus dans les Etats pontilicaux. — L'abbé d'AuiuBEAU, Ihid., II, p. 539-544, fait un grand éloge de l'hospitalité pontificale. Voir aussi IbUl., préface, p. xxi, le rapport de Caleppi-

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