‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 264 sur 354 · I. Baston, II, p. 35o · texte numérisé non relu

I. Baston, II, p. 35o

2 L'abbé Lambert (p. i54-i55) donne ce discours un peu béat.

l40 LES SOUFFRANCES EX LES VERTUS DE l'eXIL

n'entendent pas même la langue, comme la lem* y est inconnue, arrachés avec violence d'entre les bras des ouailles confiées à leurs soins ^ ! »

L'image de la patrie se présentait connne une obsession à l'esprit de nos émigrés, et cependant il eût mieux valu, pour leur repos, ignorer la terrible histoire qui se déroulait dans leur j)ays. On sait à cpiel point les évêques, et même les prêtres de l'ancien régime, unissaient, confondaient les intérêts de la royauté et les intérêts de la France. Or, chaque courrier leur apporte le récit de quelque nouvel attentat contre la majesté royale. C'est le lo août, ou l'alDolition de la monarchie ; c'est, enfin, le 21 janvier, qui voit tomlDcr la tête de Louis XVI. Cette fois, la mesure est comble. Tandis qu'une, longue clameur s'élève de toute l'Europe, les évêques, les prêtres pleurent leur roi avec des larmes de sang. A Bruxelles, le cardinal de La Rochefoucauld s'enferme pendant des mois dans une solitude complète, désirant dévorer en silence l'amertmne d'un deuil plus cruel encore que la perte de ses proches, car le culte de la royauté est la seconde religion de l'épiscopat. De toutes parts, la stupeur, la désolation, arrachent aux exilés des cris d'horreur 2. De Rome, le Pape fait écho à ces lamentations. Le clergé, dans son culte pour les Bourbons, paraît avoir ressenti bien j)lus vivement que les autres émigrés la mort de Louis XVI. Mais la série sanglante continue. Bientôt d'autres crimes, en particulier la mort sur l'échafaud de Marie- Antoinette, viendront rouvrir et faire saigner encore la blessure.

Pour que rien ne manque à la trahison du sort, tandis que les exilés pleurent sur ces événements, il est des pays comme telle contrée d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, où

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