‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 268 sur 354 · I. Runnt tonantis templa; sub impia · texte numérisé non relu

I. Runnt tonantis templa; sub impia

Cadit securi victima pontifex.

Aris sacerdotiim cruorem JEmula mors tibi, Christe, libat.

Inebriatur sanguine martyrum Tellus, et exul, mille periculis Elapsa, terras pars superstes Sole aiio petiit calentes.

Heliqnias, Deus,

Ne sperne sanctas ; aut làbentis Terra trahet Jidei ruinam...

, Dies nefandos abbrevia, Pater, Memor pioram.

Cet office du clergé réfugié à Munster est bien curieux. C'est un chant, une prière en l'iïonneur de ceux qui lui donnent l'hospitalité, en même temps qpi'une excitation au courage et à la persévérance. Le premier Nocturne a pour titre : Cleras Gallicanns hospitio exceptas, le clergé de France reçoit l'hospitalité. Le second Nocturne est ainsi annoncé : Clerus Gallicanns cibo refectus, le clergé de France est nourri par ses hôtes. Dans les Vêpres, on lit : Cleri Gallicani benedictio super hospites. Cf. Loth, op. cit.,. p. 6(^-645.

l58 LES SOUFFRANCES ET LES VERTUS DE l'eXIL

perdant... Non, il n'était point possible de le connaître et de ne point l'aimer, . . Pour lui était vrai à la lettre ce mot, très fréquemment déslionoré par l'adulation, que les cœurs volaient à sa rencontre i, »

Dételles tribulations grandissent les hommes qui savent les suj)porter noblement. Ces évêques auxquels on avait pu reprocher trop de luxe, trop de représentation dans l'ancien régime, expient pour eux-mêmes et pour leurs devanciers les manquements à l'idéal évangélique. « Nous étions sans doute infiniment coupables, car le ciel ne s'apaise pas malgré toutes nos prières et nos sacrifices », s'écrie l'évêqne du Puy. L'évêque de Boulogne est plus affii'matif encore. « Ce que nous souffrons, dit-il, nous l'avons mérité. » — « C'est notre relâchement qui a produit celui du peuple, ajoute l'évêcpie de la Rochelle. Si nous avions su fixer par nos vertus l'estime de nos ennemis, ils ne se seraient pas servis de nos défauts pour calomnier la religion, et ils n'auraient jamais conçu le projet de détruire l'Eglise par ses propres ministres. » Le prélat fait alors un retour sur lui-même, et bien que sa conscience ne lui reproche en rien d'avoir scandalisé un seul de ses frères, il n'hésite point à se' condamner 2. Dans les longues soirées d'exil ^ à la lumière des événements cpii viennent de précipiter une révolution inouïe, les évêques, portant le regard en arrière, confessent en toute humilité ce qui dans leur existence passée, dans le fonctionnement du clergé, a pu soulever les préventions du peuple' et

Page 1