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attirei^ les rigueui'S du ciel. Ces taches ^, que nous n'avons voulu ni dissimuler ni grossir , ces manquements à la résidence, ces fortimes exorbitantes à côté de la situation si modeste des curés congniistes, les bruyants scandales donnés par un certain nombre de prélats, la tolérance pour les abbés de cour, qui ne tenaient par leur petit collet à l'Eglise que pour la sucer et la déshonorer, tous ces abus reviennent à la pensée de l'épiscopat dans les réflexions inspirées par le malheur, et lui font crier mea culpa 2 sous les coups de ce qu'il appelle la justice divine. Quel revirement des choses d'ici-bas ! On reprochait avec raison aux évêques d'ancien régime la splendeur de leurs équipages, lé nombre de leurs laquais. Plus de train, plus de voitures, plus de valets : c'est à peine s'ils peuvent garder un domestique pour soutenir leur vieillesse ; et l'évêque de Luçon, M. de Mercy, nous disait naguère qu'il apprenait pour la première fois à se servir lui-même. On leur objectait le chiffre de leur dotation, leur luxe, leur prodigalité, au point que certains, avec
1. Un témoin oculaire, l'abbé Barruel, écrivait en pleine Révolution : « Ses membres (du clergé) n'étaient pas eux-mêmes tous exempts des vices du siècle. Le clergé ne semblait pas annoncer toute la constance dont il a donné l'exemple. On pouvait le divisei* en deux parties. L'une, trop étrangère au vrai sacerdoce^ n'avait que le nom et la moitié de l'habit ecclésiastique; elle fuyait les travaux de l'autel, en recherchant ses bénéfices par la faveur des courtisans ; elle était le scandale et l'efiQ.'oi de l'Église bien plus que son appui... L'autre était celle des prêtres occupés du salut des âmes et des fonctions ecclésiastiques. C'était là vraiment le corps du clergé. En général, il était instruit de ses devoirs, etc. » Barruel, Histoire du clergé pendant la Révolution, IJ94.
2. L'évêque de Saint-Claude disait dès ijgo (mandement du i" juin 1790 déjà cité, p. 19-42) : « C'est le clergé qui est la première cause de ce malheur. C'est à ses ministres mêmes que la religion est en droit de faire les plus sévères reproches... Trop souvent » on a xu le « sacerdoce usurpé par des hommes sans lumières et sans vertus, qui par leur vie licencieuse, par leur caractère impérieux et turbulent, par leur ambition et leurs intrigues, ont porté le trouble et la honte dans la maison de Dieu ». M. de Chabot flagelle ensuite l'ignorance et la cupidité, « l'avarice ou les scandaleuses profusions » de beaucoup de pasteurs, « leurs prétentions toutes séculières, leur ambition, leur avidité pour les honneurs et les richesses, leurs relâchements, leur déplorable attrait pour •les intrigues et les affaires du monde ». Il conclut : « C'est nons, faisonsen l'humble aveu, qui avons fait blasphémer le nom du Seigneur parmi les nations. »
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600,000 livres de rente, trouvaient encore moyen de faire des dettes. Les 600,000 livres de rente se sont réduites à 600 francs, donnés par la charité et avec lesquels ils trouvent moyen de vivre . De tels bouleversements ne s'opè rent point sans amener une forte commotion morale . Les lettres , les écrits des prélats à cette époque , nous prouvent qu'ils s'élèvent à la hauteur de leur infortune. S'ils avaient été tentés de s'abandonner, avant 1789, à la facilité de vivre, au charme d'ime existence bercée dans les honneurs et l'opulence, si quelques-uns avaient besoin d'être réveillés de leur assoupissement, le coup de tonnerre de la Révolution a retenti jusqu'au plus intime de leur être et remué leur âme dans ses profondeurs. A mesure que la figro-e du monde s'efface, que la terre se dérobe et que tout s'écroule autour d'eux, l'évêque de Blois s'écrie qu'il faut se retirer en soi-même. In me unicum negotium rnihi esi, a dit un ancien. « Quel terrible événement pour réveiller les tièdes et ressusciter les morts, écrit M. de Thémines aux religieux tentés d'abandonner leur état! Dans quel temps voudrait -on quitter le joug du Seigneur, pour rentrer dans l'esclavage du monde, lorsque tant de gens fuient et cherchent au loin le repos et la solitude, et que chacun est, pour ainsi dire , marqué d'un sceau particulier selon son état , sa condition et ses principes? » Mais courage au milieu des plus grands malhem'S ! « Au lieu de cette tristesse morne et désesxDérée , il faut un silence actif, une douleur mâle et chrétienne, et quand tout se ravage au dehors, que l'intérieur se fortifie et s'embellisse. Ménagez, ô mon Dieu, notre faiblesse , ou plutôt fortifiez-la , et fi'appez ensuite à coups redoublés, pourvu que nous baisions votre main souveraine, et que nous serrions dans nos bras votre croix adorable ^. » Quel ferme langage ! L'évêque
I. Lettres de M. de Thémines, évêque de Blois, à M. Adam, pp. i9, iS.
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de Blqis n'est pas seul à le tenir ; il n'est pas seul à combattre « la tristesse morne et désespérée ». L'évêque d'Alais, dans une page émouvante , repousse les vaines lamentations et fait appel aux énergies viriles d'une âme chrétienne.. Il n'entend pas qu'au milieu d'un désastre universel, et qui a frappé tout le monde en France, le clergé cherche à attirer sur lui la commisération. « Tout parle, dit-il, des malheurs, des injustices qu'ont essuyés en France les ministres de la religion : eux seuls ne doivent jamais en parler; leur bouche ne doit s'ouvrir que pour porter des paroles de consolation, de douceur et de paix,.. Comment se permettraient-ils de parler de lem-s propres malheurs, lorsque leurs paroles s'adresseraient peut-être à un père, à ime mère, à une épouse, qui pleurent encore là destinée tragique des objets les plus chers de leur tendresse ! Gomment oseraient-ils regretter L'aisance ou l'opulence qu'ils ont perdue, en contemplant la ruine de tant de familles dépouillées des héritages qu'elles avaient reçus d'une longue suite d'ancêti'es, et qu'elles devaient se croire assurées de transmettre à leurs descendants!... H fut un temps où l'on consolait les malheureux en les invitant à regarder au-dessous d'eux pour y voir de plus grands malheurs encore. Les temps sont changés. Ramenons notre pensée sur tout ce qui existait au-dessua de nous...; ensuite osons, si nous en avons le courage, parier de nous-mêmes ï. »
Il n'est point donné à des âmes vulgaires de tenir un pareil langage. Ces évêques, qu'on pourrait croire un peu amollis par les délices de l'ancien régime, trouvent dans l'adversité un ressort moral et des accents que nous sommes forcés d'admirer. Il y a dans leur sacrifice une première pensée d'expiation et, comme la hache révolutionnaire saura bien abattre en lui quelques membres, les