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LES PRÉLATS POLITIQUES DE L'ÉMIGBATION

naires de réinigration que cette tinion du prince héritier de la .dynastie ayee cette fille de France, échappée comme par miracle, à l'exécution de sa famille ; union contractée loin de. la patrie, sur jm sol étranger, gi'â.ce à l'hospitalité du çzar,. dans unç; galerie des ducs de Gourlande. A côté des.représentants de la noblesse, le cardinal de Montmorency, plus grand qu'eux, représente l'Eglise et célèbre le mariage,; pendant que l'abbé Edgewprth, placé près des jeunes époux, leur apporte, en quelque sorte, la bénédiction du roi martyr. Louis XVIII parlera plus d'une fois dans l'exil de la joie que ce jeune foyer apporte à son cœur, bien qu'il n'eût , pas réalisé les espérances de postérité qu'on aurait pu concevoir. La Eare, qui avait été lui-même si heureux de ce mariage, quitta l'ambassade de Vienne en iSoi.Il avait fait de sion mieux pour servir son prince. Louis XVIII lui marqua qu'il était content de sa fidélité et de son. zèle, en attendant qu'il. pût le récompenser sous, la Restaui*ation ^ -

Voici un prélat autrement agité que M." de La Fare. Nous voulons parler de M. de Gonzié, évêque d'Arras. La Fare n'était a^ccrédité que par Louis XVIII. Gonzié aura la. confiance de Louis XVIII, du comte d'Artois, du prince de Gondé, cherchera à aplanir les différends qui divisent

I. 3i mai 1800 : « Sa Majesté assure M, l'évêque de Nancy de son affection et de sa confiance. » Dans une lettre à Louis XVIII, La Fare, en 1^7, vante son crédit auprès du roi de Prusse. La correspondance de La Fare commence en avril 1797. Les réponses du cabinet du roi finissent le 21 février 1801.. Cf. Archives affaires, étr.,. fonds français, vol. 609, 610, 6n, 612. A un moment donné, le roi, très gêné, .« ne peut plus allouer de voiture à M. de Nancyà Vienne ». Il y a dans cette correspondance quelques détails sur les éyêques exilés; La. iPare écrit, .par exemple, le iS décembre 1798 : «Jereçpis detemps en temps des lettres, de l'évêque de Rennes, qui est à Wilna ; ii se plaint du froid; et .se loue de l'accueil qu'on lui fait. Je lui ai iait passer les lettres qu^ ypus m'ayez.adressées ., pour lui, »

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ces petites cours, eatrerà surtout très avant- dans la vie dû comte d^Ârtois t. De tousjes^évêques émigrés, et nous pourrions pèut-^tre ajouter.de tous les laïques, à l'exception de d'i^ntraigueSj aucun ne cfiit plus mêlé que Gonzié à toutes les intrigues de la politique. Le duc dé Lévis a dit de luiqtt'il « travailla toute sa vie pour parvenir à être ministre »;\M.i*de Gonzié iarriva ^enfin, « vers, la fin de sa carrière, à obtenir rojubre.^ece.pouvoir^ministériel, objet ardentdeses souhaits »i Le 5 juillet 1 791, le roi de Suède réunit à Aixrla-Ghapelle, dans une espèce de Conseil, le comte, de Provence,.le comte, d'Artois et i'évêque d'Arras. Le comte de Provence organisa à Goblentz une sorte de gouvernement, avec Galonné pour premier ministre chargé de la police, et. des finances, et I'évêque d'Arras comme chancelier.r Nous suivons successivement Gonzié à Madridj puis . dans les Pays.-Bas autrichiens, .puis en Russie où on lui trouva « l'air; et le propos trop grenadiers », puis en Angleterre, où il se fait, en, 1794, l'agent principaVd'un-vaste.plan de coalition qu'il soumet au Pape par l'intermédiaire . du cardinal .de Bernis. Une lettre datée,. de mai 1794, et; adressée par lui à ce prélat, donne sm» cette entreprise, à -la tête de, laquelle on voulait mettrele Souverain Pontife,; des détails qui nous montrent I'évêque d!Arras haut placé dî^ns les çonseilS: des princes français. Gonzié est eii correspondance, vavec les cours allemandes et les évêques exilés, avec le .cardinal Zelada, secrétaire dtÉtat ; il reçoit de Pitt communication du projet de croisade politique que devrait entreprendre Pie VI comme .un nouvel ^Urbain .II ; il se pprte garant du clergé français, fréquente les lords anglais et Burke, « le plus infatigable et le plus éloquent. adversaire .de la Révolu-, tion ».,Le comte.d'Artois approuve sessplans; :M. Asseline,

I. Conzié rend au comte d'Artois des services de tout ordre. Ainsi, dans plusieurs dépêches il demande à Thauvenay une provision de chocolat pour « Son Altesse Royale ».

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éyêque de Boulogne, qu'il a constdté "dans ses voyages, en désire le succès, «mais sans l'espérer ». Il entretient une correspondance suivie avec Consalvi, Galeffi; En un mot, il nous apparaît comme l'excitateur universel, le moteur de tous les projets, et comme le Pierre l'Ermite de la coalition. Pie VI, dans sa sagesse, calma ce beau feu et déclara « sa résolution irrévocable d'attendre au pied du crucifix l'ennemi venant au nom de la Révolution ». On a. trop reproché, disait-il, à la papauté, son ingérence dans lia querelle des rois et des peuples, pour que le Saint-Siège vienne fournir matière à des blâmés inconsidérés ou à des représailles coupables. Le Pape n'a ni à ordonner ni à prêcher aucune guerre, même juste ; il ne. lui reste qu'à en subir les conséquences. Ces- réflexions, transmises à l'évêque d' Arras par M. de Bemis, étaient une douche qui ne calma pas longtemps son humeur militante. Nous le voyons, en 1796, invité par un officier général de l'armée de Condé à presser Louis XVIII de secouer la torpeur de Vérone. Nous lisons dans ces documents cette phrase remarquable : « S'ils avaient le bon esprit (les républicains) d'établir un gouvernement seulement tolérable, le peuple, qui ne soupiré qu'après là paix et du pain, s'embarrasserait fort peu entre les mains de qui résiderait la souveraine puissance, si elle lui pro-o curait le repos qui lui est nécessaire. » ' -

. A- Vérone, le maréchal de Castries boude devant l'im-!' portance prise par l'évêque d' Arras ; le Régent le remplace par le duc de La Vauguyon. Gonzié nous fait part dans ses dépêches de son.activité et de son importance auprès des princes. « Je prévois, écrit-il en mars 1796, que mon départ de Vérone sera prochain. Je suis encore incertain si je me dirigerai par Hambourg et Altona sur l'Angleterre pour rejoindre Monsieur, comte d'Artois, ou si je liie rendrai préalablement près de M. le prince de Gondé, ainsi que notre roi paraît le désirer. »G'est ce dernier plan

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qui est adopté. Gonzié envoie des dépêches du « quartier général de S. A. S. M^"^ le prince de Gondé à Riegel ^ >)^ Mais il ne peut tenir en plàcei. Le voilà en route pour l'Angleterre, après s'être assuré que telle corvette anglaise ou russe est prête à protéger les passagers contre les tentatives des corsaires. Gar il s'agit de conserver un grand ministre à la royauté. "

Montlosier^ en arrivant à Londres, y trouve le comté d,' Artois avec son homme de confiante, l'évêqued'Arras, «qui n'était pas constitutionnel du tout ». Il nous le montre plus tard terriblement alarmé des bruits de paix entre l'Angleterre et le Directoire, ce qui consolide la République et anéantit les espérances de l'émigration; il nous décrit l'indignation de Gonzié contre les émigfrés qui n'avaient pas la patience d'attendre la contre-révolution. Malouet rencontre également à Londres l'évêque d' Arrâs qu'il traite d'aristocrate ardent et absiu*de, tout comme le baron de Breteuil. Il raconte la négociation dont Gonzié . voulait charger La Tptir-du-Pin, rentrant en France, auprès de Bonaparte et de Talleyrand =*. Rien n'arrête la persévérance ni les machinations de l'évêque d'Arras. Il est prêt à abandonner à Gatherine, pour prix de son con-

ï. Dépêche de Vérone, 5 mars ijgS. Dépêche de Riegel, i3 avril, ijgis. Archives aff. étr., fonds français, vol. 689, pièces 89 et 32. — Gonzié fait tant de voyages, et si précipitamment,, que dans une lettre il se plaint d'avoir égaré « un grand portefeuille noir rempli de papiers ».

2. M. de Gonzié demanda à La Tour-rdu-Pin d'aller voir Talleyrand. « Vous pouvez, dit-il, lui porter une parole de moi, une proposition. — Et quelle parole, quelle proposition ? — La voici : Il faut qu'il nous serve, qu'il engage Bonaparte à traiter avec les princes ; nous le ferons connétable. — Maisi pour M. de Talleyrand, que ferez- vous ? — Certainement je le servirai de tout mon cœur ; il me connaît, il sait que je suisincapable de lui manquer de parole. M. de La Tour-du-Pin peut lui dire que si nous rentrons en JFrance, véritablement il ne peut pas y rester, mais je lui garantis un sauf-conduit en tel pays étranger qui lui conviendra le mieux..» Comme une telle perspective devait sourire à Talleyrand! Mémoires de Malouet^ i868, 2 vol. in-8°, II, 225-332. — Montlosier raconte une conversation à Londres avec l'évêque d'Arras. « Faites-moi le:plaisir, lui dit Gonzié, de mettre par écrit tout ce que vous venez de me dire, aiin que je le présente à M. le comte d'Artois. Je pense aussi que vous voudrez bien en insérer quelque chose dans le Courrier de Londres. » •

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