‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 28 sur 354 · ENGOUEMENT POUR LES AFFAIRES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

ENGOUEMENT POUR LES AFFAIRES PUBLIQUES

Saint-Sulpice aient prié amicalement Sieyès de se retirer dans un autre établissement. La note donnée par les Sulpiciens d'alors et conservée dans leurs archives est rédigée en ces termes : « Joseph Emmanuel Sieyès, clerc de Fréjus, entré le i3 novembre 1766, sorti le 24 décembre 1770, Assez bonne intelligence, sournois, suspect, et prié de se retirer de lui-même, est allé au séminaire de Saint-Firmin. » C'est là que Sieyès courut la carrière de la licence en théologie. Après quoi, il entra dans le monde, en 1772, âgé de vingt-quatre ans ^ Nous avons déjà parlé de ses premiers honneurs ecclésiastiques. Avançons toujours vers la Révolution; le goût des études profanes ne fait que grandir, chez plusieurs aspirants aux grades. En 1776, nous trouvons les jeunes Sorbonnienstt occupés de toute autre chose que de théologie ». Cette fois, c'est Talleyrand, c'est aussi le futur grand orateur de la Gironde, Vergniaud', qu'abritent les murs du célèbre collège. Talleyrand est heur eux d'y trouver vivant « le souvenir de Richelieu ». C'est que lui aussi est déjà hanté par l'ambition d'être homme d'Etat. De bonne heure, pour le décider à entrer dans l'Eglise, pour s'emparer de son imagination, sa famille a cherché à « le séduire par l'appât des affaires et par le tableau de l'influence qu'elles donnent ». Dans ce but, on lui a fait lire les Mémoires du cardinal de Retz, les vies du cardinal de Richelieu, du cardinal Ximénès, d'Hincmar, ancien archevêque de Reims ^. Déjà, si nous en croyons une anec^ dote d'ailleurs peu vraisemblable, racontée par Dupont de Nemours, lorsque Turgot se décida à quitter Tétat ecclésiastique, ses amis de Sorbonne, les abbés de Cicé, de Brienne, de Véri, de Boisgelin, lui auraient dit pour combattre sa résolution : « Il sera facile à ta famille de te

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