Archires aflf. étr., J6ic/.,, vol. 627,-,p. i3o-i5i
2. Georges Cadoudal écrit, par exemple, le i3 septembre 1799 à l'évêque d'Arras : « Nous allons nous réunir pour prendre parti.-Nous nepouvpns nous décider qu'à la guerre. Déjà on la fait dans plusieurs parties, et nous ne pouvons pas les laisser succomber. J'espère que les affaires iront bien. Si les Anglais nous donnent des fusils^ des canons, et débarquent, nous réussirons infailliblement. » Arch. aff. étr-, ïod cit., vol. 627, p. 5îl
3. La Trémoille, après avoir dit que « la crainte d'affliger sans, nécessité le cœiir du roi impose souvent silence et fait dévorer bien des cbagrins à ceux de ses fidèles serviteurs qui connaissent sa bonté et sentent sa position », croit devoir faire connaître le propos tenu contre lui, ainsi que contre M. de Frotté,, traité « d'imposteur et de.gredju ». -.Conzié aie avoir donné Ces qualifications, sachant , que. deux négations valent une affirmation. Cadoudal doit être « un antinoble » pour que Cpnzié ait cru devoir lui plaire par un tel langage. L!évêque d'Arras, ajoute La Trémoille, « professait autrefois une. vénération extrême pour ma, mère. Vous n'imaginerez pas, j'esjpère, qu'en ce qui m'est personnel, la petite colère dé l'évêque d'Arras ait pumefaire d'autre effet que' de nie faire rire, ni que j'ai pu m'affecter davantage d'être appelé polisson par, un tel homme que de me voir appeler brigand par, le Directoire. JVfais quand il s'agit des intérêts du' roi, il n'est plus possible de rire. J'en pleure, au contraire, de douleur et d'indignation. Jugez, mon. cher comte, avec la part que cet homme avait dans la confiance de Monsieur, combien de suggestions fâcheuses, combien d'insinuations perfides sur les démàrclies les plus droites, sur les serviteurs les plus dévoués et les plus utiles du roi, ont dû précéder un langage aussi impudemment grossier, aussi bêtement impolitique. On nous dit sans cesse qu'il faut nous réunir, nous serrer,
' et pour cela on essaie de nous dégrader dans l'esprit de ceux-là même avec qui il importe principalement que nous soyons unis. » Lettre de la Trémoille à d'Avaray. Londres, 2 mai IJ9S, Archives aff; étr., loe. cit., vol. 594, pp. 229, 23o.
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Fatit-il accepter sans restriction le Jugement du duc de Lévis sur Gonzié? « Il rie fit, dit-il, ' iqpie du mal à son parti. » D'après un autre émigré, l'éVêque d'Arras avait le « ton tranchant et lé caractère irrésolu ». Gonvenoiis que ce prélat Tiepotivaitpoîntjôuèrim si grand rôle daiis l'émigration ni entrer si avant dans la confîaiïce dès princes, sans avoir une réelle valeur. Il gâta malheureusement ses qualités par une humeur Brouillonne, un esprit d'intrigue, une agitàtioii politique outrée chez un laïque, à. plus forte raison chez un évêque. Et dire qiie G6nzîé trouva encore le temps dé s'occuper de son diocèse et de faire des mandements I !
Il y avait quelque intérêt à retracer le portrait de ce politicien ecclésiastique conmie type d'une race qui allait à jamais disparaître, et qui était déjà aldrs une exception presque unique dans le clergé de France. Lé seul homme que son ardeur militante, son activité inquiété, sa passion contré-ré volutionhaire, rapprochent à cette époque de l'évêque d'Arras, c'est l'abbé Maury. Lé éàrdinal de Bernis avait eu là doulétir, dm'ant les trois âriiiéés qui précédèrent sa mort, d'assister à Ronié ati déclin de son prestige. Sou étoile avait pâli devant un astre nouveau. Toute l'attention des émigrés et de la. Yille étei*nélle se portait vers un hônime âuqiielsés luttes immortelles de la Constituante valurent dans l'Eglise et dans la monar-
I. Cf., outre nos documents puisés aux archives dès affaires éti-angères, Albert Sorbl, I/Europe et la Révolution française. Il, z^i, 142, 247» 283^- Mémoîres du marquis de Bouille j ^. i8i-i83. — Déramegourt, Le Clergé du diocèse d'Arras pendant là Révolution, t. III, p. 4^4 î IV, p- 226-228.— Duc dk Lévis, Souvenirs et portraits. — Bardoux, MonHosier et les constitutionnels pendant l émigration. —-André FiEBOx, L'Angleterre et l'émigration française, p. 36o. — Crbtineau-Joly : L'Eglise romaine en face de la Révolution, i85g, 2 vol. in*.
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chie un prestige et un crédit extraordinaires. Maury est à peine débarqué à Rome, en décenibre 1791, qu'il attire à lui tous les regards et toutes les faveurs. Lé cardinal 2elada lui offre son palais pour résidence. Le voilà prélat du Pape, archevêque de Nicéé in partibuSi noiicé extraordinaire à Francfort pour le couronnement de l'émperéur. Il reçoit d'un coup 60,000 écus romains, alors que les évêques. français les plus nécessiteux et du plus grand nom ont grand'peine. à en obtenir du Pape quelques centaines. Il ne reste plus à Maury qu'à avoir le chapeau. de «irdinal, lequel lui est, en effet, accordé à la demande de Louis XVin, transmise au Pape par Bernis* Quand on est ainsi porté par l'opinion, on n'a pas besoin de se gêner. Maury ne dissimule point son dédain pour Bernis , ce sénile radoteur, ce politique vieux jeu qui prêche la prudence, ce prophète de mauvais augure qui a l'audace de ne pas croire à la défaite prochaine des républicains, à la restitution d'Avignon, au triomphe des royalistes/
• Après Gonzié, M. d'Agoult, évêque de Pamiers, paraîtra un peu pâle dans son rôle d'ambitieux. Il s'occupa pourtant très activement des affaires d'Etat. Ses goûts, ses aptitudes, ses études, l'y portaient invinciblement. Il s'était déjà signalé dans l'ancien régime comme prélat administrateur. Son frère, aîné, le marquis d'Agoult, avait partie liée avec Breteuil; son frère cadei, le vicomte d!Agoult, était le favori du comte d'Artois. Ainsi apparenté, ainsi poussé en avant par le démon de la politique, comment ne pas travailler au salut de son pays, de son roi, et aussi un peu pour sa propre ambition. M. d'Agoult, rentrant en France d'un voyage en Suisse, dans l'automne de 1790, apporta le plan d'évasion du roi et d'appel aux puissances, que lui avait remis Breteuil. Louis XVI voulait s'assurer des intentions de Bouille ; il lui écrivit, le 2a octobre 1790, une lettre que l'évêque de Pamiers se chargea de remettre. Bouille ôt part à M. d'Agoult de ses
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impressions, et lui avoua que l'entreprise lui paraissait hasardeuse. L'évêque de Pamiers lui répondit que Léo-^ pold et les autres alliés du roi « exigeaient sa sortie de Paris avant de faire aucune disposition en sa faveur »> L'exécution des projets fut ajournée- Après avoir intrigué avec Bouilléj il intriguera plus tard avec Dumouriez. Les écrits du temps signalent de divers côtés, par exemple à Londres, l'agitation. ^ de ce prélat. Il est quelqu'un; Ceux qui, à Goblentz, Jancent en avant des noms de ministres pour la prochaine restauration, l'inscrivent déjà comme garde des Sceaux ou chancelier. Ceux qui lui veulent du mal le réduisent aux Finances.. Il resta ministre sans por-r tefeuille.
Ce serait amoindrir la inémoire de M. de la Marche, évêque de Saint-Pol-de-Léon, que de le rapprocher d'agi-^ tés tels que d'Agoult, et plus encore tels que Gonzié. On sait que sa sollicitude féconde. pom' les émigrés absorbait sa vie, pas au point cependant de le défendre complètement contre la politique. Montlosier,: — et nos archives 2 confirment son affirmation, — nous le représente à, Londres, « au milieu de ses dépêches aux chouans, s'int terrompant pour lire son bréviaire ». Il lui fallait bien aussi trouver le temps d'écouter les communications que son autorité morale, son dévouement absolu à la rovauté, Itd atti-
1. Citons quelques extraits de Fersen. Il s'agissait de faire .une démarche auprès du roi d'Angleterre pour sauvegarder la vie^. de Louis XVI.. On résolut de coniier cette, démarche à l'évêque de Pamiers qui avait la' confiance de Breteuil, Fersen écrit, ai août 1392 : « L'évêque de Pamiers arrive, content du duc de Durset. Pitt a bien parlé, plus intéressé aux affaires de France qu'il ne veut paraître. L'évêque prit sur lui de lui dire, que c'est par ordre exprès, du roi que le baron (de Breteuil) a fait la démai-che. L'évêque a insisté pour une expression plus prononcée à la fin de la dépêche à lord Grower; il n'a pu l'obtenir. » — 8 août 1893 :. « J'étais occupé à écrire le matin à la reine la note ci-jointe, lorsque l'évê-; que de Pamiers entra chez moi et me dit que l'armée de Dumouriez s'était révoltée contre lui... etc. » Fbhsen, op. cit., t. II, -pip. 28, 29, 63.
2. Les archives (afF. étr., ibid.y vol, 623, pp. 323, 324) donnent un mémoire «e M" de la Marche « sur les moyens préparatoires eh Bretagne »,dans lequel il s'agit de faire « insurger la Bretagne »r .en 1794. U y.est question «es dépôts de munitions, des points stratégiques, etc.