‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 285 sur 354 · CHAPITRE m Les idées politiques de l'épiscopat · texte numérisé non relu

CHAPITRE m Les idées politiques de l'épiscopat

I. Les idées libérales du clergé à la Constituante sombrent dans la catastrophe. — La liberté rendue responsable de tous les crimes. — L'exil tige les idées. -^ Si on pouvait revenir au passé sans tenir compte de la Révolution. — Rester iidèle à la liberté en corrigeant ses erreurs. — Les partisans de deux Chambres. — Ils sont exécrés par les purs. — ^^, Haro sur les constitutionnels. — Louis XVtlI se déclare contre eux pour l'ancienne Constitution. — « La folie de Vérone. » — Intervention de de Maistrè — II. Le clergé émigré regarde vers le passé. — Anathème des. évêcjues contre la Constitution de 1791. — Ils veulent que le roi absorbe toute la puissance publique. — Un roi fort pour protéger la religion. — Malheur que les crimes de la Révolution aient dégoûté depuis cent ans le clergé de la liberté. — III. Système de contre-révolution exposé pair Maury. — Châtier le clergé assermenté. — Rétablir le clergé dans tous ses privilèges et propriétés. — Refuser le culte public, aux protestants. — Rétablir lès anciens diocèses et paroisses. — Bernis, Coùcy, sont beaucoup moins tranchants. — Paroles de paix. — IV. Idées politiques des, deux évêques les plus mêlés aux affaires publiques : Boisgelin, archevêque d'Aix, Cicé, archevêque de Bordeaux. — Goût de Boisgelin pour la politique. — Le roi lui demande en 1799 un projet de Déclaration. — Ce projet est réactionnaire — Éloge obligatoire de l'ancienne Çoiistitution de la France. — Le roi absorbe tous les pouvoirs. — Vote par ordre et non par tête aux États-Généraux, lesquels né seront pas nécessairement périodiques. — Variantes habiles et élégantes pour prouver qu'un tel pouvoir ne sera pas despotique, que l'ancienne Constitution sauvegardera toutes, les libertés. — V. M. de Cicé consulté. — D'Avaray s'indigne de cet honneur fait à un prélat si compromis.—' Il trouve le projet trop libéral. — Pourtant Cicé ne place les États-Généraux « qu'en perspective ». — Il ne reconnaît pas les biens nationaux. — Mais il admet que rantique CÎônstitution peut être amendée. — VI. Boisgelin et Çicé ont exprimé dans ce projet la pensée royale plutôt que la leur. — Us sont en harmonie d'idées à Londres avec Malouef. — Mais il fallait plaire à Louis XVIII qui en était encore, en 1799, à la Déclaration de Vérone. — L'abbé de Montesquiou libéral. — VII. C'est le dernier cri politique d'un corps illustre qui avait été mêlé de tout temps aux affaires publiques. — Comment les évêques renoncent difficilement au rôle public qu'ils avaient joué à travers les siècles. — Cependant les prélats politiques sont peu nombreux pendant la RéA'olution. — Abstention de l'archevêque de Paris, de l'archevêque

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de Toulouse. — La plupart plus occupés de prier que d'intriguer. — Ils laissent à Dieu le soin de venger leur querelle.

Il est possible, avec lès manifestations publiiqpies des évêqaes, avec les correspondances échangées entre eux et le prétendant, de dégager leur système de gouvernement, lem* conception politique dans les deux derniers tiers de la Révolution française. Disons-le : lès idées libérales que nous avoiis vu plusieurs d'entre eux professer à la Constituante, au point de concourir et plus tard de prêter serment, avec tous leurs confrères de France, àla Constitution de 1791, ces idées libérales sombrèrent dans la tourmente qui emporta dans un commun désastre le trône et l'autel. La liberté, au nom de laquelle on avait commis tant de criines, parut responsable dès ruines accumulées depuis son avènement. La pensée de l'épiscopat, quand il était question de monarchie et d'ordre à restaurer, de religion à rétablir, se reportait maintenant aux institutions qui, avant la Révolution, avaient assuré à la France, à l'Eglise;, des siècles de prospérité et de gloire.

« Là peine de l'èxil, dit Tocqueville, a cela de cruel, qu'elle fait souffrir et n'apprend rien. Elle immobilisé l'esprit de ceux qui Tendm'éiit, le détient à jamais dans les idées qu'il avait conçues, où dans celles qui avaient cours au moment où il a commencé. C'est comme l'aiguille cpii reste fixée sur l'heure à laquelle on l'a arrêtée^ quel que soit désormais le cours du temps. » Pour la presque unanimité des évêques et des prêtres exilés, l'aiguille qui marquait leurs opinions s'arrêta; pour plusieurs même, elle revint en arrière.

On a mis en lumière les doctrines, le rôle pendant la Révolution, de ceux qvConàj^j^eÏB. les constitutionnels. PaUait-il, au' moment où elle semblait faire banque-

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