‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 284 sur 354 · LES PRELATS POLITIQUES DE 1, EMIGRATION · texte numérisé non relu

LES PRELATS POLITIQUES DE 1, EMIGRATION

vrir la voie, sinon^ à la gloire du martyre, du moins à l'estime, au souvenir ému de la postérité. On s'explique que M. de Hercé ait voulu qu'il y eût un évêque dans ces armées bretonnes et vendéennes qui avaient compté tant de prêtres ^

L'évêque de Dol eut occasion de correspondre avec le comte d'Artois, qui devait prendre le commandement de l'expédition 2. Celui-ci fut,. en effet, réclamé par les Vendéens qui disaient en combattant : Où est le prince du sang qu'on nous avait promis ? Le prince ne vint pas. Réflexion faite, et malgré sa promesse, il ne voulut pas « aller chouannér ». Il ne comprenait pas comme Henri IV la conquête d'un royaume; il ne paraissait avoir aucun attrait à recevoir des balles. Ce n'était pas le tempérament du duc d'Engbien qui écrivait qu'un prince « est toujours à sa place quand il est aux coups de fusil ^ ». Tandis que le comte d'Artois sortait ainsi amoindri de cette désastreuse, expédition de Quiberon, l'évêque de Dol y conquérait pour jamais cette estime, nous allions dire cette gloire queia postérité ne refuse jamais au courage et à la foi poussés jusqu'à rbéroïsmé.

I. Il paraît que l'évêque de Nantes, M. de La Laurencie, voulait marcher sur les traces de M. de Hercé. Le Moniteur (réimpression du Moniteur, t. XXV, p. J62) dit que l'évêque de Nantes aurait quitté Londres pour aller à Southâmpton, le 24 août 1795, s'embarquer avec lord Moira, dans l'intention de rejoindre l'airmée des émigrés, où il devait remplacer comme aumônier l'évêque de Dol, fusillé. A la lin de 1798, il lit un appel aux Bretons et aux Vendéens pour le rétablissement du trône et de l'autel. Cf. Lallié, ie diocèse de Nantes pendant la Jtéçolution, iSgS, II, 201, 202.. — « Le. débarquement de Monsieur n'ayant pas eu lieu, M. l'évêque de Nantes n'est pas parti. » Lettre inédite de M. de Mercy, 5 décembre 1795.

. 2. Lettre du 18 juin 1794. Archives afif. étr., ïbid., vol. 588, pièce 5^.

. 3. FoRNERON, Histoire des émigrés, t. II, 122, 128.

Page 1