Réflexions, etc., par M. Asseline
LES IDÉES POLITIQUES DE l'ÉPISCOPAT 223
Roquefort, et de la plupart de ses collègues. « La monarcMéj dit-il dans une lettre à Louis XVIII, doit être conservée dans toute son intégrité. Les pouvoirs législatifs et administratifs appartiennent essentiellement et exclusivement à Votre Majesté. La seule ambition de vos fidèles sujets doit être de répondre, selon leurs lumières et leurs talents, à la confiance de Votre Majesté, et de donner l'exemple de l'obéissance, parce qne telle est la volonté dé DieUi Toute antre prétention est une nouveauté dangereuse. Elle doit être proscrite par cela seul qu'elle est la source des malheurs et de l'opprobre de la France i. »
Voilà, un langage qui n'aurait pas déplu à Louis XTV. L'évêque de Fréjus veut tout donner au prince parce que la France a péri, selon lui,, de ce que la Révolution a donné à la nation. L'épiscopat désire que le roi reste fort, pour qu'en remontant sui* le trône il puisse tourner cette force au profit de la religion et de la patrie. Annonce-t-on, en 1793, que les portes de la France vont se rouvrir devant le clergé exilé, M. de Mercy, évêqxie de Luçon, déclare que le roi, en sa qualité « d'évêque du dehors », devra, comme dans l'ancien régime, prêter le concours de toute son autorité à « l'évêque du dedans ^ ».
C'était bien un revirement complet. Le clergé désavouait les libéraux et plaçait le salut du pays dans le retoui* à la monarchie absolue. Mounier voyait là un des crimes de la Révolution. « Vous avez, disait-il aux Jacobins, armé contre la liberté la plupart des ministres des cultes
1. Lettre du 4 ™ai 1796 à Louis XVHI. Archives afif. étr., voL'oSg, pièce 86.
2. « Les succès de notre .^èle dépendent de la protection que la puissance civile accordera à notre-juridiction. Nous serons bien à plainte si la force nous manque pour faire exécuter ce que l'esprit de Dieu et la règle évangélique nous porteront à prescrire. Il faut que nous puissions ■corriger les méchants et les soumettre. Il faut que l'éA'êque extérieur soutienne par son autorité ce que l'évêque du dedans aura réglé pour 1 utilité et la gloire de la religion. Pour savoir ce que nous pouvons nous promettre à cet égard, il faut voir quel sera le résultat de la contrerevolutîon que nous espérons. » Lettre inédite de M. de Mercy, datée de €uiasso, i« juin 1793.