Cf. Abbé Muguet, op. cit., p
2. « Je les redoute singulièrement ces femïnes théologiennes qui, au mépris du précepte de l'Apôtre, osent parler Vu elles devraient se taire. Je serais au désespoir si ma chère" iille Sainton^ était de ce nombre; La dernière lettre que j'en ai reçue me le ferait craindre, si l'excellente opinion que j'ai de son esprit et de son coeur ne me rassurait un peu. » Lettre du i" mars 1801. — Le 14 mai i8oi, M. de Mercy écrit qu'il a reçu la lettre de M"'= Sainton du 22 août 1800. « C'est, dit-il, une violente diatribe contre la promesse, une censure amère de ma doctrine à cet égard, et l'annonce que tous les esprits en sont révoltés contre moi, que si je n'y renonce pas, je ne peux plus compter sur la contiance de mon troupeau, que je n'en serai pas écouté. » Le prélat s'adresse à M°" Sainton pour l'éclairer, mais sans succès ; car le 20 juillet 1801, M. de Mercy écrit que cette dame « prétend que c'est le soin de ma gloire qui la fait agir ainsi, parce que, dit-elle, si on me soupçonnait favorable à la promesse, tout mon diocèse, inexorable sur ce point, me retirerait sa contiance. Elle est un grand exemple de ce que peut l'esprit de parti sur une tête de femme. » Lettres inédiles de Mgr de Mercy. Dates ci-dessus et i" bctobi'C iSoOj i5 juillet 1801.
. 3. Lettre du 26 juin IJ99 ^ « Je vois avec une douleur extrême que d3 part et d'autre les esprits se sont aigris,, que de part et. d'autre on se
ou LA, RUINE DU CULTK SGj
vives là surtout où les femmes se mêlaient de ces questions. Dans la Charente, la supérieure d'une communauté religieuse, qui avait cru devoir rétracter son serment, le fit « entre les mains d'une dame séculière assistée de dix autres », au lieu de prendre comme témoin un prêtre délégué par l'autorité ecclésiastique. « Bientôt, écrit le grand vicaire, elles se persuaderont que les messes qu'elles disent (elles appellent ainsi les prières de l'ordinaire de la messe qu'elles font tous les jours chez elles) ont la même valeur que la messe d'un prêtre », surtout d'un prêtre qui aurait fait les serments politiques qu'elles condamnent I.
Ne soyons point surpris de rencontrer beaucoup de femmes, des théologiennes, dans le rang des exaltés. Trop impressionnables pour être calmes, trop timorées pour adopter avec plein repos de conscience des règles de conduite contestées, elles se portent volontiers aux solutions qui leur paraissent plus sûres, plus agréables à Dieu, parce qu'elles demandent plus de sacrifice et de courage. Ne nous étonnons point de constater aussi chez tant d'hommes un manque de mesure, de clairvoyance, et comme un penchant naturel à l'intolérance. Les questions
détruit. » — Lettre clu 21 mai 1860 : « Ce qui nous est défendu, c'est de donner lieu à un nouveau schisme après avoir combattu si longtemps et avec tarit de concert contre celui qui déchire nos églises. » — Lettre du 6 août 1800 : « C'est un malheur dont les suites peuvent être incalculables avec cette fatale diA'ision sur la question de la légitimité de la promesse deiidélité. » M. de Alercy est si épouvanté par le torrent d'opposition oju'il écrit le 20 avril 1800 : « Il est bien violent ce torrent, et je vous assure qu'il m'en impose à moi-même, et peut-être y céderai-je. » De fait, comme le gouvernement, se montra moins strict sur la promesse en Vendée, M. de JNIercy finit par laisser la liberté sur ce point. — Un grand vicaire écrivait en décembre 1795 : «Dans le diocèse de Clermont il y a une grande division parmi les prêtres. Les uns ont refusé la première soumission; d'autres l'ont faite et ont refusé la seconde; d'autres les ont faites toutes les. deux, ce qui produit entre eux une grande; mésintelligence et un scandale pour les fidèles. » ïueinek, II, p. 492. — Nous voyons se signaler dans l'opposition aux serments au-delà des Pyi'énées, M. Foyest, futur curé^de Saint- Pierre de Saumur, M. Touchet, vicaire générai, ^1. de Thémines, évêque de Blois, etc.