I. Papiers de Casier an
Bi^XGER i>' ANARCHIE? EN t'- ABSENCE :^DESÉVÊQIJES 4^5
diversité et corifusion>dans le fonctionnenientspii'dtuerdes diocèses^'^Nôus saisissons suri le irif,;dansr les «orrespon^ dances de l'époque, l'étonnement des ^fidèles apprenant tout d'im coup qu'un tel,' Jiier inconnu, leur itombaitidu ciel,î revêtu d^une puissance sans "bornes ï.
i Les éclios nous renvoient une double plainte : l'une au sujet de plusieurs grands vicaires improvisés,; l'autre:;au sujet de l'esprit d'indépendance -des simples; prêtres >que ladisparition des supérieursravaitîhabitués à n'obéir qu-'à eux-^mêmes.
■Dn avait vite reconnu à l'épreuve qu'ilm'est. point- aisé d'improviser du jour au {lendemain cdes hommes capables de porteriîle gouvernement d'im diocèses 0n eut parfois^ à souffrir de l'entêtement, :del'absôlutisme,i plus souvenfcde l'espèce «d'effarement, de la pusillanimité 'des nouveaaix supérieure 2,
Un péril plus grand cpie cette inexpérience des chefs,
i^ «..Lettre reçue; eUe~est signée, la citoienne-Perodeaux, mais, je. ^ne connais pas cette citoienne ; c'est une écriture de femme et je soupçonne que c'est de M"° ou de M"?^ du Gliaffaut oui de la supérieure^ des Gerisiérs. Elle écrit pour' demander s'il est vrai que le citoyen Jacques Sj'nodas a. véritablement la plénitude de mes pouvoirs, comme i il s'en, n-ante^^ sans pouvoir le prouver. Ce Jacques Synodus, je ne- sais si vous vous lea-appelez , était venu dé La Rochelle chez M^'^deMarmande, dans le temps que itous les. prêtres étaient détenus au àîhef-licu' du département ; il m'écrivit pour me demander mes pouvoirs et M°"= de Marmande m'en Idisàit beaucoup de bien ; je les lui accordai ;donc.i II ; paraît: qu'on- 3em est jalqux: je lui ai répondu que ce qu'il disait était vrai, mais que .mon interitiouTri'éta.it pas qu'il dominât ; personne, et que- les pou^trirs qii'il avaitneTévoquaient point ceux qui généralement avaient été donnés- aux curés qui avaient la liberté d'exercer (jeniande cela sous une enveloppe :symbbliqu.e)j;qù?auTeste-il devait- j-r avoir. ajctuellement sur les lieux- unide mes anciens régisseurs généraux, je veux parler de Bru. y» Lettre inédite </e i^fg•^d«^i^fe^cJ', 25 juin ij^.
2i « GetteipersécUtioncde l'Église,' cctté^Révolùtionjîditmn contemporain, ont pr6duit;une iiiflexibilité' et'une-rigueur dans «ertains' hommes, !une pusillanimité et iincifacilité-stétonnante dans d'autresjiqii'iln'estpresque plus>personne-de sang-frôid... Si l'on- voyait les- questions Tidiciiles> qu'on a proposées là- RpmC' ou : aux évêques >d.cpuiS'le commencement- des
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c'était la menace de certaine anarchie administrative. L^s plus sages conseillers du clergé dans lés dernières années du xvm^ siècle paraissent obsédés d'une préoccupation majeure : reconstituer l'autorité épiscopale, resserrer les liens de la hiérarchie très détendus par la Révolution. Ils rappellent les efforts et la campagne menée avant 1789 pour soulever les curés contre les évêques, poiu' semer les divisions qui éclatèrent aux élections des Etats Généraux et à la Constituante. Le malheur commun avait calmé ces dissentiments et rapproché les cœurs. Mais les apôtres restés ou rentrés en France, livrés à leurs propres inspirations par l'absence de leurs chefs, pourvus des pouvoirs extraordinaires et presque discrétionnaires que l'épiscopat exilé leur avait donnés à l'exemple de l'évêque de Langres, obligés de suivre leur propre inspiration dans les déterminations les plus graves, n'avaient pas tardé à se faire une habitude de ce qui n'était d'abord que la nécessité des circonstances. Pleins de foi, d'héroïsme, chaque jour sur la brèche, obligés de prendre des décisions qu'ils pouvaient payer de leur tête, ils s'étaient rapidement formés, dans un ministère tout d'initiative, à ne recevoir d'impulsion que d'eux-mêmes, du droit du courage, j'allais dire du droit du martyre. Comment empêcher de défendre à sa guise une cause celui qui est prêt à mourir pour elle ?
Et puis l'humanité' se retrouve inême chez les héros, plus encore chez de simples confesseurs. Dès la fin de 1792, l'évêque de Luçon, qui a essayé d'établir une certaine hiérarchie, des chefs de groupe dans son clergé réfugié en Espagne, est étonné de rencontrer « de vaines prétentions, de petites jalousies » en des hommes qui ont fait « d'aussi
troubles de France, on verrait l'importance et la nécessité de ne mettre dans les, Conseils dont nous parlons que des personnes judicieuses et éclairées. La témérité, qui fait prononcer souverainement, n'est pas tant à. redouter que l'irrésolution de certains esprits qui ne veulent ou Jie , savent se déterminer sur rien. » Saussol, op. cit.j il, ppi 10, iS. .. . .
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grands sacrifices li la religion i'»; Quelques années plus tard, on signale en pleine Vendée cet esprit d'indépendance que les prêtres, français viennent de montrer en Espagne, espi*it d'indépendance qu'a suscité ou favorisé la prodigalité des pouvoirs spirituels. « Chaque particulier, écrit M. dé Mercy, en 1798, -croit posséder la plénitude de la juridiction épiscopale ;;d'où il résulte qu'on ne reconnaît plus de supérieurs: )> Le self-goçernment dont tout prêtre, tout missionnaire a plus ou moins joui pendant la Révolution est devenu très rapidement un besoin. A mesure que le flot des rentrants sera plus pressé, que . les cadres du clergé se garniront, les difficultés de l'administration iront augmentant. Chaque paroisse voudra choisir son curé, chaque curé sa paroisse. Les grands vicaires, mal obéis par les prêtres, seront parfois euxmêmes désunis entre eux et réfractaires à la direction de leur évêque qiii est bien loin. Les prélats ont grand'peine à mettre de l'ordre dans une situation si troublée.
Quelle légèreté demain, quelle souplesse, par exemple, dans la façon de traiter un vicaire général, M. Voyneau, qui menace d'échapper à l'évêque de Luçon! Gomme M^'' de Mercy se connaît en hommes, il a vite remarqué la jalousie et. le besoin de commander qui l'animent. «..Il faut, dit le prélat, caresser son amom'-propre, puisque c'est \e grand ressort par lequel on peut le mouvoir.,,, et cependant.il faut contenir cet. esprit de domination et
I. L'évêque de Luçon, faisant allusion aux divisions qu'on avait soulevées entre les curés et leurs supérieurs au inornent de la Révolution, leur dit : « Rappelez- vous, mes amis, cette époque funeste qui a commencé tous nos malheurs. Vous savez que c'est celle où l'homme ennemi a semé dans le sanctuaire l'esprit d'insubordination et de jalousie... Je tremble que si la Providence rappelle un jour les ministres de l'Eg'lise.de France... on ne voie revivre des jalousies et des prétentions... » Lettres inédiles, 6 novembre et 22 décembre l'^gz. — Le même prélat écrit de Chiasso, le 1" juin 1793, alors que^court le bruit d'une prochaine rentrée en France : « 11 me revient de toutes parts, que déjà "les ecclésiastiques émigrés,, déportés, annoncent des prétentions effrayantes, des principes qui sont en opposition avec l'esprit d'unité. Beaucoup voudraient s'ériger en censeurs de leurs maîtres. »
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id'intrigucqui l'égaré, v» vGette -politique îi'efutç pas -plein succès/' Elle exigeait -p^iit^^trespourabontiriine^d^ flpii n'est pas uii la;portéê ; 'de itout le imonde. L'^^êquecle iLnçon se décidera prendre des '.moyens ; plus efficaces eet plus énergi<[ues. En -1798, essayant de . reconstituer da délimitation par; paroisses, ibavaitrlimitéilesf juridictions et -supprinié tous .les ; pouvoirs eitraordînaires. • En rSoo, il délègue toute son ; autoritéMa -son iiomnie de ; confiance, M. Paillon , <pii d'Espagne , sur -la .lErontièi'e de <Erance, gouvernera à : son gi'é île diocèse, pourra -révoquer les vicaires généraux, en inonuner d'autres, et de'S'ra à -tout prix établir l'unité de direction etila discipline* ï.
I. Dans.sa Jettre duig mai .17^, M. .de Mercy «idéclarequ'il révoque ' tous les pouA'oh's de vicaires généraux qu'il aA'ait donnés, excepté ceux deses vicaires généraux ordiiià:ires...vl.e prêtrerqut sera nomméà un canton et refusera de s'y rendre sera interdit... Nul prêtre dans son territoire ne pourra ibénir .que les .mariages de ses paroissiens. Toute dispense accordée par tout autre prêtrcque le vicaire :généraLest nulle. » Comme ces prescriptions h'a-N'aient pas été bien eflicaces, l'évêque de Luçon écrivit le 1"='^ mars 1800, de Lilienleld (Autriclie),;à M; Paillou, en Espagne, la lettre suivante : « Sur le compte qui nous a été rendu de ce qui se passe dans notre diocèse,, nous avons vu .-avec la .plus .grande douleur que jusqu'à présent tous.les éfiforts de notre zèle, pour le rétablissement de l'ordre et de la concorde ont été presque inutiles. Nos Ames ne sont point rempliesjTios ordonnances ne sont point exécutées, soit, parce que: les dépositaires de notre confiance se permettent de' les interpréter ou de les restreindre à leur,gré,malgréce?queaiaus leur aTons plusieurs foismariileslé de nos intentions, soit (ce qui me coûterait inliniment à supposer) parce qu'ils jnanqueiit-.de: volonté et d'obéissance.' Ne pou^ant^dans- notre grand éloignement remédier par nous-même .aux abus aussi .promptement que • nous le désircrionset-que" le bien delà chose l'exigerait, vous au contraire '.qui avez été -toujours l'intermédiaire-dejiptre correspondance avec nos coopérateurs et avec notre troupeau, qui avez si constamment justifié ■notre confiance :«n:même; temps que a^ous connaissez parfaitement nos intentions, vous trouA'arit par A'otre position dans le cas d'avoir une correspondance plus prompte et plus facile, nous croyons devoir recourir à A'ous pour que les remèdes soient appliqués..avec moins de délais aux maux que nous aA'ons la charge 'de guérir. Par ces considérations nous A' ous autorisonsjpar ces présenteSjà réA^pquer tantlespouA-^ôirs généraux ^ue particuliers que ci-dcA'antnons avions accordés, si a-ous., jugez que ceux que nous: avions-reA*êtus: n'en'fontpasTusage; pour lequel Tious les.
leur avions accordés et qu'ils se refusent à remplir nos intentions. Nous -vous antorisons à -nommer un vicaire général,- si le. cas y échoit,, pour nous représenter auprès 'de notre troupeau. aA'cc toute la^ plénitude de notre autorité, et de lui nommer les suppléants que a'ous: jugerez néccssaireset dont il aura besoin. Nous déclarons que tout ce que a'ous. ferez à cet égard doit'être regardé comme étant lait de notre autorité, comme si nous le faisions^ jious-même, comme dl'avance^nous l'approuvons et autorisons, voulant que tous ceux qui sont sous notre obéissance s'y- soumettent sous les peines de droit... A la charge par a'Ous de nous en rendre
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L'archevêque de Bourges ^ prend les mêmes dispositions. De tous côtés, on sent le besoin de sortir du chaos, de refaire la hiérarchie. L'Eglise de France était restée de longues années sans évêques. L'état d'émiettcment, de dispersion cpii en était résulté, faisait ardemment désirer leui* retour. Pour refaire une autorité centrale dans^cliaque diocèse^ on réclame la nomination de nouveaux, titulaires là où la mort a rendu les sièges vacants. Un va juscpi'à si^aler. le péril, du retour en FranfiCfdiivclergé; secondaire: sans, les -^premiers pasteurs; « Hiseraitl dangereux, dit' un prélat^ que les prêtres ren^ trassentiSftns les évêques; Ge serait; iiitroduirerranarchie dàBS'^ HEgUse et préparer^ lès voies au presbytérianisme, pourtlè<:{]»el les esprits n'ontlque trop de tendance 2. »
compte pjour. avoir notre déflhUive autorisation, mais, en^attendant, ce que vous aureziàpprouvé sera proAisoirement'exécutéi »
I. Ce rprélât supprima, leai septembre i8oo>.. lés pouvoirstqu'il aA-aitdon*nés an;ciérg7B-Jc 24 avril ijgS:
2: LhttpcdëM.'deMércy, 20 février ijgj. — « Il n'y a plus la. même nécessité- dSecoi^dër ces pouvoirs illimités, au moins dans les -diocèses où il y, a ujT grandSAicaire, un admiiiisti'ateur, ou un g'ouvernement .provisoire étàblivt,»/OLnî-signale « l'esprit -d'indépendance' qui a liait tant de ravages, le-pemàfâcatorité que peuvent aA'oir de simples prêtres qui sont chargés seuie;Hié£l?àdniinistration;de:la plupart ». --^-«Uaccord. n'existerait jamais s'il nLy-ayait;pas dans chaque diocèse" un- centre commun, une. autorité respectée. et. oiïéié qui,, en distribuant.à chacun l'emploi qui lui convient et en iùi assignant lès lieux où il doit l'exercer », établisse.l'unité et l'ordre. Cf, Saussol, op. cit., II, p. i5-2i, i43-i49 j Coste, op. cit., p. i4-i5. — Saussol a tout un chapitre (p. 228-247) sur « l'obéissance que les prêtres doivent aux évêques », un chapitre aussi (p. 25-36) pour montrer « combien il serait important de remplacer les évêques morts durant la persécution ».