‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 334 sur 354 · I. Dom PiOLiN, op. cit., "t. IV, p · texte numérisé non relu

I. Dom PiOLiN, op. cit., "t. IV, p

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en l'an 1800 et au commen-

2, Etat du diocèse de Montauban, registre in-4'' du fonds des archives de l'évêché de- Montauban. C'est l'état du diocèse '

cernent de 1801.

assez . turbulents, et, après s'être jetési dans le schisme, « ils malmènent maintenant leur curé légitime ».

Que d'ombres dans le tableau qui nous est présenté ! Voici, à Saint- Aigna,ni un « peuple naturellement timide et ignorant », cpii a « suivi toutes les chances de la Révo^ lution ». La majorité des fidèles a néanmoins présenté k plusieurs suppliques pour obtenir un prêtre catholique ». A côté de ces faibles qui n'ont pas su résister au torrent de la Révolution, voici les méchants qui l'ont précipité. Le procès-verbal signale, à Gastelferrus, « un peuple cruel pour la religion » ; à Gariès, « un peuple sauvage » qui a commis fous les excès. A Castelsarrasin, la majorité des habitants a donné à corps perdu dans les violences; la -bande noire y était très nombreuse, les gens ont été fort maltraités. A Villemur, c'est la minorité qui « s'est horriblement comportée pendant la Terreur », cependant la population est assez bien disposée. Les gens de Garganvilla sont très exaltés, il en est peu qui n'aient participe à la dévastation de lem* église et à toutes ses conséquences. rPlusiem's localités sont présentées comme absolument perverties ^. Le rapporteur signale les paroisses où le curé désiré ne pourrait pas vivre ou devrait se cacher. On est frajppé du grand nombre de celles où il est dit que le ministère est exercé secrètement 2. Enfin, les insermentés

1. « Saint- Angel : -Il y a environ soixante communiants qui ont perdu de vue les principes de la morale. — Puylouron : Ce peuple paraît tout perverti; il faudra du temps et de la patience pour le ramener. — Le Born : Cent communiants ; la sauvagerie y est dominante. Le curé, tout caché qu'il est, rend d'excellents services à ses paroissiens. »

2. « A Corbarieuj un prêtre catholique serait vu avec plaisir, mais il est difficile de l'y cacher. — Escazeaux : Ce peuple s'est très msd comporté pendant la Révolution ; un prêtre catholique y serait mal vu et ne trouverait point de quoi vivre. — A Montbéqu,i> le curé est obligé de se cacher. — A Villebrumier, le curé légitime ne peut s'aventurer sans danger. — Lavinouse : Peuple tranquille, mais un peu insouciant; un prêtre y vivrait difficilement, vu la pauvreté des gens. — Mont-Durause : On y nourrirait difficilement un prêtre, que. la paroisse désire beaucoup. — Labàstid^e-du- Temple : Difficile de s'y cacher. »

ETAT DU CULTE SOUS LE COXSULAT 5o3

trouvent sur leur chemin les constitutionnels qui leur disputent le terrain et les ouailles i.

Ces inventaires, rédigés sur place, par des hommes bien informés, avec l'imique souci de la vérité, nous font, en quelque sorte, revivre dans l'époque de transition qui sépare Brumaire du Concordat. Au fond de l'âme du peuple brûle toujours et va se réveiller encore l'amour de son vieux culte. Il désire, il redemande ses prêtres, et leur fait souvent un accueil enthousiaste. Mais combien de paroisses se sont déshonorées pendant la Révolution par lâcheté ou par cruauté ! Quel abandon de tous lès principes de religion et de moralité ! Que de pillages d'églises, que de chasses au clergé, que de compromissions avec les bonnets rouges ou la déesse Raison ! Ils sont toujours là dans le village ces jacobins qiii si souvent ont fait trembler et parfois égorger les honnêtes gens, moins arrogants sans doute depuis l'annonce d'un gouvernement fort et réparateur, mais encore redoutables et menaçants. Quelle terrible révélatrice des coeurs a été la Révolution ! Maintenant que, sous un régime où on commence à respirer, lin retour en arrière est possible pour établir le bilan des responsabilités ; maintenant qu'on peut compter les coups reçus et regarder en face les bourreaux, quelles tristes constatations ! Quelles défaillances morales, quels crimes même ont parfois souillé les annales du plus petit hameau !

I. A Gandalou, qui compte cent communiants, la population a été absolument égarée par les intrus qui s'y sont succédé sans interruption. — A Gensac, l'intrus, nommé Soubiran, a « offert de se conformer aux fêtes décadaires ». — A Haumont, qui compte deux cents communiants, le « peuple s'est laissé entièrement suborner par l'intrus ». — A Glatens, le peuple, « naturellement bon, suit naturellement l'intrus ». — A Magnianac, paroisse de trois cents communiants, le curé jureur entraîna les fidèles au schisme. On n'y compte guère que deux familles de confiance. — Moulis : peuple très sauvage, entiché de l'intrus Régnier. — Labastide-Saint- Pierre : la paroisse, qui compte trois cents communiants, suit l'intrus. Il y a à peine trois ou quatre familles qui n'aient pas donné dans le schisme et qui désireraient un bon prêtre. « Le plus grand nombre a commis des scélératesses pendant la Révolution. »

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Mais à une époque où les événements se précipitent, où une phase nouvelle de la Révolution met un abîme entre hier et demain, ces temps sont déjà loin. Tout semble renaître en France. « On venait d'être plus ou moins mis en liberté par Bonaparte », écrit Norvins. Le repos après tant d'agitations, la sécurité, ce grand besoin d'une nation, sont assurés par un gouvernement réparateur. Les agitateurs, les volem's, les brigands, les détrousseurs de diligences, sont réprimés à leur tour et réduits à l'impuissance par la force publique. Les rapports des commissaires envoyés dans les provinces témoignent que l'ordre et la paix régnent partout. François de Nantes constate dans le Midi <c un calme égal à celui dont il jouissait avant la Révolution ». Même affirmation pour le Nord. La Vendée, elle-même, naguère si ébranlée par les guerres religieuse? , est à ce point pacifiée, grâce à la « tranquillité » publique et à « la cessation des persécutions », que les délégués auraient pu, disaient-ils, « traverser tous les lieux sans escorte ^ ». Partout les personnes se trouvent protégées comme les intérêts. Sans doute, la Constitution de l'an VIII a eu bien soin de déclarer qu'aucun émigré ne pourrait rentrer en France. Il fallait ménager la transition et ne pas trop alarmer la faction jacobine. Mais en lem* rendant leurs droits civils et politiques, on va libérer ceux qu'on avait appelés les émigrés de l'intérieur. Pour les émigrés du dehors, on les fera rentrer par catégories, puisqu'on ne peut pas encore les rappeler en masse, en attendant l'amnistie générale du sénatus-consulte de 1802. - On sait qu'après la bataille de Marengo, Bonaparte, fort

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