‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 36 sur 354 · Mémoires de Bachaumont, 24 et 25 nov., 7 déc · texte numérisé non relu

Mémoires de Bachaumont, 24 et 25 nov., 7 déc

2. « Les ennemis de l'évêque de Rennes (Girac) sont la moitié de Rennes et toute la province, et forment les Etats. La position de l'évêque est fâcheuse. Il avait été chef de parti contre M. d'Aiguillon. Il avait alors toute la province pour lui. Il pouvait la conserver; mais les circonstances changent et le caractère reste. Il n'a pas cessé d'avoir l'esprit de parti quand M. d'Aiguillon n'y était plus pour rien, et les partis se sont tournés contre lui. Il ne peut comptera présent plus de a5à3o voix pour lui dans

pourrait répondre du succès. Voilà la véritable raison de l'absurde opi'

niâtreté des Etats en 1782. Ils rejetaient toutes les demandes du roi pour rejeter l'avis de l'évêque. » Lettre inédite de M. de Boisgelin.

3. Mgr de Boisgelin, après avoir parlé de son frère, dit : « Si l'on croyait que moi-même je puisse y être utile et qu'on ne veuille pas absolument nommer mon frère, on peut me faire premier commissaire ^du roi pour les Etats prochains. Je ne crois pas qu^ucun ministre puisse penser que je n'ai point démesure et de sagesse; et, quand les Etats seront finis, on nommerait un commandant. » Autre lettre relative à la Bretagne. « Cela me rappelle, écrit Boisgelin, le mot de la duchesse de Rohan : M. de Rohan est assez grand seigneur pour se passer d'esprit. Le malheur est que les affaires d'Etat, qui sont apparemment un peuDourgeoises, ne peuvent s'en passer. » Lettres inédites de Boisgelin, 29 et 3a décembre ijSS.

LES ÉVÊQUES EN PAYS d'ÉTATS i5^

Révolution, le brillant M. de Conzié. Sous son administration, l'Artois passa pour ,une des provinces les plus heureuses et les mieux administrées du royaume. « Les impôts y étaient assis avec intelligence, levés avec douceur, également répartis. » Tel était le bien-être de la contrée que beaucoup de bailliages demandaient, à la veille de la Révolution, des Etats comme en Artois*. Nommons enfin les Etats de Bourgogne présidés par l'évêque d'Autun, et auxquels assistaient les évêques de Dijon, de Châlons, de Mâcon et d'Àuxerre ^. L'évêque d'Autun fut, jusqu'en 1788, M. de Marbeuf, également chargé de la feuille des bénéfices. Marbeuf, connue élu du clergé de la province de Bourgogne, prit une grande, part à l'administration des Etats. Il fit réparer les routes qui traversaient le diocèse d'Auxerre, en ouvrit de nouvelles, vivifiant ainsi des contrées depuis longtemps négligées et où le commerce languissait faute de débouchés.

1. Deramecodrt> op. cit. p. 9. — Diic de LÉvis, Sonçenirs et portraits.

2. Les anciens comtés de Mâcon et de CbaroUes avaient, en outre, des Etats secondaires chargés de répartir les impôts votés en assemblée générale. Les Etats du Maçonnais étaient présidés par l'évêque. Les trois pays de Bresse, de Bugey et de Gex, avaient des Etats particuliers. Citons encore les Etats du comtat Venaissin présidés par l'évêque de Carpentras.

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