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DEUX CAMPS DANS L EPISCOPAT I

sa personne pour entrer dans l'administration j)oliticpie, s'occupe de certains détails qui la concernent comme s'il devait en répondre au souverain et à l'Etat. Il ne manque à toutes ces manières de séculariser l'épiscopat, que de voir veiiir le temps où l'épée remplaçait la houlette pastorale et la mitre disparaissait sous le casque. » Pompignan, pour donner une force nouvelle à ces observations, explique que des prélats ainsi absorbés par une administration civile, appelés, après la clôture des assemblées, à faire partie des commissions intermédiaires qui se réunissent régulièrement entre les sessions, sont dans l'impossibilité d'observer la résidence, de veiller de près à tous les détails du gouvernement épiscopal, d'apporter à leur diocèse ce bien suprême de la présence d'un évêque, qui ne peut exécuter de loin, ni par des délégués, une foule de mesures qu'il doit ordonner et diriger lui-même. Pompignan aurait pu s'appuyer sur le concile de Trente, qui demande aux évêques de « s'appUqiier au salut des âmes et aux pensées de la céleste patrie plutôt qu'aux choses du monde ».

Cette polémique x^i'ouve qu'il y avait deux courants dans l'épiscopat sur la fin de l'ancien régime. Cette divergence de vues dura jusqu'à la Révolution. Une partie des évêques, défiants des nouveautés, moins enclins à l'enthousiasme, plus attachés à la tradition, préféraient se renfermer dans leurs fonctions évangéliques, croyant ainsi travailler à la fois au bonheur spirituel et temporel de la France. D'autres prélats, au caractère entreprenant, à l'esprit plus ouvert, croyaient que c'est obéir à l'Evangile que de s'associer et de travailler à tous les progrès de l'humanité, que l'Eghse ne devait point rester étrangère au mouvement qui emporte les IDeuples vers une amélioration constante de leurs institutions économiques et politiques *.

I. « Ces deux systèmes, dit l'abbé de Pradt {loc. cit., I, 442-444), n'ont cessé de marcher de front jusqu'à la catastrophe finale. » Cet auteur

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Il y avait un x^eu de faria francese dans l'élan avec leqnel les évoques, qui étaient dans le mouvement, se firent les promoteurs , les défenseurs des réformes prônées par la nouvelle école ; mais ils suivaient les traditions d'une Eglise qui, à travers les siècles, s'était activement mêlée à tous les intérêts du pays. Bossuet s'écria un jour en chaire : « Je suis Français et chrétien, je sens, je sens le bonheur public *. » Toute notre liistoire est une confirmation de ces paroles. De tout temps le cœur des évêques battit à l'unisson du cœur de la patrie. Les années qui précèdent la Révolution nous prouvent j)ar un nouveau témoignage à quel point l'épiscopat se montra toujours prêt à partager la vie, les combats, les idées et aussi les illusions, les entraînements de la nation. Sur la fin de l'ancien régime, alors que Voltaire et une nuée d'assaillants. avaient porté un coup terrible à la religion, et ébranlé par là-même la situation de l'Eglise dans l'opinion publique, les assemblées d'Etats, les assemblées provinciales purent sembler aux évêques une heureuse occasion de retrouver leur popularité, le pontife spirituel devant avoir sa part des bénédictions et de la reconnaissance qui allaient se porter à l'administrateur temporel.

Ils s'exagéraient peut-être l'importance de cette intervention. Notre pamphlétaire a soin de les avertir qu'ils s'amusent à « fondre le cadavre de la religion dans la politique pour en sauver les restes ». Pompignan cherche de son côté à leur démontrer que leur éntrej)rise est vaine, et que leur grand devoir est de conserver avant tout la base de la foi, sans laquelle toutes leurs dignités séculières ne tarderaient pas à s'effondrer -.

attribue aux prélats administrateurs la responsabilité de la commission des réguliers, dont Brienne, on le sait, fut le principal moteur. Il pensait qu'il « fallait ôter à la censure quelques-uns de ses aliments, et céder à l'opinon qui girossissait des points trop fortement attaqués pour être défendus avec avantage ou maintenus avec utilité. Alors fut formée une commission pour les réguliers ».

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moyen de le soutenir et de le relever. La mode n'est pas, dit-on, de recourir aux évêques comme aux chefs de la religion. Ils paraîtraient bientôt dans le monde aussi inutiles que des religieux ou des chanoines,

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