Journal 28 décembre
2. f(ené Fage, op. cit., p. 18. — Le diocèse d'Agen fut à peu près privé de ses évêques au xvi^ siècle. Abbé Ddrengues, op. cit., p. 70.
3. Antoine Godeau, évêque de Grasse et de Vence, écrivait des prélats de cour : « Les séculiers ont raison de soupçonner que ce soit ou le désir de parvenir à un plus haut degré, ou l'avarice pour gagner plus de revenus, ou le divertissement de la bonne compagnie ou l'inquiétude d'esprit, ou le dégoût de leurs fonctions, qui les tirent de leur résidence pour venir passer des années entières dans un pays où ils ne peuvent faire qu'une fort mauvaise fortune. Car, s'ils veulent vivre en évêques, ils n'ont..
3o8 LA RÉSIDENCE
M. de Frétât de Sarra, évêque de Nantes, des lettres qui sont un véritable traité des devoirs de l'épiscopat* . Cet écrit porte la trace de toutes les préoccupations, de toutes les diflOicultés du tem^ps, et l'illustre prélat ne manque pas de s'y occux^er de la résidence. Ces pages nous montrent l'attrait qui poussait tant de prélats vers la caj^itale^ , et les prétextes mis en avant pour manquer à la résidence. « On allègue, dit Pompignan, les désagréments du pays, comme si ce pays n'était pas habité par des hommes... D'autrefois on se retranche sur la disette de bonne compagnie », alors qu'on « devrait plutôt regarder comme un avantage de n'être j)as surchargé de visites ». Ce qu'on n'avoue pas, c'est « la lassitude et le dégoût de l'uniformité, maladie d'mie âme ennuyée d'elle-même et promenant ses ennuis dans l'espérance de s'en déhvrer ». On ihet encore en avant le trop grand éloignement de la capitale ou de sa parenté. Ici le monde « trouve étrange que des cadets de famille, nés au fond d'une province et avec peu de biens (le nombre de ceux-là est grand), ne puissent vivre dans un j)ays qui ne vaut pas moins et peut-être vaut mieux que celui de leur naissance et de leur première éducation... S'ils avaient jîi'is les armes, conune quelques-uns de leurs proches, ils s'estimeraient heureux d'être attachés à ce séjour par un emploi inférieur en toute manière à la dignité dont ils sont revêtus... Le monde est également choqué que des revenus tirés d'un pays
que faire d'y A'^enir et ils sont inutiles. S'ils ont envie d'y vivre comme les gens de cour, ils s'y rendent ridicules et odieux, même à ceux qui leur montrent le plus de complaisance. Enfin, si c'est pour devenir plus riches, ce désir ne s'accorde point avec l'esprit épiscopal. Il est assez rare qu'il soit satisfait, et s'il l'est par quelque conjoncture favorable, ou acnète peu de revenu pour tant de lâcheté qu'il faut souffrir et qu'il faut faire, que le bienfait qu'on reçoit est plutôt une injure dont on a sujet de se plaindre qu'une grâce dont on doive remercier son bienfaiteur. » Puis Godeau s'élève contre le séjour des évêques dans leur maison de campagne.