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BovhxitiWhUE^s, Etat de la France, l'jS'j

2. La législation civile avait consacré le devoir de la résidence par des lettres patentes de Louis XI, en i4j5, de Charles IX, en i56o ; par l'article XIV de l'ordonnance de Blois, par l'article xxui de l'édit de 1695. Ce dernier article portait : « Si aucuns prélats ou autres ecclésiastiques, qui possèdent des bénéfices à charge d'âmes, manquent à y résider pendant un temps considérable, nos cours de parlement, nos baillis^ nos sénéchaux pourront les en avertir. En cas que dans trois mois après ledit avertissement, ils négligent de résider,... pourront faire saisir jusqu'à concurrence du tiers du revenu desdits bénéfices... A l'égard des archevêques et évêques, voulons que nos seules cours de parlement en prennent connaissance, et qu'elles donnent avis à notre très cher et féal chancelier de tout ce qu'ils estimeront à propos de faire à cet égard, pour nous en rendre compte. »

3. «Le 3 mars 1764, un conseiller proposa d'inviter ceux (les évêques) qui se trouvaient à Paris (au nombre de plus de quarante dontil lut la liste) à vérifier par eux-mêmes les Assertions. . . La compagnie parut faire moins d'attention au point de vue proposé q u'au grand nombre d'évêques qui semblaient oublier le devoir de la résidence, que leur imposent les lois de l'Eglise et celles du royaume. Il fut arrêté que M. le procureur général serait chargé de faire exécuter les ordonnances concernant la résidence épiscopale et d'en rendre compte le 17.» Nouvelles ecclésiastiques, année 1364, p. 129.

4- Nous transcrivons ici . ce document puisé aux archives nationales (0*617) et l'ii ^ pour titre: Liste des prélats qui sont ou ont été à Paris. Il n'est point daté, mais on voit par le contexte qu'il se rapporte à l'année 1364. Chaque nom est suivi de l'adresse et d'une appréciation. Cardinal de Rochechouart, évêque de Laon : charge à la cour et n'en abuse pas. — Archevêque de Cambrai. — Gondorcet, évêque de Lisieux: pour un procès, n^en abuse pas. — Bonneguise, évêque d'Arras : parti. — Milon, évêque de Valence : bon à rencoyer. — L'évêque de Vence : n'a pas de balle. — L'évêque du Mans : malade. — L'évêque de Soissons : malade et n'en abuse pas. — L'archevêque de Narbonne : est aux Etats. — Le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg: m.alade et n'en abuse pas. — L'évêque de Meaux : d la cour. — L'archevêque de Reims: à la cour. — L'archevêque .de Rouen : joarfi. — L'ancien évêque de Léon: point de siège. — L'ancien évêque de Québec : point de siège. — Le cardinal de Luynes, archevêque de Sens : d la cour. — L'évêque de Troyes: va partir. — L'évêque d'Àgde : m,alade. — L'évêque de Rennes : malade et député des Etals. — L'évêque de Saint-Omer : item. — L'évêque de Belley : va partir, son palais est tombé en ruines. — L'évêque de ïréguier : va partir. — Le cardinal de Chpiseul, archevêque de Besançon : va' partir et n'en dbase pas. — L'archevêque d'Embruii : bon d renvorer. — L'archevêque de Bordeaux: item. — L'évêque de Poitiers : va partir. — L'évêque de Carcassonne : va partir et n'en

3o6 LA RÉSIDENCE

et leur adresse. Il était au courant de leurs agissements, les faisait surveiller et se permettait même de les renvoyer dans leur diocèse. Cette feuille de police fait foi qu'en 1764 le chiffre des évêques présents à Paris dépassait le quart de l'épiscopat français. C'était beaucoup; aussi, en 1784, le baron de Breteuil écrivit-il, au nom du roi, à tous les prélats du royaume, pour leur recommander la résidence ^ Quand un évêque avait reçu ordre de rester dans sa ville épiscopale et de ne point paraître à la cour, cela s'appelait, selon une expression consacrée mais bien étrange, être exilé dans son diocèse. «L' évêque de Char-

abnse pas. — L'évêque de Langres : parti. — L'évêque d'Auxerre : ça partir, il est de la commission des congrégations religieuses. — L'évêque d'Angers : m.alade, va partir. — L'évêque de Senlis : de la commission des confrégations religieuses. L'évêque de Bayeux : ça partir, — L'évêque 'Autun: à la cour. — L'évêque d'Evreux: parti. — L'archevêque de Tours (aux Tuileries) : parti. — L'évêque de Chartres (aux Tuileries) :,ça et vient d la cour. — L'évêque de Blois : bon à renvoyer. — L'évêque d'Âçpolonie : n'a pas de siège. — L'évêque d'Orléans. . — Comte de la Chateigneray, évêque de Saintes : va arriver d Paris, n^est pas sacré. — L'évêque de Noyon -.parti. — L'archevêque de Lyon : m.alaae et n'en abuse pas, à un procès. — L'évêque de Perpignan : parti. — Montesquieu, évêque de Sarlat : bon à renvoyer. — Moreau, évêque de Mâcon : re'a pas ses bulles. — Choiseul, archevêque d'Albl : de la commission. — Juigné, évêque de Châlons : n'a pas ses bulles. — Cloyne, évêque écossais. — Les mots n'en abuse pas doivent s'entendre dans le sens de : n'abuse pas de venir à Paris ou d'y prolonger son séjour. Par contre, bon d renvoyer indique des prélats qui s'éternisent à Paris. Tout en déduisant les évêques sans siège, et ceux qui n'ont pas leurs bulles, le chiffre des non résidents approche de la quarantaine, c'est-à-dire près du tiers des évêques de France. Les évêques habitent de préférence les rues de Bourbon, de l'Université, du Bac, de Varennes, des Saints-Pères, Saint-Dominique, Taranne, Sèvres, Chasse- Midi, du Pot-de-Fer, Cassette, Notre-Dame des Champs, etc. Certaines cérémonies, auxquelles assistaient tous lespi-élats présents à Paris, nous donnent leur chiffre approximatif aux diverses époques. Ainsi, en 1786, nous constatons vingt-deux évêques aux funérailles de Mgr Phélypeaux, archevêque de Bourges, cousin de Maurepas, mort dans son hôtel du faubourg Saint-Germain, et assez grand personnage pour que tous ses collègues fussent présents à ses obsèques. — Au service funèbre, célébré, le I?'' mars 1566, pour le dauphin, fils de Louis XV, on avait compté trentesix prélats, dont plusieurs avaient pu venir à Paris exprès pour cette occasion si importante. En 1784, nous voyons M. de Noé, évêque de Lescar, renvoyé dans son diocèse pour avoir défendu trop chaleureusement son frère, le vicomte de Noé (Mémoires de' Bachaumont, 7 octobre et 6 novembre 1784)

I. De Versailles, le 16 octobre 1784. «Le roi ayant fixé. Monsieur, son attention particulière sur l'importance de vos fonctions, ainsi que sur les avantagés multipliés que recueille son service, comme celui de la religion, de A'os. bons exemples et de vos soins journaliers. Sa Majesté m'ordonne de vous marquer qu'EUe désire que a'ous résidiez beaucoup et que vous ne sortiez jamais de votre diocèse sans avoir obtenu sa permission. Vous avez donné, Monsieur, trop de preuves de votre zèle au roi, pour que Sa Majesté ne soit pas persuadée que vous entrerez dans ses vues, avec un empressement égal à leur justice. L'intention de Sa Majesté est donc que toutes les fois que vous serez dans le cas de vous absenter de votre diocèse, a'^ous m'en préveniez, ainsi que du temps à peu prés que vous croirez que vos affaires pourront vous en tenir éloigné. Je me ferai un devoir, comme un plaisir, de mettre sur le champ votre demande sous les yeux de Sa Majesté, et de vous faire part de ce qu'il lui plaira de décider. J'ai l'ho'niieur d'être, etc. — Signe : Le baron de Breteuil. » Les Nouvelles

très, écrit d'Argenson *, ayant voulu parler au roi touchant l'exil de l'archevêque de Paris à Conilans, ce petit prélat a dit qu'un évêque devait résider dans son diocèse. Le roi lui a dit : « Eh bien ! Monsieur, allez dans le pôtre, où il est exilé. »

En comparant les chiffres fournis par des documents divers, on peut, porter au quart de l'épiscopat, et peutêtre plus, le nombre des évêques présents à Paris à certaines époques, et y séjournant plusieurs mois. G' était trop alors, ce serait aujourd'hui énorme . Les temps plus anciens avaient connu ça et là des abus plus criants encore. Le diocèse de Tulle, par exemple, durant les trois cents ans antérieurs auxvii» siècle, entrevoit à peine ses évêques .^ A partir de cette époque, les préoccupations d'ordre qui se font jour dans toutes les parties de l'administration, n'auraient pas permis le scandale d'un tel absentéisme ; néanmoins la résidence laissa fort à désirer jusqu'à la Révolution. On s'en plaint au xvii^ siècle '.On s'en plaint auxviii*.

Parmi les prélats qui, sur la fin de l'ancien régime, attaquèrent cet abus avec le plus d'autorité et de vigueur, il faut signaler M. de Pompignan, archevêque de Vienne. Quelques années avant la Révolution, ce prélat adressa à

ecclésiastiques (année 1584, p. 208), qui donnent cette lettre, ajoutent : « Cette lettre doit naturellement avoir des suites, dont nous ne manquerons pas de rendre compte. » Bachaumont, dans ses Mémoires, 6 novembre 1984, dit qu'on trouva la forme de cette lettre dure et inusitée. « On a vu de temps en temps des injonctions de procureur général ; mais on assure qu'une pareille lettre du roi aussi précise est sans exemple au fond et daiis la, forme. Plusieurs évêques ont eu peine à y obtempérer. Ils ont fait des représentations, mais inutilement, et ils sont à peu près tous partis aujourd'hui. » Il y avait eu d'autres exemples de renvoi des évêques dans leur diocèse, v. g.,, le 18 septembre 1700. Cf. Journal de d'AKGENsoN, 20 septembre ijSo.

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