‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 95 sur 354 · Mmo Brioode, Recherches sur la ville de Tence, p. aSi · texte numérisé non relu

Mmo Brioode, Recherches sur la ville de Tence, p. aSi

2. Laurent {pp. cit. p. 334-335) dit des évêques, en 1789 : « Ce n'est que depuis qu'Us sont si riches qu'ils écrasent le reste du clergé par leur faste et leurs manières hautaines. ., qu'ils ont mis un intervalle immense entre les pasteurs du premier et du second ordre. » Il faut conserver les évêchés à petits revenus, a Si les nobles dédaignent ces modiques évêchés on trouvera sans peine dans le tiers état une foule d'excellents sujets. » Ceux-ci ne « donneront ni dans le luxe des meubles et des équipages^ ni dans celui des bâtiments et de la table. Ces modestes évêques vivront avec leur clergé dans une intimité que les autres prélats ne connaissent plus depuis qu'ils sont devenus grands seigneurs. »

348 RAPPORTS DE l'ÉVÊQUE AVEC SON CLERGÉ

difficile de ne j)as croire à ses quartiers, à sa race. Mgr de Belsunce était bienveillant ]DOur ses prêtres, mais sa fierté de gentilhomme ne lui eût pas permis de supporter la contradiction. Combien ils étaient plus à l'aise avec un prélat de leur condition ! Lorsque Le Normand, im rotiîrier qu'à ce titre Saint-Simon accable de ses méj)ris, fut nommé évêque d'Evreux, tous les curés du diocèse vinrent le voir. Ils trouvèrent en lui, dit naïvement son historien, « plus un curé qu'un évêque, et il le fut toujours. C'est la justice qu'on lui a rendue. Sa douceur, ses manières gracieuses, sonaccès facile et sa poKtesse envers tous, lui gagnèrent les cœurs *». Cet éloge d'un évêque-curé, chez lequel les curés entrent avec une aisance confiante, ne nous dit-il pas l'embarras qu'ils devaient éprouver en présence de prélats d'un autre ton et d'une autre race ? Il est vrai que dans ce cas ils prenaient souvent le parti de rester chez eux.

Les cahiers de 1789 reflètent les sentiments qu'inspiraient aux simples pasteurs le choix de leurs évêques, toujours pris dans la noblesse et élevés au pontificat sans avoir passé par le ministère. Le clergé, les autres ordres expriment fréquemment le vœu qu'on les choisisse parmi ceux qui ont rempli les fonctions pastorales-. Le clergé d'Etampes va jusqu'à demander que le roi ne puisse faire son choix que parmi trois candidats nommés à l'élection, « et pris principalement dans la classe des curés qui auront exercé pendant dix ans ' ». Manifestement, il semble aux curés que des curés devenus évêques seront toujours plus près d'eux, plus accueillants, plus à leur portée que des prélats étrangers à leurs fonctions, et appelés à leur enseigner les devoirs de leur charge sans avoir eu l'occasion de les pratiquer eux-mêmes. Ces vœux devaient

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