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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

24 mai 17 14. Conseiller-clerc au parlement de Toulouse, prit possession du siège épiscopal de Béziers, le 13 novembre 1771, au nom de Mgr de Bausset. Il était encore en fonctions lors de k suppiession du chapitre, c'est-à-dire depuis environ 30 ans.

11 refusa le serment : pension 5,271 1. 11 s. Dénoncé au District de Béziers comme tenant des réunions clandestines, où il fanatisait les assistants (15 janvier 1793) et sommé de se rendre à la Maison de réclusion, il adressa une pétition aux Administrateurs du Département, faisant valoir son âge (79 ans), ses infirmités certifiées par les attestations des officiers de santé et sa vie calme et paisible. Le directeur du District de Béziers, transmit la pétition au Département avec une apostille qui peut se résumer en ces quelques mots : « Estime qu'il y a lieu de sursoir, vis à vis-de Barrés, pour l'exécution des articles 8 et 9 de la loi du 26 août dernier, 29 janvier 1793 , l'an 2 de la République Française.

Nous ignorons la date précise de la mort de M. l'abbé Barrés; mais les documents officiels conservés aux archives de l'Hérault nous apprennent qu'il n'était déjà plus de ce monde le 14 vendémiaire an VI, 5 octob/e 1797, époque où on se livrait à la recherche des prêtres sujets à la réclusion.

BARRIE% (Antoine),

fils de Joseph Barrier et de Marie Autié, domiciliés à Montpellier sur la paroisse Notre-Dame, et peu fortunés, car le titre clérical qu'ils passèrent en Hiveur de leur fils ne s'élevait qu'à 50 livres, alors qu'il était toujours au minimum de 100 livres (3 mars 1769), Barrier était curé de Grabcls en 1781. 11 refusa le serment. Accusé de correspondance avec Nice et le contre-pouvoir de Paris, il fut acquitté (16 décembre 1792). Il résidait à Grabels avant la loi du 19 fructidor, an VI, septembre 1798.

BAS TET (François),

fils aîné de Jacques Bastet, maître-cordonnier de Saint- Bauzilede-Putois, naquit le 22 décembre 175 1. II embrassa Tétat ecclésiastique et reçut de sa famille un titre clérical qui lui assurait cent livres de rente, comme c'était Tusage à cette époque (11 novembre 1776). Etant curé de Frouzet, il refusa le serment et fut déporté. A la restaution du culte, il devint succursaliste à Saint-Gé!y-du-Fesc, avec pension de 266 francs 66 centimes, et enfin curé de Saint-Martin-de-Londres, et château de la Roquette fi*"* octobre 18 10).

BASTET {Joseph),

5* supérieur du Séminaire de Montpellier \ frère puîné du précédent, né le 10 1759, commença à exercer le saint ministère à Montpellier, en qualité de vicaire, dans la paroisse Notre-Dame.

La Révolution et ses fastueuses promesses n'ébranlèrent point ses principes. Il refusa le serment constitutionnel qu'il regardait avec raison comme une apostasie et partit pour l'Italie avec son frère François, curé de Frouzet. Ils furent tous deux accueillis au couvent des Augustins de Maccrata. Joseph revint avant la publication de la loi du 19 fructidor an V (5 septembre 1597).

Mis en état d'arrestation et traduit devant la Commision militaire, établie à Montpellier, celle-ci le renvoya au Département pour qu'il eût à décider sur son sort (26 thermidor an Vil, 13 août 1799).

L'Administration centrale prononça son Arrêt dont voici la substance : « Attendu que le nommé Bastet (Joseph) est porté sur la liste générale des émigrés comme ex-préire de Montpellier, déporté; qu'il ne s'est point conformé à l'Arrêté du Département du mois de vendémiaire an VII, intervenu à la suite de la loi du 19 fructidor an V et qui en exécution des lois de 1792 et 1793, que la susdite loi du

X. Les premiers supérieurs avaient été : i° Rahoux; 2*^ Carrière ; 30 Rieusset; 4^ Dalga.

rV. Les Martyrs et Conjesseurs de la Foi,

19 fructidor a remis en vigueur, enjoignant aux prêtres insoumis et réfractaires de sortir du territoire de la République dans le délai d'une décade et demie : Considérant que d'après le 7* paragraphe de la lettre du Ministre de la Police générale du 14 brumaire dernier, les prêtres inscrits sur la liste des émigrés, avec le mot déporté, doivent être traités, comme déportés; Jugeant le cas où se trouve ledit Bastet, et statuant sur son sort. Arrête : Bastet sera traduit par la gendarmerie de brigade en brigade jusqu'à Tile de Ré, lieu de dépôt déterminé par le Directoire Exécutif pour la déportatioe des prêtres insoumis et réfractaires et sous Tercorte de trente hommes, puis parmi les gardes nationaux sédentaires et six dans les colonnes d'élite des communes, où le changement des gendarmes s'imposera. »

Mais le Département a peur que les Brigands royaux, n'enlèvent le prisonnier. Son président manifeste ses craintes au ministre de la Police générale (i'"'' fructidor an VII, 18 août 1799) et à ses collègues des départements de l'Aude, du Tarn et de la Haute-Garonne, que doivent traverser Bastet et sa nombreuse escorte.

Les réponses qu'il reçoit sont rassurantes ; il ne paraît plus dans ces régions de Brigands royaux, du moins en armes. On va pourtant au plus sûr et ordre est donné au commissaire chargé des prisons, de faire conduire à sa destination a î'ex-prêtre Bastet » par cinquante hommes de garde nationale et une brigade de gendarmerie (8 fructidor an VII, 25 août 1799). Rendu enfin à la liberté, le généreux confesseur de la Foi put rentrer dans le diocèse, où il occcupa successivement des postes importants. Partout il opéra des conversions remarquables'. A Aniane, où on l'avait envoyé comme curé (9 septembre 1805), ^^"^ se souvient encore de son zèle courageux et éclairé, de sa douceur inaltérable, de sa grande charité pour les malheureux. Dès Tannée 1.809, il ^^ait réuni à Aniane, treize jeunes gens auxquels il inculquait les premiers éléments de la langue latine. Comme le curé de Lunel, il avait fait de son presbytère

une sorte de petit séminaire où, sagement formés sous sa direction, ces jeunes élèves se préparaient à des études plus régulières.

Nommé professeur au grand séminaire de Montpellier en 1812 et, le I" novembre de Tannée suivante, supérieur de la même maison, il montra de nouveaux talents et de nouvelles vertus. Il occupa la charge de supérieur jusqu'au i*^'" octobre 1825. Appelé à remplir à la cathédrale le canonicat laissé vacant par le décès de M. Pierre Félix et nommé vicaire général, il emporta les regrets de tous ses anciens élèves dont il rçsta le directeur spirituel.

Quelques années après, il tomba malade, et paraissait devoir lutter victorieusement contre son mal, lorsqu'il mouru^subitement [6 novembre 1832). Sa mort quoique inopinée n'était pas imprévue; sa vie entière n'avait été qu'une longue préparation à paraître devant Dieu. Il avait 75 ans. Sa dépouille mortelle fut inhumée au cimetière du grand séminaire, à côté de son frère François, ancien curé de Saint-Martin-de-Londres.

On a de lui le « Manuel d'un Jeune Prêtre, ouvrage dédié au jeune clergé du diocèse de Montpellier, sous les auspices de M.-N.Fournier. » (Montpellier, Martel, 1827, deux forts volumes in-8'».)

Cf. Archives de l'Hérault, LIH, et M 4. — Mclani^cs ceci (iniques, tom. Vlll, p. 44ctsuiv. — CASSA'^i , La Chapelle du Grand Séminaire, p. iS : V .S avr¥.l, Histoire religieuse du Département de V Hérault ^ 121 et suiv. — M. N. Fournier. — Arch. de VEvcch:. Rtg des Décès.

BEAU LIEU, voir l'art. "PAS DE BEAU LIEU,

BEA UPILLIEX {Jean-Pierre-Fulcran),

né le 15 décembre 1764, fut ordonné prêtre par Mgr de Fumel et nommé par lui vicaire à Soubès et ensuite au Caviar.

Un an après, la Révolution éclatait. Condamné à la déportation, il accompagna l'abbé Coustou en Espagne, où il fut accueilli par une famille très honnête et fort riche qui s'etforca d'adoucir son exil.

A son retour à Lodève, il s'empressa de reconnaître^ Mgr Rollet comme son évêque légitime (12 messidor an X, 2 juillet 1802). Il fut nommé

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