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IV. Lts Martyrs et Confesseurs de la Foi

ziers d'être dispensé de la réclusion et de rester libre, et cela pour raison de maladie (29 thermidor an VIII, 17 août 1800). La permission lui fut refusée. Desservant à Villeneuve-les-Béziers, mort à Béziers, paroisse Saint-Jacques, le 7 mars 183 1, 65 ans.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 ; — Arch. de l'Evêché, Ktg, des 'Décès.

BOURBON (Antoine),

chanoine théologal du chapitre d'Agde, appelé le chanoine de Mézua, à cause de sa prébende, naquit à Pézenas, au mois d'avril 1733. Il fit ses études au collège de cette ville. Tonsuré par Mgr de Charlevalet envoyé par lui faire ses hautes études de philosophie et de théologie à Toulouse, chez les sulpiciens, il y prit ses grades. Après son ordination à la prêtrise, en le nomma vicaire dans son pays natal, ensuite curé de la paroisse Saint-Etienne d'Agde. Le curé Bourbon y exerçait son zèle depuis 19 ans, lorsque Mgr de Saint-Simon, successeur de Mgr de Charleval, lui conféra le prieuré-cure de Saint-Pons de Mauchiens. Après qu'il eût passé sept ans dans cette paroisse rurale, le même évêque l'appela à la cure de Vias. L'abbé Bourbon y travailla au bien des âmes pendant une nouvelle période de sept ans, puis l'évêque l'appela dans sa ville épiscopale, avec le titre de chanoine théologal (1785) et l'admit chez lui en qualité de commensal.

A la suppression du chapitre Saint-Etienne, l'abbé Bourbon signa sa dernière délibération (9 octobre 1790) et reçut la promesse d'une pension de 1491 1. 13 s. Lorsque la persécution se déclara contre l'évêque, M. Bourbon, forcé de le quitter, se retira dans sa famille à Pézenas; mais dans la crainte que celle-ci n'eût à souffrir de sa présence, il revint auprès de ses amis d'Agde et bientôt, ne se croyant pas dispensé de la loi de la déportation, il s'embarqua au mois d'août 1792 pour l'Italie. Il n'avait pas encore soixante ans accomplis.

Lorsqu'il était commensal de son évêque, il avait pu se faire quelques petites économies dont il versait une partie dans le sein des pauvres.

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Son pécule s'élevait à la somme de 2,500 1. qu'il destinait à l'œuvre de la charité, d'Agde. Il en avait même prévenu le receveur de cet établissement; mais obligé de partir pour l'étranger et n'ayant pas d'autre ressource à sa disposition, il prit cette somme pour se l'appliquera lui-même.

Pendant qu'il effectuait son trajet d'Agde à Nice, les Anglais s'étaient emparés de Toulon. Des corsaires saisirent le navire sur lequel il était monté, et faisant plus de cas de sa bourse que de sa personne, le laissèrent continuer sa route pour Nice, sans lui avoir laissé un rouge liard. A peine arrivé dans cette ville, il fallut penser à fuir l'armée de la RépubHque et à gagner les montagnes.

Après bien des fatigues, le chanoine théologal parvint à Turin, où il fut parfaitement accueilli, ainsi que ses compagnons d'exil, par le gouvernement, par l'archevêque et la comtesse d'Artois. Cette dernière voulut les voir et vint généreusement à leur secours ; l'archevêque pourvut à leur logement et plaça l'abbé Bourbon dans son séminaire. Mais le courageux athlète ne jouit pas longtemps du calme de cette retraite hospitalière. Il lui fallut bientôt se remettre en route et fuir de nouveau l'invasion républicaine. Obligés de se disperser, le chanoine et quelquesuns de ses amis se dirigèrent du côté de Bologne; parmi ceux qui ne l'abandonnèrent pas, se trouvait l'abbé Bellenger, chanoine-sacristain et supérieur du séminaire d'Agde, qui mourut peu après leur arrivée à Bologne d'une fluxion de poitrine.

Bologne, ville épiscopale des Etats du Pape, était sur le point de se rendre aux Français, ce qui allait contraindre les déportés à un nouveau déplacement, lorsque Dieu mit fin à cete vie errante et douloureuse de son serviteur, en le retirant de ce monde, au mois de septembre 1796, après quatre ans d'exil et de rudes souffrances, endurées avec résignation pour. la Foi catholique. Durant tout ce temps, le chanoine théologal n'avait eu d'autres ressources que celles de la charité. Il était dans la 64* année de son âge.

Cf. Ms. de GoHiN, pp. 85-90; — Ms. de l'abbé Gourgon.

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