IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
de ses propriétés. On le laissa libre d'exercer jusqu'à la conclusion du Concordat les pouvoirs légitimes dont il était investi \ et le 21 mai 1801, il souscrivit la déclaration pour l'amnistie.
Tous les piètres restés fi-lèles se groupèrent autour de lui et le plus grand nombre des anciens jureurs furent heureux de se servir de son intermédiaire pour obtenir leur réconciliotion avec l'Eglise catholique. Parmi ces derniers, nous devons mentionner l'évèque constitutionnel Gausserand, aimé.d'ailleurs et estimé à Albi et qui se démit après 1801.
Mgr Rollet, ayant été nommé évêque de Montpellier, lui écrivit, le 28 ventôse an XI (19 mars 1803) : « Je ne saurais vous exprimer toute la joie dont me pénètrent les succès de votre sagesse et de votre zèle, ainsi que la vive et juste reconnaissance que je vous dois... Vous sentez comme moi la nécessité de fournir tous les moyens possibles qui peuvent concourir à la paix et à la réunion des esprits et des coeurs ».
Le même évêque ouvrit à Albi un petit séminaire et le plaça sous la haute direction de l'abbé Boyer, confiant l'administration effective de cet établissement à l'abbé Antoine Rahoux, docteur en Sorbonne. Mgr Rollet avait déjà choisi l'abbé Boyer pour un de ses vicaires généraux, et lui avait donné en même temps les titres de vice-président du chapitre cathédral Saint-Pierre et d'official diocésain (6 décembre 1802).
Par son zèle et son influence, il justifia la confiance dont il était l'objet de la part de l'évèque concordataire qui n'eut qu'à s'applaudir d'avoir remis à ce digne ecclésiastique la direction de la partie du diocèse de Montpellier formée par le département du Tarn, l'autorisant à résider à Albi.
On est touché de voir, par les registres du chapitre cathédral de Montpellier, combien les chanoines et autres membres du clergé diocésain le tenaient en graade vénération. Tous savaient recourir à lui dans
I. Après la mort du cardinal de Bernis, son neveu et coadjuteur prit le titre d*archevéque d'Albi et devint seul légitime pasteur. Il confirma les pouvoirs que lui avait conférés son oncle et lui confia la direction du diocèse. Réfugié en Russie pendant la Révolution, il ne perdit point de vue les intérêts de ses diocésains et se tint en communication constante avec son vicaire général.
leurs affaires difficiles. Lorsque le siège épiscopal vint à vaquer par la démission de Mgr Rollet, Tabbé Boyer d'Anti fut élu vicaire général capitulaire, avec l'abbé Coustou. Mgr Fournier les conserva tous deux comme grands-vicaires ; mais ce prélat voulut que Tabbé Boyer résidât, non plus à Albi, mais auprès de sa personne. Il finit cependant par l'autoriser à rentrer dans sa famille, à Albi, où il mourut le ii janvier 1817, à l'âge de 70 ans.
Cf. Crozes, Le Diocèse d*^lhi, pp. 242-252 ; — P. Delbrel, Le Clergé français réfugié en Espagne pendant la Révolution, p. 454 ; — J. Maffre, 'Njos Martyrs, p. 310 ; — F. Saurel, Hist. relig. du (f^'p- de V Hérault, IV, 96, 262 et !\C.-N. Fournier, rç, /06, 127 ; — Rossignol, Les Prêtres du dép. du Tarn,
BRÈS (Jacques- André) y
né le 3 octobre 1748, à Béziers, curé de Vendémian, prit à Gignac un passe-port pour l'Espagne (7 vendémiaire an VI, 28 septembre 1797).
Après la Révolution, on le nomma succursaliste à Tressan (canton de Gignac), puis on lui rendit son ancienne paroisse de Vendémian, dans le même canton, avec une pension de 266 fr. 66 c. Nommé chanoine honoraire, il était desservant à Paulhan, lorsqu'il décéda (181;).
Cf. *Breve Bitiereuse, pro anno 1822.
BRÈS (Pierre),
prêtre Capucin de Béziers, déporté d'Agde à Nice (le 9 août 1792), à Tâge de 38 ans.
BRESSON ("Pierre),
prêtre Récollet, à Montpellier, originaire d'Embrun, guillotiné à Orange (24 juillet 1794), à Tâge de 69 ans.
Cf. Siméon Bonnel, Les ^32 victimes de la Commission populaire. — F. Saurel, Hist. relig. dudép. de l'Hérault, III, 121 et Notes manuscrites.
BRISSIÉ (Joseph),
curé de Murviel, 47 ans, déporté à N/ce, le 8 août 1792.