IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
le 6 décembre 1802 en tête de la liste des chanoines honoraires, il devint ensuite chanoine titulaire et curé de Saint Piçrre.
Cf. Arch, de l'Hérault, Reg. des Insin. eccl. et Reg. des ^Bénéfices; — Lettre de la sœur (Marie-Félicité Journet y religieuse de la Visitation, à Montpellier (document fourni par M. le chanoine Lazaire; — F. Saurel, Hist. relig, du départ, de V Hérault.
"BRUYÈRES DE CHALABRE (^Louis-Henri de),
Evêque de Saint-Pons, était né en 173 1 dans le diocèse de Saint-Papoul, et remplissait les fonctions de vicaire général à Carcassonne lorsqu'il fut nommé abbé commendataire de l'abbaye de TAbsie, au diocèse de la Rochelle (i" novembre 1753). La province ecclésiastique de Toulouse, l'envoya comme député du second ordre à l'assemblée générale du clergé de 1755. A la mort de M. de Guénet, il fut, par brevet royal du 25 décembre 1769, désigné pour l'Evêché de Saint-Pons. Préconisé dans le consistoire du 29 janvier 1770, il obtint ses bulles le 12 mars et fut sacré à Paris le 22 avril de la même année. Le lendemain, il prêta serment de fidélité au roi et ne tarda pas à prendre possession de son siège. •
Depuis longtemps, on suivait au séminaire de Saint-Pons la théologie d'Habert, dont l'auteur était « un janséniste radouci ». Les évêques successeurs de M. de Montgaillard comptaient sur la prudence du professeur pour redresser au besoin dans ses cours le livre d'Habert. C'est aussi ce que fit M. de Chalabre. Durant son long épiscopat, il avait pris à cœur l'enseignement des jeunes gens qui fréquentaient son séminaire-collège. Il donna pour cette maison un règlement (6 janvier 1778) qui autorisait le professeur de théologie à restreindre ou augmenter y suivant l'exigence des cas, l'enseignement du manuel ; mais le livre séducteur n'en demeurait pas moins le compagnon inséparable de l'élève qui pouvait à loisir, sucer la doctrine perverse, se l'identifier et en faire la règle de sa croyance et de sa conduite. Mais là n'était pas tout le mal.
Trois ou quatre ans après sa prise de possession, M. de Chalabre
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
eut à nommer un professeur de théologie dans son séminaire, en remplacement de l'ancien. Son choix ne fut pas heureux. Il tomba sur un jeune prêtre, intelligent, instruit, mais tenace et opiniâtre dans le sentiment qu'il avait embrassé. Nous avons nommé l'abbé Alexandre- Victor Rouanet, le futur évêque constitutionnel du département de l'Hérault, après Pondérons.
Lors de la dernière assemblée des Etats du Languedoc, Mgr de Bruyères de Chalabre renonça avec les autres membres du clergé et de la noblesse, à ses diverses prérogatives et signa de sa main cette renonciation (15 janvier 1789). Il eut le soin de prémunir son troupeau contre les dangers que lui faisaient courir les décrets schismatiques de l'A&semblée nationale constituante et refusa le serment ; puis, lorsque son siège épiscopal eût été supprimé, toujours fidèle à la devise que sa famille portait dans ses armoiries (Sola Fides sufficit), il quitta la solitude et le calme de son château de Saint-Chinian (i*-"" juillet 1790). Quelques n:ois après, il prit le chemin de l'exil et alla fixer sa résidence à Londres, où il termina son existence (1795).
Cf. FisauET, La France Pontificale ; — F. Saurel, Hist. relig. du Départ, 4e l* Hérault ; — Delouvrier, Hist. de Saint-Chtnian p . 281.