IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
pressa pas de faire la promesse de fidélité, agissant du reste en cette occasion comme la presque totalité des membres du clergé dans l'arrondissement de Lodève. Peu content de cette conduite, le sous-préfet de Lodève, Fabreguettes, demande au préfet des instructions sur la conduite qu'il doit tenir. Ce magistrat lui répond : « Il n*est pas douteux que tous ceux qui persistent dans le refus de foire la promesse de fidélité à la Constitution ne doivent être recherchés et arrêtés pour être expulsés du territoire de la République ; sauf qu'il faut incarcérer les vieillards et les infirmes, la Loi ayant commué la peine de la déportation en une détention. Mais comme je ne veux pas élever de nouvelle^ maisons de réclusion, qui occasionneraient des dépenses onéreuses au trésor public et qui excitent plus l'intérêt des fanatiques en faveur des prêtres^ je ne pense pas m'écarter de la Loi, en faisant séquestrer, dans le chef-lieu de la Préfecture, tous les vieillards et infirmes qui persisteraient dans leur refus de faire le serment de fidélité. Je vous prie de vous conformer à mes dispositions, le cas échéant, à l'égard des prêtres qui n'exercent pas le culte et qui ne mènent pas une conduite tendant à troubler l'ordre public, comme par exemple le nommé, Broussonnet (Jean). Il sufl[it de les faire surveiller pour les obliger à se maintenir dans un état de paix et de tranquillité » (26 thermidor an IX, 14 août 1801).
Quand on réorganisa le culte, sous Mgr Rollet, il fut nommé chanoine sacriste et grand chantre. Il mourut le 18 janvier 1807. C'était au moment où Mgr Fournier, nouvellement arrivé dans le diocèse, venait de signer une Ordonnance, en vertu de laquelle les chanoines titulaires et honoraires de Saint-Pierre devaient être, dans leurs maladies, administrés et, après leur décès, enterrés par le chapitre cathédral. L'enlèvement du corps fut fait par M. Boyer d'Anti, non point en sa qualité de viceprésident du chapitre, mais comme chanoine en semaine d'offices. Le curé de la paroisse Notre-Dame, sur le territoire de laquelle était décédé l'abbé Broussonnet, assistait au convoi, qui se rendit de la maison mortuaire à la cathédrale, où fut célébrée une messe solennelle de i?^w/>m.
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
La dépouille mortelle du chanoine fut ensuite déposée dans un caveau de l'ancien couvent des Récollets (le Séminaire actuel) désormais destiné à la sépulture des membres titulaires et honoraires du chapitre.
Cf. Arch. de l'Hérault, V, ToUce du culte. — 1{eg. des délîh. du Cbap. cath, de Mont pellîer. — Arch. municipales de Lodève; — F. Saurel, M,-N. Fonrnier et Hist. relig. du dép. de V Hérault, \\, 6i.
"BRUN QPierré),
né à Montbazin le ii septembre 1738, fils d'Antoine Brun et de Marie Aubapan, reçut son titre clérical le 16 avril 1761. Maître ès-arts, vicaire à Saint-Pierre de Montpellier, il fut nommé confesseur des religieuses de la Visitation de cette ville, en remplacement de Berthalais, décédé. L'Evêque Raymond deDurfort écrit à ces saintes filles qu'il les « estime des mieux partagées et qu'en lui la maturité avait prévenu l'âge ». Pourvu de la cure ou vicairie perpétuelle de Saint-Marcel (8 août 1768), ilprit possession le 17 du même mois. L'Evêque lui confia le prieuré séculier de Lauret (24 janvier 1769^ lui adjoignant un pro-curé (l'abbé Sabatier Guillaume Tascal), chanoine de la collégiale Sainte-Anne, pour desservir effectivement la paroisse de Lauret. Mais la délicatesse de l'abbé Brun ne lui permit pas d'accepter cette position; il ne voulut pas êtr^ installé et se désista (13 février 1769).
A la Révolution, il était curé de Saint-Marcel, prieuré dépendant du
, chapitre cathédral de Montpellier, refusa le serment et partit pour la déportation, avec un passeport, pris à Montpellier pour Gênes (5 vendémiaire an VI, 26 septembre 1797). 11 avait alors 58 ans.
A la fin de décembre 1800, il fut un des premiers à faire la promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIIL Avant même d'être nommé vicaire général par Mgr RoUet, il était reconnu comme représentant de Mgr de Malide. Une difficulté survenue à Gangesà propos des bancs de l'église paroissiale lui permit d'affirmer son autorité. Placé dès