‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 135 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de ta Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de ta Foi

CABRIÉ Qean-Baptiste),

prêtre de Béziers, déporté d'Agde à Nice, le 9 août 1792, à l'âge de 40 ans. Rentré. Réfugié aux Aires. Dénoncé par le préfet à l'accusateur public (3 frimaire an VI, 23 novembre 1797}. En 1803, succursaliste aux Aires, puis à Gabian-Fou2ilhon, enfin à Sérignan. Décédé le 12 avril 1833, très estimé.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 ; — Arch. del'Evêchê. T(ég. des Décès.

CADILHAC {Louis-Gabriel),

Doctrinaire, né à Pégairolles le 13 mars 1752. Déporté d'Agde à Nice, le II septembre 1792, après avoir résidé quelque temps dans sa maison paternelle. Rentré. Prit, à Lodève, un passe-port pour l'Espagne (11 vendémiaire an VI, 2 octobre 1797}. A la restauration du culte, nommé succursaliste dans son pays natal (1803). Pension : 210 fr.

Cf. Arch. de THérault, L. 443.

CADORET {Pierre),

prêtre prébende à Saini-Aphrodise de Béziers dès l'année 1766. Sa penpension arrêtée a : 1194 1- 4 s. 4 d.

Dénoncé au District de Béziers comme tenant chez lui des assemblées nocturnes et fanatiques (15 janvier 1793). Le pauvre ! Il était aveugle et perclus de goutte, ne quittant le lit que pour s'immobiliser dans un fauteuil ! Sommé de se rendre à la Maison de Réclusion à Montpellier, on fit valoir pour lui son état de caducité, constaté par les certificats de deux médecins. Le District accorda un sursis ^27 janvier 179 3J. On revint cependant bientôt sur cet acte de justice et d'humanité; de nouveau sur l'ordre de l'Administration municipale, deux officiers de santé se présentèrent ttbez le vieillard infirme pour examiner s'il n'y avait pas possibilité de* l'expédier sous les verrous. Vérification faite, ils déclarèrent que l'exbénificier Cadoret ne pouvait être transporté sans danger. Sur ce, l'Administration décida qu'il resterait en réclusion chez lui, jusqu'au moment

où il serait possible de Tenvoyer à Montpellier. On lui permettait en outre de recevoir dans son appartement les personnes dont il aurait besoin pour le soigner (i2 frimaire an IV, 3 décembre 1795). Deux ans plus tard, on revenait à la charge et on voulait encore une fois obliger ce malheureux à se rendre à la Maison de Réclusion. Cadoret demanda qu'on voulût bien le laisser reclus dans son propre domicile, à Béziers. On y consentit^ mais toujours la permission n'était que provisoire (19 vendémiatre an VI, 10 octobre I797\ Cf. Arch. de l'Hérault, LIH M4.

CAIZERGUES de LABEUME [Antoine-Victor),

né le 13 juillet 1764, ancien bénéficier à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, fut un des signataires de la fameuse lettre du chapitre de cet église à Mgr de Nicolay, en 1790. Il refusa le serment et se cacha. Ayant été signalé à l'attention du Pouvoir exécutif, il avait été dénoncé au Directoire du District de Béziers, comme tenant des assemblées nocturnes et fanatisant les esprits (15 janvier 1793). Sous le Consulat, il était qualifié de « vicaire à St-Jean de Buèges, réfractaire ».

Le 19 prairial an IX (8 juin 1801), le maire du Causse-de-la-Selle écrit à son sujet au préfet de l'Hérault : « Caizergues, prêtre soumis, qui fait fonction de ministre du culte, s'est permis de sortir de l'enceinte du temple, accompagné de la populace et des Pénitents décorés du sac, malgré les prescriptions de la loi. » C'était le jour de la fête locale. Cette dénonciation n'eut pas de suite, que nous sachions, et nous retrouvons, quelques jours après (29 juin), le hardi prêtre réfractaire, mais protégé par sa promesse de fidélité, célébrant la messe dans la chapelle de Notre-Dame-du-Suc, en présence des Pénitents de La Roque- Aynier.

En 1807, il étend son administration et prodigue ses soins a\ix paroisses de Saint-Jean et Saint-André de Buèges et de PégairoUes.

rV. Les Martyrs et Confesseurs de la b'oi. Traitement 500 fr. avec une pension de 266 fr. 66 c. Décédé le 30 mars

Cf. Arclî. l'Hérault, L. 443 ; et V, Police (fti culte. — F. Saurel, Hist, reîig,(fu (fe'pail. (fe VHérault, III, 204 ; — Arch. de TEvêché, Reg. des Déch. — Voir l'Article Raymond

CALAGE (Jean-Pierre) y

de Montpellier, prêtre réfractaire, resta longtemps caché à Montpellier même, où il brava tous les périls, pour administrer les sacrements aux fidèles. Travesti en marchand de parapluies, il alla plus d'une fois porter aux mourants les derniers secours de la Religion. Malgré les précautions dont l'environnait sa famille, son zèle le désignant aux recherches, il lui fallut enfin quitter sa ville natale et fuir en Espagne. A Perpignan, on l'arrêta avec un de ses amis, Tabbé Coste, pour les amener à Montpellier, où fonctionnait encore la guillotine.

Tous deux n'échappèrent à la mort que grâce au dévouement et au courage de quelques habitants de Cournon terrai, qui délivièrent au passage M. Costej leur ancien curé. Tout se fit en peu d'instants. « Descendez vite, commande un des paysans à M. Coste. » Celui-ci, tout en obéissant, se retourne vers son compagnon. « Adieu, Calage, et bon courage !» — Y a-t-il encore quelqu'un dans la voiture ? — Oui, un prêtre de mes amis. — Eh ! qu'il descende aussi ! » Les deux ecclésiastiques soustraits à leur gardien, furent tenus cachés pendant quinze jours dans les dépendances du four du village. Le 9 thermidor, les délivra des poursuites et des dangers. A la fin de décembre 1800, Calage fit la promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIIL Mgr Rollet l'investit de sa con fiance et lui donna le titre d'aumônier de l'Hôpital Saint-Eloi (24 mars 1805) dont il avait rempli les fonctions et le nomma chanoine honoraire. L'abbé Calage servait souvent de secrétaire à cet évêque et fut honoré de l'amitié de MgrFournier, son successeur immédiat. Il prit sa retraite en 1827 et, frappé d'une attaque d'apoplexie,à l'autel de l'hôpital où il avait

. continué à célébrer tous les jours la sainte messe, il mourut le 22 novem- ' bre 1834.

Cf. L. GuiRAUD, La Paroisse Saint-Denis^ p. 256; — CosTE,FtV de Vahhé Couston; , — F. Saurel, Hist. relig, du T>épart. de V Hérault ^ III, 74.

CAMBACÉRÈS (Etienne-François),

prédicateur distingué et docteur en Sorbonne, était né à Montpellier en 1721, de Jacques Cambacérès, conseiller à la Gourdes comptes et d'Elizabeth du Vidal-Montferrier (paroisse Notre-Dame). Son titre clérical est du 4 mai 1746 (100 livres). Il fut nommé chanoine de la cathédrale de sa ville natale (20 décembre 1754), archidiacre de Castries et de ses dépendances, clerc de chapelle 'ordinaire de Madame la Dauphine (28 décembre 1755), confesseur et prédicateur du duc d'Orléans (26 décembre 1756). En 1757, il prêcha devant Louis XV un sermon où il s'éleva avec une courageuse hardiesse contre les dérèglements dont la cour ellemême donnait l'exemple. Plus tard (1768), il prononça devant l'Académie française un panégyrique de Saint-Louis qui arracha des applaudissements à ses auditeurs, quoique le respect pour le lieu saint eût dû les contenir. On a de lui des Sertnans (3 vol. in- 12), avec un Discours préliminaire^ où les preuves de la Religion sont présentées avec beaucoup de force, de méthode et de clarté. S'il posséda les talents d'un orateur chrétien, il y joignit la pratique des vertus évangéliques. Il mourut le 6 novembre 1802.

Cf. Archives de l'Hérault, fonds de VEvêchi de Montpellier, Reg. des Bénéfices; — Dictionnaires de Feller, de Larousse, de Glaire. — Ordo du diocèse de Montpellier pour

CAMBACÉRÈS (Etienne-Hubert de\

cardinal, archevêque de Rouen, frère de Tarchichancelier, né à Montpellier le II septembre 1736, fut chanoine de cette ville et cultiva les lettres avec quelque succès.

Il refusa le serment à la Constitution civile du clergé, ne prit aucune

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