IV. Les Marlyrs el Confesseurs de la Foi
» A Béziers, le 28 janvier 1793, Tan second de la République. » La réponse du Directoire ne se fit pas attendre. Elle était , ainsi conçue :
« Charreuity prêtre et supérieur du cy-devant Séminaire. Vu la présente pétition. — Ouï le Procureur Syndic : — Le Directoire du District, considéY"ant que le pétitionnaire a été dénoncé plusieurs fois à l'Administration ; qu'il se trouve encore nominativement compris dans la dénonce portée au Directoire; qu'il n'est pas sans reproche et qu'il peut sans danger foire le voyage de Montpellier ; Estime qu'il y a lieu d'exécuter visà-vis de Charreun, prêtre, la loi du 26 aoust dernier, articles 8 et 9. — Fait à Béziers, en séance publique, le 29 janvier 1793, an deuxième de la République française »,
Le vénérable vieillard supporta courageusement les fatigues du transfert et les dures privations d'une longue captivité. De retour à Béziers il reprit ses fonctions de vicaire général. Il résidait alors dans la maison du citoyen Bernard, maçon, à la Promenade, tout près de la porte I Egalité. D'autres prêtres, également réfractaires, remplissaient avec zèle,
; mais dans l'ombre, les fonctions du Saint-Ministère. Ils furent découverts
j et dénoncés à Couzergues, commissaire du Directoire exécutif près
l'Administration du Département, comme « fanatisant les têtes et préparant sourdement le brandon delà guerre civile ».
Le vieux supérieur reçut de nouveau l'ordre de se rendre à la Maison de Réclusion; mais comme il se trouvait dans un affreux état de délabrement, on jugea qu'il était de toute rigueur de prendre l'avis des hommes de l'art. Les médecins Bertrand et Combescure délivrèrent une attestation (Béziers, 12 frimaire an IV, 3 décembre 1793) qui devait entraîner pour le malade la liberté de mourir dans son lit : « Nous, Officiers de santé avons été chez le citoyen Charreun. Nous l'avons examiné avec soin et nous avons trouvé que sa santé était extrêmement délabrée. Ses organes digestifs ne font leurs fonctions que d'une manière très imparfaite, puisqu'il lâche la garderobe sans le sentir et qu'il lâche
.^. iK^wMrii^H
ses urines de même. Cet état d'infirmité dans un homme de 84 ans doit lui annoncer sans cesse qu'il s'approche de sa fin et nous faire juger que l'humanité exige qu'il lui soit accordé une personne pour le soigner habituellement. De plus, si l'Administration est obligée de le faire transporter dans la maison de réclusion, nous estimons qu'il est nécssaire de lui accorder une voiture douce et commode et dans laquelle il se trouve seul ». En effet, l'ancien supérieur du séminaire deBéziers succombait peu après.
(i) Arch. de l'Hérault, LIH M4 et LIH.V4;— Hist. reïig. du Départ, de VHéranU.
CHAUCHON (Pierre-Paul),
prêtre, religieux de Montpellier, enfermé à la Maison de Réclusion pour refus de serment, à l'âge de 73 ans (14 octobre 1797). Deux ans plus tard, quand il s'agissait de transférer les reclus de Montpellier à Béziers, le docteur Broussonnet, médecin de la Maison de Réclusion, déclara que le P. Chauchon était incapable de supporter les fatigues de ce transport. Il souffrait, en effet, de vertiges, d'épilepsie et de rhumatisme goutteux (27 fructidor an VII, 13 septembre 1799). Un nouveau certificat du docteur Broussonnet attestait que l'état de la santé du reclus ne s'était nullement amélioré (14 prairial an VIII, 4 juin 1800.)
Et, malgré toutes les observations du médecin, Chauchon demeura sous les verrous jusqu'au 18 prairial -an VIII, 7 juin 1800. Ce jour-là, rendu enfin à la liberté, on le plaça sous la surveillance de la Municipalité de Montpellier.
Cf. Arch. de THérault, L.
CHAULIAC (Etienne),
prêtre, religieux Cordelier, insermenté, 800 1. -— Né à Montpellier vers 1725, infirme, w se rendra dans les 24 heures à la Maison de Réclusion». Il s'y trouvait le 14 octobre 1797, sept jours après la notification de l'Arrêté du Département, qui fut transmis au ministère de la Police