IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
COU TE (Jean-Pierre),
sous-diacre, chanoine de la cathédrale de Montpellier, avait constamment refusé le serment constitutionnel, malgré toutes les sollicitations dont il avait été Tobjet. Sa pension avait été liquidée à la somme de 2,713 livres 7 sous 6 deniers, qu'il ne toucha peut-être jamais.
Son nom fut inscrit le 47'"° sur la liste des anciens membres des ci-devant chapitres qui n'avaient pas prêté le serment (14 mai 1792) ; mais il n'en continua pas moins à vivre à Montpellier, sous des vêtements laïques. Le 7 nivôse an II (27 décembre 1793), le procureur syndic de Montpellier écrivit au procureur général syndic du département :« Je te donne avis. Citoyen, que. le procureur de la commune de Montpellier m'a informé, hier soir, qu'il avait fait arrêter en cette ville un nommé Jean-Pierre Comte, ci-devant chanoine, âgé de 27 ans, qui a été trouvé déguisé en Sans-culotte. Je viens de charger le procureur de la Commune de le faire traduire dans la Maison de Justice et j'informe de tout l'accusateur public, afin qu'il poursuive le jugement du ci-devant chanoine et lui fasse appliquer, s'il y a lieu, les décrets des 29 et 30 du présent mois» (de décembre 1793).
Et le lendemain, 9 nivôse (29 décembre^, le procureur général répond : (r Je te remercie, Citoyen, de ton attention à m'informer de l'arrestation de Jean-Pierre Comte, ci-devant chanoine. Son déguisement en Sans-culotte ne pouvait le soustraire longtemps à la vigilance des véritables Sans-culottes.» Enlevé de sa demeure et jeté en prison, le jeune chanoine ne se fit pas illusion sur le sort qu'on lui préparait. La veille de son jugement, il pria un prêtre catholique, son compagnon de captivité, de vouloir bien entendre sa confession et s'entretint avec lui de Dieu, une bonne partie de la nuit, afin de se dédommager en quelque manière de la privation de la Sainte-Eucharistie. Conduit ensuite au tribunal et condamné à mourir, le même jour, 13 nivôse an II (2 janvier I794\ il Tut d'abord enfermé dans un cachot, où il ne put revoir son confesseur et marcha bientôt après vers le Peyrou, récemment dénommé
10] l'aNOBN CLERGA du DIOCBSB I» MONTPBLLIBlt.
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Place de la Révolution. Il fut le premier des ecclésiastiques à verser son sang sur la guillotine^ à Montpellier.
Suz^ine Brugière, propriétaire de la maison où il s'était réfugié ne tarda pas à être punie de ce qu'elle n'avait pas dénoncé son locataire et, le 12 pluviôse suivant (13 février), elle fut condamnée à « six ans de détention, avec six heures d'exposition. »
F. Saurel, Cf. Hist. Relig, du déparlement de V Hérault pendant la Revol.y III, 78. — Arch. de l'Hérault, L, 440.
CONVERSET (Joseph-'Benoit),
37 ans, bénéficier à la collégiale de l'Isle (Vaucluse), saisi en vertu d'un arrêté du 17 brumaire an IV, 8 novembre 1795, prévenu d'avoir excité la révolte à Avignon, écroué à la Maison d'Arrêt de Montpellier, le 22 brumaire an IV (13 novembre 1795). Il y était encore le 12 septembre 1796.
COSTASELLE (Jean),
frère Cordelier, reclus à Montpellier.
Cf. Arch. de l'Hérault, ^ww; Reg, des Délib. du District de Montpellier, p. 329, Etat des prêtres reclus (16 germinal an II, 6 avril L794).
COSTE
dernier supérieur du couvent des Dominicains de Notre-Dame de Mougères, né à Caux, en 17 11. Dix ans avant la Révolution, il avait prédit à sa famille qu'il ne mourrait pas dans Faugères; que les religieux sortiraient de leur couvent; que lui-même se préparait au martyre, dont cependant il ne se croyait pas digne. Lorsque furent arrivés les mauvais jours qu'il avait annoncés, le monastère ayant déjà été vendu, il avait facilement obtenu de l'acquéreur la liberté de continuer à l'habiter. Placé sous la surveillance de la Municipalité de Caux, il devait, tous les jours, même avec les plus fortes chaleurs de Tété, se présenter à la Maison