IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
COULOMB {Jean-Louis),
ancien Jésuite. Né vers 173 1, à Montpellier, curé de Nébian, pension : 1.200 livres. Assermenté rétracté. Tenu en réclusion, mais chez lui, à cause de sa cécité à peu près complète (i**" vendémiaire an VI, 22 septembre 1797). Dans la suite, Mgr Fournier lui confia- la direction spirituelle des sœurs de la Miséricorde.
Cf. Arch, de THérault, L, et de l'Evêché. Tableau du Cierge. Trêtres sans emploi dans la ville de Montpellier,
COURT (Jean-Louis),
né à Tourbes vers 1732, déporté d'Agde à Nice (9 août 1792). Rentré, déclaré sujet à la réclusion (6 octobre 1797), fut autorisé à fixer sa résidence à Tourbes et à garder la réclusion dans son propre domicile (7 floréal an VI, 26 avril 1798).
Œ Arch. de THérault, L, 443.
COURT (Joseph- Marie),
né vers 1742, parent ou peut-être même frère puîné du précédent. Déporté, rentré, sujet à la réclusion, à cause non de son âge mais de ses infirmités, prit un passe-port (6 octobre 1797) pour se rendre de Tourbes à la Maison de Réclusion de Montpellier.
Cf. Arch. de l'Hérauh, L, 443.
COUSIN T>E GRAIN VILLE (Gmllaume''Balthaiar),
chanoine de la cathédrale de Montpellier, vicaire général, vice-chancelier de rUnîversité de Montpellier, accompagnait assez habituellement M. de Malide dans ses visites pastorales. Il refusa le serment. Sa pension réglée à 4.138 1. 7 s. 6 d.. Nommé à l'Evêché de Cahors (21 juillet 1802), préconisé (21 août 1802). Le 25 août 18 16, un nouveau Concordat devait augmenter le nombre des Evêchés en France. Pour faciliter Texécution
IJ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
de cette mesure, le Gouvernement, par Tintermédiaire du Grand-Aumônier, demanda leur démissionna tous les Evêques du royaume. Mgr Cousin de Grainville pensa que ce n'était pas à l'autorité civile de prendre l'initiative, mais au Souverain Pontife. Voici, en effet ce qu'il écrivait, de Paris à MgrFournier, sous la date du 20 octobre :
«... Cette lettre (du Grand-Aumônier), Monseigneur, a dû vous paraître d'une extrême faiblesse,quant aux motifs- sur lesquels est appuyée la demande de nos démissions... Quel serait le butd^une pareille opération ? Voudrait-on regarder le Concordat comme un acte radicalement nul et, par une suite naturelle, nous imprimer une tâche d'intrusion ? Nous devons, ce me semble, à l'honneur du Saint-Siège, à nous-mêmes, à la tranquillité des consciences, d'attendre que le Pape prononce et nous demande lui-même nos démissions, s'il voit cette mesure nécessaire...» On sait que la convention du 23 août 18 16 ne fut point mise à exécution. On la remplaça parle nouveau Concordat du ii juin 1817.
Mgr Cousin de Grainville mourut le 2 mars 1828,
Cf. Gams, Séries Episcoporum à J3. Petro, — F. Saurel, M.-iV. Fournier.
COUSTOU {Tierre-FrançoiS'Xavier),
vicaire général, né à Montpellier, sur la paroisse Saint-Pierre, rue du Saint-Sacrement, d'une famille justement estimée à cause de sa piété. Il était fils du peintre Jean Coustou (l'élève de Vien et le premier maître de F.-X.-P. Fabre, le fondateur du Musée de Montpellier) et de Jeanne Manen et arrière-petit-neveu du sculpteur Nicolas Coustou. Il fut baptisé le lendemain de sa naissance par le frère de sa mère, l'abbé Manen, lequel n'était encore que diacre. Il fit ses études au collège royal de Montpellier, reçut le grade de maître ès-arts à l'âge de seize ans, et prit l'habit ecclésiastique deux ans après (29 janvier 1778). On le désigna pour faire le catéchisme aux enfants de Saint-Denis, paroisse dirigée par son oncle Manen (1780). Il était bachelier en théologie, en juillet 1781. Son titre clérical porte la date du 19 avril 1782. Au mois de mars 1784,
rV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi.
il recevait la prêtrise et au mois de juin de la même année, il était envoyé à Saint-Denis, pour servir de vicaire à Tabbé Manen. M. Boyer et l'austère M. Baissier, ses anciens maîtres du séminaire, qui le connaissaient à fond, savaient qu'on pouvait compter sur lui dans l'exercice du Saint-ministère et lui appliquaient le mot de saint Grégoire parlant de saint Basile: « Il est prêtre avant d'être prêtre »y c'est-à-dire qu'il possédait d'après eux les vertus du sacerdoce avant même d'avoir reçu l'imposition des mains.
Suivant les conseils de M. de Fumel, qui l'avait entendu prêcher à Lodève le panégyrique de saint Fulcran, il fit de la-prédication une de ses occupations favorites, et obtint en chaire les plus encourageants succès. Son talent était du reste secondé par des traits doux et nobles, une manière de dire aisée, une voix pleine et sonore, un ton pénétré, annonçant la conviction profonde des vérités qu'il prêchait.
Dans les assemblées de la sénéchaussée de Montpellier, il ne contribua pas peu, par sa présence d'esprit, à faire tomber le choix des électeurs sur Mgr de Malide.
Vint ensuite le décret relatif à la Constitution civile du Clergé et l'obligation imposée à tout prêtre, fonctionnaire public, 4e prêter le serment. L'abbé Coustou s'y refusa, comme un grand nombre d'autres prêtres, et se vit bientôt contraint, de concert avec l'abbé Manen, son oncle, de quitter la paroisse Saint-Denis et de fuir avec lui en Espagne (voir l'article !Kanen), Ils firent ensemble le pèlerinage de Notre-Dame de Mont-Serrat, puis se rendirent à Olot, dans le diocèse de Girone. Etant à Villafranca de Panades, l'abbé Coustou compta parmi ses élèves les fils du gouverneur, ceux de quelques autres notables et les ofiiciers du régiment des Dragons du roi.
Un calme relatif semblant s'établir en France, sous le Directoire, l'oncle et le neveu revinrent à Montpellier ; mais devant l'application rigoureuse de la loi du 28 septembre 1795, ils repartirent (le 23 vendémiaire an VI, 14 octobre 1797) pour TEspagne, où ils restèrent jusqu'à
la fin de novembre 1800. Ils purent enfin revenir à Montpellier où le culte catholique s'exerçait avec assez de liberté. Ils firent tous deux la promesse de fidélité à la constitution de l'an VIII, le jeudi 20 décembre et turent en cela approuvés par Mgr de Malide.
L'Abbé Coustou se mit alors à la tète d'une société d'actionnaires, acheta l'ancienne église des Pères Augustins et y célébra les offices (i**" janvier 1801). Après le 18 brumaire (9 novembre 1801), il fit le voyage de Paris et vécut avec une sorte d'intimité avec Chaptal et Cambarérès, pendant qu'on préparait le Concordat. Rassuré sur l'avenir de la Religion, il quitta la capitale'vers la fin du mois de septembre et, quinze jours après il reprit auprès de son oncle les fonctions de vicaire. Pendant le Carême de 1802, il prêcha la station à Saint-Denis et le fit avec une telle ardeur et si souvent, qu'il tomba malade. Il n'était pas encore mûr pour le ciiel et Dieu lui rendit la santé dont il savait faire un si bel usage.
Il était à peine remis qu'il apprit que Mgr Rollet, le nouvel Evèque de Montpellier, était dans l'intention de le nommer son grand- vicaire. Il écrivit à son ami Chaptal, ministre de l'Intérieur, d'intervenir auprès de ce prélat pour l'engager à porter son choix sur un autre ecclésiastique. Cette démarche demeura sans efl"et, et Mgr Rollet, arrivant à Montpellier le 2 décembre 1802, lui déclara que sa détermination était irré/ocable.
L'abbé Coustou dût se soumettre, 6 décembre 1802 ; mais la charge était lourde. Il se trouva placé à la tête de la partie du diocèse formée par le département de l'Hérault, ayant pour collègue l'abbé Boyer d'Anti pour le département du Tarn. Il traça la circonscription des paroisses, aidé dans ce travail par M. J.-P. Thomas, architecte du département; entravé par les prêtres dits Constitutionnels, et par ceux de la petite église, connus sous le nom de Purs. 11 accompagna TEvêque dans ses visites et exerça sur son esprit une grande influence pour le bien du diocèse. Après le départ de ce prélat, appelé par la volonté de Napoléon à faire partie du chapitre de Saint-Denis, Coustou prit possession du siège de Montpellier pour Mgr Fournier (le 23 décembre 1806) et était appelé
rV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi.
par ce prélat, à remplir les fonctions de vicaire général, il fut maintenu dans ces fonctions jusqu'à la fin de ses jours, soit sous Tépiscopat de Mgr Fournier, soit sous celui de Mgr Thibault (i 6 septembre 1835), soit encore pendant la vacance du siège qui suivit la mort de Mgr Fournier. (3 janvier 1835^.
Coustou prêcha le carême de 1808 à la cathédrale avec le plus grand succès. Il voulait faire don à l'œuvre de cette église du produit de ses fatigues. Le chapitre délibéra à l'unanimité de députer deux de ses membres à M. Coustou et de lui offrir le juste tribut de ses remerciements et de sa reconnaissance. Les membres de la fabrique furent aussi invités par le chapitre à reconnaître la générosité du prédicateur, en lui offrant un présent convenable.
Il s'occupa d'une façon toute particulière des dames religieuses de Saint-Maur, de Sainte-Ursule et de la Congrégation des jeunes filles ouvrières. Il refusa Tévèché de Grenoble et celui de Montpellier (après la mort de Mgr Fournier), et mourut à Montpellier le 9 novembre 1844, dans la 85" année de son âge. Il était chevalier de la Légion d'honneur.
« Homme de bien, orné de toutes les vertus, remarquable par sa tendre et aimable piété, guide éclairé dans la voie difficile du salut, charitable et excellent pasteur des brebis de Jésus-Christ, puissant par sa parole, ses œuvres, ses exemples ; d'un génie éminent, d'une éloquence rare, défenseur infatigable de la Foi catholique, aussi tendre pour les pauvres que dur pour lui-même ; l'honneur et l'amour de tout le diocèse. Il refusa l'Evêché de Grenoble auquel une volonté royale l'avait appelé » . (Voir son épitaphe dans la vie de M. Coustou, par l'abbé Coste, p. 437).
Cf. Arch. municip. de Montpellier, P. 5. — Coste, Vie de Vàbhé Coustou. — FauciLLON, Paroisse Saint-Denis; — L. Guiraud, Paroisse Saint-*Denis ; — P. Delbrel, Le CJergi^ Français réfugié en Espagne pendant la RévoMion\ — Arch. de TEvéché.
COUSTOU [Etienne),
prêtre de Caux, déporté d'Agde à Nice, le 12 août 1792, à l'âge de 50 ans.
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
En 1803, succursaliste à Babeau, et en 1808, succursaliste à Saint- Chinian.
COUTOULY (Tierre),
prêtre de Béziers, du chapitre Saint-Nazaire, refusa le serment, pension 11.15 1. 14 s. Déporté d'Agde à Nice, le 7 septembre 1792.
Rentré en France et infirme, demeura en réclusion chez sa sœur, à Béziers (23 pluviôse an VI, 11 février 17^8).
CRASTIGNAC ("Pierre- Jacques),
né à Agde le 13 aoûî 1752, était attaché au Chapitre cathédral de cette ville lorsqu'il refusa le serment. Sa pension fut arrêtée à la somme de 845 1. 3. s. 3 d.
Il partit de son pays natal le 8 août 1792, et se rendit d'abord à Nice, puis à Viterbe. Son père lui faisait tenir de l'argent pour son entretien. Il fallut du temps pour que ces secours pécuniaires arrivassent à leur destination ; mais ils arrivèrent enfin, comme nous le voyons par une lettre écrite par l'abbé Crastignac à son père et datée du 6 août 1796. Cette lettre, interceptée par la police, fut envoyée au ministre Cochon qui s'empressa de donner dans le département de l'Hérault des instructions énergiques pour empêcher de nouveaux envois d'argent. On lui répondit que le père Crastignac était mort et qu'il ne restait à l'abbé que sa mère et une soeur qui vivaient d'une manière très retirée et étaient incapables d'entretenir une correspondance suspecte (15 nivôse an V, 4 janvier 1797). Peu après, Crastignac rentrait en France. Il se trouvait à Agde lors de la publication de la loi du 19 fructidor an V, (5 septembre 1797)..
Le 3 décembre 1800, se tenant caché à Béziers, il écrit à Tabbé de Gohin, vicaire général apostolique d'Agde : « Les vicaires généraux de Béziers ne sont nullement dans l'intention de faire la promesse de fidélité. Beaucoup de prêtres ne sont pas de cet avis ». Quant à Crastignac,
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décidé à accepter la paroisse de Vias, il est dans rintention de faire la promesse, parce qu'elle lui paraît ne rien renfermer de mauvais. Le grand-vicaire lui répond : « Je vais suivre leur exemple ou le leur donner ; car plusieurs attendent que j'aie fait ce que je leur ai conseillé de faire ». En effet, Cratignac se soumit à la formule de promesse et accepta la succursale de Vias, 1803, estimé de tous. Il mourut à Vias le 2 septembre 1823, à l'âge de 71 ans. Il touchait une pension de 266 fr. 66 c.
Cf. Ms. de l'abbé de Gohin, p. 118 et Correspofidattce de Vahhé de Gohin avec Vahhé de Crastignac, aux Arch. de TEvêché. — Arch. de THérault. — Ordopour i8oy et 1824. — Arch. de TEvêché ; Reg. des Décès.
CRÉBASSA'LA'BRANCHE (Jacques-Joseph) ,
chanoine de Lodève, déporté d'Agde à Nice le 19 août 1792, âgé de 5 1 ans. Etant de retour à Lodève, il reconnaissait Mgr Rollet pour évoque légitime (13 messidor an X, 2 juillet 1802). Il était nommé succursaliste à Lauroux (canton de Lodève), en 1803.
CRESPIN (Jean-Antoine),
né à Montpellier le 7 mars 1755, chanoine de la cathédrale, nommé commissaire régénérateur, au conseil permanent chargé de veiller aux intérêts de la cité (21 juillet 1790).
Après la Révolution, vicaire, puis succursaliste à Saint-Roch de Montpellier, en remplacement de Tabbé Félix, transféré à la paroisse Saint-Pierre.
Décédé le 26 septembre 1824. Mgr Fournier lui reconnaissait « des talents distingués».
Cf. Arch. de l'Evêché, Reg. des "Décès. — F. Saurel, Hist, relig. du Départ, de V Hérault.
CROSLAFONT,
né et domicilié à Montpellier, insermenté, embarqué à Aiguemortes pour la déportation. ,
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
CROUZET (Joseph),
chanoine de la cathédrale de Lodève, était né dans cette ville vers 1727. Après avoir refusé le serment, il passa deux ans en réclusion à Montpellier et en sortit sur l'autorisation du représentant du peuple Girot- Pouzol. A partir de ce moment il se tint caché, changeant souvent de domicile, à Lodève, à Béziers et dans d'autres communes du département de l'Hérault, exerçant les fonctions ecclésiastiques. Bien qu'il le fit d'une manière secrète, sa présence à Lodève et sa conduite étant connues, l'Administration municipale autorisa le commissaire de police à faire des perquisitions dans la maison d'un nommé Teisserenc, médecin. Le commissaire, accompagné d'un détachement de quatre hommes, appartenant à la 74' demi-brigade, se rend dans la maison indiquée, pour y arrêter le chanoine Crouzet (30 ventôse an Vil, 20 mars 1799). Il trouve celui-ci assis auprès du feu avec sa mère et un enfant. Il l'arrête et lui enjoint de le suivre ; ce qu'il fait. Pendant qu'on le conduit à la Maison de Détention (l'ancien évêché), le commissaire lui observe qu'il a tort d'exercer des cérémonies religieuses au mépris de la loi et de condamner -par là la conduite des prêtres dits Constitutionnels. Il répond : « Tous les actes de Religion que font les prêtres Constitutionnels sont autant de sacrilèges )>. Ordre à la gendarmerie de le conduire à la Maison d'Arrêt de Montpellier et de là à la Maison de Réclusion, avec les secours que la loi lui accorde, comme étant dépourvu de tout moyen d'existence.
Après la Révolution, curé d'Olonzac, chanoine honoraire, décédé le 9 septembre 183 1.
Cf. Arch. de l'Hérault, 6 germinal an VII, 26 mars 1799. — Arch. de TEvêché. Reg. des Décès.
CROUZILLAC (Gabriel),
prêtre de Cazouls, curé de Maureilhan, insermenté. 500 1. Déporté d'Agde à Nice, le ïi septembre 1792, âgé de 72 ans.
Après sa rentrée en France, on le sommait d'avoir à se rendre à