‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 152 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la boL · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la boL

Montpellier, dans la Maison de Réclusion. Il fit valoir son âge et ses infirmités (ii vendémiaire an VI, 2 octobre 1797).

CROZALS (J^n),

Bénédictin, né à Alignan, sous-directeur de l'école de Sorèze. A la Révolution, il rentra dans sa famille, puis s'embarqua à Agde pour Nice et arriva non sans avoir couru de grands dangers à Turin. La plus cordiale hospitalité l'attendait chez le prince de Carignan, ancien élève de Sorèze, qui le fit entrer comme précepteur dans la maison de l'ambassadeur de Portugal.

Il devint dans la suite directeur de la maison de Sorèze et mourut à Alignan-du-Vent, le 27 août 1829, à l'âge de 83 ans.

Cf. Ordo pour 1830.

CUGIS (Jean-^aptiste-Guillautne de\

prêtre, chanoine de la cathédrale d'Agde, dit le chanoine à Nemare, né le 17 novembre 1724, au Bausset, diocèse de Marseille. Après avoir donné dans son enfance et sa première jeunesse les espérances les plus flatteuses, il se fit distinguer par M. de Rochefort du Bausset, dont la famille jouissait de la seigneurie du Bausset et en portait le nom. Cet ecclésiastique n'était alors que chanoine de la métropole d'Aix et vicaire général du diocèse. Frappé des dispositions naissantes de cet enfant, il en prit un soin tout particulier. Celui-ci profita merveilleusement de cette bienveillance paternelle. Son caractère doux et aimable, ainsi que ses progrès sensibles dans les sciences ecclésiastiques le firent successivement promouvoir à tous les ordres, jusqu'à la prêtrise inclusivement. M. de Rochefort, ravi d'avoir si bien placé son estime, fut à peine nommé à l'évêché de Béziers qu'il s'empressa de s'attacher le jeune abbé, en le choisissant pour son secrétaire, l'ayant toujours chez lui et à sa table. Dès qu'il le prit, il lui donna un bénéfice dans son église cathédrale et un prieuré simple d'un « agréable revenu ». Ce furent les seules

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

ressources de M. de Cugis lorsque, après nombre d'années, il eut la douleur de perdre ce digne évêque. Privé de son protecteur, il rendit à Mgr de Nicolay, son successeur, tous les services qui étaient en son pouvoir, puis il échangea son prieuré contre un des meilleurs canonicats de la cathédrale. Cette permutation fut vue de bon œil soit par Mgr de Saint- Simon, soit par le chapitre, bien que Tabbé de Cugis se trouvât dans un état maladif- ; (Il était devenu sujet à des vertiges).

A la suppression du chapitre d'Agde, Tabbé fut porté pour une pension de 1918 1. 18 s. 3 d. ; mais comme il refusa le serment schismatique, il devenait, à raison de son âge, sujet à la réclusion. Il ne voulut pourtant pas séparer sa cause de celle des autres membres du clergé d'Agde et, sans se préoccuper des dangers que pourrait courir sa santé, il s'empressa de partir pour la terre étrangère, emmenant avec lui un serviteur dont les soins lui étaient nécessaires. Dans les premiers jours du mois de septembre 1792, il s'embarqua pour Gênes, où il arriva après une courte traversée. Ses compagnons se 'dispersèrent en peu de jours, pour s'éloigner des troupes françaises qui marchaient vers Gênes. Les prêtres d'Agde se retirèrent à Bologne, à Lorette et en d'autres lieux plus enfoncés de l'Italie. M. de Cugis et quelques autres membres du clergé agathois se rendirent à Rome où ils furent accueillis avec bienveillance. M. de Cugis ne pouvait se lasser de parcourir les sanctuaires chers à la piété dont cette ville est remplie. Ses infirmités étaient impuissantes à l'empêcher de prendre part à toutes les cérémonies ou prières publiques. Après avoir lui-même célébré la messe, il suivait les supplications ordonnées par le Pape pour la paix de l'Eglise et le rétablissement de la Religion en France.

Le jour de Noël 1792, après avoir dit la messe de bonne heure, il se disposait à aller prier et s'édifier en assistant à la célébration de cette grande solennité, lorsque le souverain Maître de la vie mit fin à la sienne, par une attaque d'apoplexie foudroyante qui, bien que de courte durée, permit d'appeler les secours spirituels. Les plus habiles médecins

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