‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 163 sur 324 · DENIS · texte numérisé non relu

DENIS

né à Bessan, fut élevé à la prêtrise par l'Evêque d'Agde (Saint-Simon) et nommé vicaire à Cette, avec l'abbé Gourgon. Il faisait beaucoup de

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,

bien dans la ville par l'activité de son zèle, ses talents et la douceur de son caractère. Il accepta dans la suite, la cure de Combaillaux,au diocèse de Montpellier, et l'administra sagement durant quelques années.

Il refusa le serment et regretté des ses paroissiens quitta le territoire français. Il s'était embarqué, avec plusieurs autres prêtres français, à Aigues-Mortes pour Nice, le 6 août 1792, lorsque on eut vent que Téquipage de la tartane sur laquelle ils étaient montés, avait résolu de les dépouiller quand ils seraient en mer. Les magistrats, instruits un peu tard du complot, cherchèrent à enrayer ces machinations et les passagers n^eurent pour le moment, d'autre désagrément que vingt-quatre-heures de retard. Quand à l'abbé Denis, dégoûté de la tartane agathoise et de son équipage, il reprit ses effets et se rendit à Nice par la voie déterre. Les faits prouvèrent qu'il avait sagement agi, car les malheureux déportés furent bel et bien dépouillés de leur argent, par de soi-disant corsaires, qui n'étaient autres que les gens du bateau. Il prit avec l'abbé Méjean, vicaire à Saint-Denis, de Montpellier, la route de Lyon, où ce dernier éprouva des désagréments (Voir l'article Méjean^ puis, ils se rendirent à Turin, où ils se réunirent à l'abbé Gourgon et à quelques autres prêtres. Sans s'arrêter longtemps à Bologne et à Lorette, ils arrivèrent enfin à Macérata, ville des Etats Pontificaux, où la dislocation de la bande des déportés eut lieu. Denis et ses deux grands amis Méjean et Gourgon obtinrent de ne pas être séparés. Ils furent tous trois reçus dans le couvent des Barnabites appelé le Collège^ parce que ces religieux sont clercs réguliers. Il ne rentra en France qu'en 1797. Sa rentrée parvint à la connaissance de la police par une lettre interceptée à la poste : elle était de Tabbé Gourgon et disait que Denis avait pour le moment fixé son domicile dans les environs de Cette {Lettre du Ministre Cochon au commissaire du T)irectoire exécutif près le Département de r Hérault (25 ventôse an V, 15 mars 1797).

Redevenu libre de ses mouvements, r abbé Denis se rendit à Montpellier, où il ouvrit un oratoire, devenu bientôt trop étroit pour la foule

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