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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

l'Eglise Saint-Pierre Cathédrale » (i6 mars 1810}. Il faisait déjà parti du Chapitre comme chanoine titulaire, depuis le 1 5 novembre de Tannée précédente.

Cf. Arch. de l*Hérault, LIH ; — Ordo pour 1807 et 1825.

FELLETIN {Jean- Joseph),

prêtre hebdomadier au chapitre d'Agde, né à Toulouse le 24 février 1732, fils d'un chirurgien de cette dernière ville, donna de bonne heure de grandes espérances, tant par sa piété que par son intelligence. L'archevêque de cette ville le reçut dans son séminaire et l'éleva aux saints ordres. M. de .Carrêre, président au Parlement de Toulouse, qui connaissait et affectionnait le jeune prêtre, le présenta à son ami Mgr de Charleval, évêque d'Agde. Le prélat, estimateur du vrai mérite, l'attira dans son diocèse et l'attacha au chapitre, en lui procurant le bénéfice d'hebdomadier des morts.

A la Révolution sa pension fui arrêtée à 1327 livres 7 sous 6 deniers. Il refusa le serment et malgré sa santé, fort délabrée par de fréquents crachements de sang, il s'embarqua le 8 août 1792 pour Nice, avec une cinquantaine d'autres ecclésiastiques. C'était pitié de voir ce pauvre malade, monté sur un âne, se rendre au navire qui devait le déporter. Obligé bientôt de fuir devant l'invasion française (28 septem-. bre 1792), il parcourut avec beaucoup de fatigue une distance d'une quarantaine de lieues, privé de toute ressource. Il finit par être accueilli dans une masure isolée, habitée par une femme chrétienne.

Après quelques jours de repos, craignant d'être à charge à sa charitable hôtesse, il partit pour Turin, monté sur le cheval de cette femme et accompagné d'un soldat piémontais, en armes, qui devait lui servir de guide et ramener la monture à sa propriétaire. Une fois engagé dans les montagnes, le guide, cédant à un mauvais penchant, veut enlever son petit pécule au pauvre fugitif. Il le menace de son fusil dont il presse la baïonnette sur la gorge de l'abbé Felletin et ne la retire que

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L'Ancien Clergé du Diocèse de MonipeJier.

lorsqu'il tient dans sa main la modeste somme d'argent convoitée par lui. Puis, il abandonne sa victime en un quartier désert et revient tranquillement à la masure hospitalière sur le cheval prêté. Par bonheur, rhebdomadier d'Agde n'était plus à une grande distance de Turin. II put, tremblant encore d'émotion et n'ayant plus absolument aucune ressource, atteindre cette ville.

Ses compagnons d'infortune, qui l'avaient précédé, l'accueillirent avec tous les empressements de la charité et partagèrent avec lui ce qui leur restait des débris de leur fortune, et la comtesse d'Artois qui s'était retirée depuis quelque temps auprès du roi de Sardaigne, son père, vint généreusement à son aide; mais les armées françaises menaçaient Turin; les pauvres prêtres déportés se virent obligés h prendre de nouveau la fuite et de se disperser.

L'abbé Felletin se fixa dans la ville appelée Massa, dépendant de TEvêché de Todi . On lui désigna pour demeure la maison des Frères du Tiers-Ordre, qui étaient eux-mêmes très pauvres, et si pauvres que malgré leur bonne volonté, ils ne purent le loger que dans une de leurs cellules, dont tout l'ameublement consistait en un lit, sans même une mauvaise chaise. Ce fut laque le cardinal Maury ne tarda pas à l'honorer de sa visite. A la première entrevue, qui dura trois heures, le prélat ne . voyant aucun siège, s'installa sur le lit à côté du pauvre prêtre, et comme il devait revenir plusieurs fois (et il y revint en effet), un fauteuil compléta le mobilier de la cellule.

La vie austère et pénitente des Frères du Tiers-Ordre,, qui pratiquaient l'abstinence perpétuelle, ne pouvait s'accorder avec le régime substantiel recommandé au malade. Dans une petite promenade qu'il fiiisait à pied avec un prêtre déporté (du diocèse de Carcassonne), celuici s'aperçut que l'abbé Felletin balbutiait et perdait connaissance. C'était le commencement d'une attaque d'apoplexie. Ramené au couvent, on le mit au lit ; c'était, le 5 janvier 1797. Il succomba dans la nuit du 9 au 10 du même mois, à l'âge de 65 ans accomplis. Ses dernières paroles,

rV. Les Martyrs et Confesseurs de la tm.

prononcées après la réception des sacrements, furent celles-ci : « Dieu soit béni et loué en tout td, L'Ancien hebdomadier d'Agde avait eu le courage de pratiquer le détachement effectif de tous les biens et de toutes les satisfactions de ce monde.

Cf. Ms de Tabbé de Gohin, p. io8 ; — Ms de Tabbé Gourgon.

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