‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 185 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

GAZEL [xAntohie-FrançoiS'Sébasîicfî^ ,

né le 17 septembre 1748, curé de LaSalvetat, avait prêté le serment constitutionnel ; mais lorsque le Comité de législation eut déchré que « la Constitution civile du Clergé n'était plus une loi de la République », il se crut dégagé de sa parole et déclara dans une assemblée religieuse qu'il renonçait à la Constitution civile, rétracta le serment prescrit par elle et, devant la Municipalité de La Salvetat et fit la déclaration prescrite par la loi du II vendémiaire an V (2 octobre I796\ Dans ces conditions, l'Administration municipale ne pensa pas devoir assimiler le curé Gazel aux prêtres refractaires, d'autant plus que sa rétractation ayant été faite de vive voix et non par écrit, n'avait pas à leurs yeux un caractère officiel. Tel ne fut point le sentiment des Administrateurs du Département ; ils donnèrent en effet l'ordre d'arrêter le rétractant et de le conduire à Montpellier. Des visites et de minutieuses recherches opérées à son domicile n'amenèrent aucun résultat; Gazel qu'on voulait, averti à temps sans doute par quelque membre de la Commission municipale, avait trouvé le moyen de s'y soustraire (10 floréal an IV, 29 avril 1796}. Sa présence était néanmoins signalée à La Salvetat, le 10 vendémiaire an W [i^' octobre 1799).

Après la Révolution, il reprit la direction de son ancienne paroisse et décéda le 29 août 1823, à Tige de 73 ans. Il touchait une pension de 266 fr. 66 c.

Cf. Arch. de THérauli, L 443. — Arch. de l'Evèché, Re^r. des Décès. — F. Saurkl, Hist. relig. du de'partcwent de V Hérault, III, 263.

GELLY (Jean-Fratjçois'iXarie),

né de 1756 à 1737. Ancien vicaire de la Magdeleine, à Béziers. Lorsque la loi sur la Constitution civile du clergé le soumit comme fonctionnaire public au serment, il se réfugia dans la commune d'Alignan, où il resta caché. Après avoir été déporté d'Agde à Nice (11 septembre t793), étant âgé de 36 ans, il rentra à Alignan, puis revint à Béziers avant le 18 fruc-

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

tidor et y resta caché jusqu'au moment où il fut arrêté, pour être conduit à Montpellier. Comme il devait coucher à Pézenas dans la nuit du 14 ail 15 nivôse an VI (3 et 4 janvier 1798), l'Administration municipale de cette ville reçut avis qu'il y avait eu dans la commune de Béziers « une partie liée » pour délivrer Gelly. Afin d'empêcher l'enlèvement de ce prisonnier, on le fit accompagner par des gendarmes et par quarante volontaires en activité. Comme l'escorte arrivait près de Montagnac elle vit des hommes armés qui se retirèrent sans avoir osé l'attaquer. Vu son âge, Gelly était soumis à la déportation ; mais à raison de l'état d'infirmités dans lequel il se trouvait, on ordonna qu'il serait enfermé dans la Maison de Justice. Accablé par ses infirmités qu'aggravait le séjour de la prison et le régime qu'on y suivait, Gelly demanda sa sortie et sa mise en surveillance (9 ventôse an VIII, 28 février 1800), ce qui lui fut accordé peu de jours après.

GÉRAUD (Jean),

chanoine de Lodève, déporté rentré, sujet à la réclusion. L'Administration communale donna Tordre de l'arrêter. Les agents chargés de cette opération favorisèrent sa fuite et, pour ce motif, furent suspendus de leurs fonctions.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 442 et 443 (Lodève, 9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797) ; et Lettre du ministre de la 'Police générale du 6 floréal an VI, 25 avril 1798.

GERVAIS (Frédéric),

né le II juillet 1753, àClaret, paroisse qui dépendait à cette époque du diocèçe de Nîmes. Il se déporta en Espagne, avec son frère dont nous allons parler dans l'article suivant. A son retour, il devint d'abord desservant à Prades et puis à Pignan. Il touchait une pension de 266 fr. 66 c. U mourut à Pignan le 13 octobre 1822, après une administration qui avait duré 21 ans, laissant le souvenir d'un prêtre éloquent et érudit.

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