IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
GERVAIS (Jean-Taptisie),
né à Claret le 3 avril 1761, frère puiné du précédent. Il était attaché au clergé de la paroisse Sainte-Perpetue, à Nîmes, lorsqu'on demanda le serment constitutionnel. Il le refusa comme avait fait son frère et continua tant que la chose lui fut possible d'exercer le saint ministère. Un jour, des gendarmes, lancés à sa poursuite, envahirent le presbytère. Pour leur échapper, il sauta par une fenêtre dans un jardin attenant à cette maison. Le jardinier, témoin de sa fuite, était protestant, mais honnête homme et connu du vicaire. Il le fit disparaître, lui prêta des vêtements de travail et, la nuit venue, le fit accompagner par ses enfants jusque en dehors de la ville. Une fois en possession de la clef des champs, l'abbé déguisé en jardinier prit la route de Sommières et marcha jusqu'à une maison de Fontanès cù demeurait une de ses parentes. Il séjourna quelque temps dans cet asile hospitalier et, protégé par l'affection vigilante de sa famille et de ses amis, il put y exercer en secret le ministère sacerdotal. Mais sa retraite ne put longtemps demeurer inconnue. L'abbé prit alors la résolution de s'expatrier. Il partit pour l'Espagne, en compagnie de Frédéric, son frère aîné. Ils y demeurèrent jusqu'au rétablissement du culte en France, remplissant, pour vivre, les fonctions de précepteurs.
A son retour, Mgr RoUet le nomma desservant à Lavacquerie et Sauteyrargues, le chargeant en même temps des succursales de Lauret et Aleyrac. Il recevait une pension de 26e fr. 66 c. Il mourut le 30 juillet 1838, à Vacquières, où il laissa le souvenir d'une grande charité.
Cf. Anh, de VEvéché ; — Ordo de i8j^\ — 'Njotes biograpJnqiies sur MM. Frédéric et Jean-Baptiste Ger\'ais, dues à l'obligeance de M. le vicaire général Paul Gervais, chanoine-archiprôtre de Saint-Pierre.
GIGAUZY,
prêtre, refusa le serment et fut condamné h être transporté à Cayenne (24 avril 1793).
GIGOT (Daniel),
originaire du diocèse de Rouen, était diacre, licencié en théologie de la Sorbonne et ancien recteur de l'Université de Paris. Il remplissait les fonctions de professeur de philosophie, dans cette ville, au collège Mazarin, lorsqu'il fut pourvu d'une prébende canoniale à la cathédrale de Montpellier. C'était en l'année 1765. Il remplit l'office de diacre, pendant assez longtemps, dans les cérémonies capitulaires, ce qui a porté plusieurs de nos biographes à croire et à dire qu'il s'était arrêté à l'ordre du diaconat. Il reçut cependant, quoique un peu tard peut-être, Fonction sacerdotale. Le fait est indubitable, car dans la suite nous le voyon' toujours ajouter à sa signature la double qualification de prêtre et de chanoine.
L'année qui suivit la prise de possession de son canonicat, il se vit dans la nécessité de se rendre à Paris, où il dut séjourner un temps plus ou moins long pour ses affaires personnelles ; mais il n'y perdait point de vue ses droits pour l'obtention des bénéfices. Le 28 mars 1766, il signait une procuration, dans laquelle il n'oubliait aucun de ses titres, se disant domicilié au collège Mazarin, paroisse Saint-Sulpice et donnant mission à Joseph-Aymard de Guignard de Jons, chanoine de Montpellier, vicaire général, d'agir en son nom, « en cas de vacance de bénéfices ou dignités, canonicats, cures, chapelles et autres dépendances du chapitre, dont lui constituant aurait la collation étant en semaine ».
Dès son arrivée à Montpellier, le chanoine Gigot avait su se rendre recommandable par sa valeur intellectuelle aussi bien que par ses vertus privées et publiques. Aussi jouissait-il dans la ville épiscopale d'une très grande influence. Peu de jours après la prise de la Bastille, il avait été élu chef du Conseil permanent de la commune, chargé de s'occuper des mesures à prendre, selon les circonstances, pour mettre Montpellier i\ Tabri de toute surprise et d'établir des confédérations avec les villes voisines (Cette, Nîmes, Aiguesmortcs, Gangcs, Aimargues, Lansargues et Marsillargues), 21 juillet 1789. Dans la Commission régénératrice, il fut