‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 201 sur 324 · IV. Ias Martyrs et Confesseurs de la foi · texte numérisé non relu

IV. Ias Martyrs et Confesseurs de la foi

comptes de régie, les arrêter et former un résultat des revenus et des époques de leur échéance. Les opérations terminées, le supérieur reçut la garde des bâtiments et du mobilier. Sa pension personnelle fut réglée à la somme de 700 livres.

La communauté se composait de onze religieux. Elle assista à la fête de la Fédération (14 juillet 1790), célébrée dans Téglise cathédrale, à cause du mauvais temps qui n^avait pas permis d'utiliser l'autel de la patrie, élevé au milieu du champ foirai. Le Père Guiraudet et ses reliuieux s'excusèrent de ne pas prêter le serment civique et fédératif ; leur conscience se répugnait à cette formalité.

Leur fermeté parut avec non moins d'éclat lorsque, le i" décembre 1 790, ils furent sollicités par les membres du Directoire d'abandonner leur costume et leurs vœux. Le Père Guiraudet écrivit la déclaration suivante: « Je, soussigné, gardien de la Communauté de Saint-Pons, déclare que le R. P. Valeton, ex-provincial, absent pour les affaires du Corps, les R. P. Aphrodise Bardy, André Boyé, Philippe Pagès^ Saturnin Basso, absents pour donner du secours à la maison de Marseillan, district de Béziers, et Hyacinthe Raymond, qui a été visiter ses parents, sont tous attachés à ladite Communauté et qu'ils ont cy-devant déclaré devant la municipalité, vouloir rester dans son corps, suivant la déclaration qui doit être au pouvoir des Officiers municipaux dudit Saint-Pons, déclarant moi-même vouloir mener la vie commune et aller dans telle maison de l'ordre qui me sera désignée, pour y vivre avec mes frères » .

A l'exemple de leur gardien, tous les religieux présents protestèrent de leur amour pour la vie religieuse. L'appât de la liberté ne produisant aucune défection, le Directoire procéda sur le champ à l'inventaire des bâtiments.

Le P. Guiraudet profita de cette visite pour se plaindre de la pénurie dans laquelle se trouvait sa communauté. Privés de la pension qui ^ devait leur être payée à compter du r'" janvier 1790, ils avaient contracté dt-s dettes pour l'achat des objets de première nécessité; c'est

rV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi.

pourquoi le P. Guiraudet demandait qu'une somme de 400 livres, au moins, leur fut allouée. On lui promit de faire droit à cette requête, mais aucune détermination ne fut prise. Cependant le 11 avril, sur Tordre du Département, les religieux ayant cessé d'exister comme ordre, le trésorier du District acquitta tous les mémoires présentés par les divers créanciers. Les Récollets avaient tous quitté leur couvent, au 21 juin de la même année. En 1803, le Père Guiraudet était nommé succursaliste de Saint-Martin-de-T Arçon. Pension 266,66. Il jouissait de Testime publique.

Cf. Saurel, Hist. relig. du départ, de V Hérault. — Arch. de l'Hérault, LIH V5. — EsTOURNET, Les Ré-colkts de Saint-Pons. — Arch. de l'Evéché, Tableau du Clergé. p. 310.

HÉRAIL ^François- Louis),

hebdomadier à Saint-Aphrodise, refusa le serment. Pension, i. 000 livres. On veut l'envoyer à la Maison de Réclusion. Il adresse une pétition aux administrateurs du Département. Il se. dit non assujetti au serment, comme n'étant point fonctionnaire public. Depuis quinze ans il souffre de la pierre ; en conséquence il demande à être dispensé de la réclusion, et, par la même occasion, à être payé de sa pension. Deux médecins sont envoyés pour le visiter. Hérail est dispensé des dispositions prises par l'Arrêté du Co^jseil du 28 juillet dernier (10 août 1792). Mais dénoncé au Directoire de Béziers comme tenant des assemblées nocturnes et fanatisant les esprits (15 janvier 1793), Hérail essaie de se justifier en faisant valoir son état valétudinaire. Ses explications ne sont point acceptées et, le 26 janvier 1793, un huissier « parlant à la personne d'Hérail » lui signifie d'avoir à se rendre, dans le délai de trois jours, dans la maison du ci-devant séminaire, à Montpellier. Sans perdre de temps et le même jour, le vieux hebdomadier signe une nouvelle pétition aux administrateurs du Département. Il fait de nouveau valoir ses infirmités. Cette pièce passe par le District ; celui-ci est d'avis que « la

U Ancien Clergé du Diocèse de Monipedier,

pétition d'Hérail doit être rejetée » et malgré cette opposition, deux médecins sont délégués par le Directoire du Département. Ils dressent le rapport suivant : «... Il résulte que ce prêtre est atteint depuis longues années de violents accès de nephrésie, qui lui occasionnent par périodes des symptômes douloureux, tels que la fièvre, la rareté des urines et autres infirmités ». Sur cette déclaration Tabbé Hérail est excepté des dispositions notées par l'Arrêté du Conseil du 28 juillet 1792 (11 mars 1793). Hérail, après la Révolution, desservant à Vendargues. Il mourut le 9 novembre 1834.

Cf. Arch. de l'Hérault, LH. Vi. Arch. de rEvêché, Reg . des Décès.

HONTARD {Jacques-Joseph),

prêtre de Portiragnes, déporté d*Agde à Nice (11 septembre 1792), à Tâge de 39 ans. .

'DES HONS, voir l'article SEGUIN DES HONS.

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