IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
MONTMAIRÈS (Tierre-Salles),
prêtre, ancien professeur de rhétorique au collège de Castres, né à Saint- Gervais le 21 juillet 1736. Il s'était caché à Saint-Gervais dans sa propre maison et y résida sans interruption depuis le mois de mars 1792 jusqu'au 19 germinal an VIII (9 avril 1800). Un certificat de la Municipalité, signé par une quinzaine d'habitants, en fit foi. Agé et infirme, il demanda à jouir de la liberté, sous la surveillance de l'Administration, comme n'ayant exercé aucune fonction publique depuis qu'il avait été frappé pai la loi (9 prairial an VIII, 29 mai 1800).
Cf. Arch. municipales de Saint-Gervais. 7* '^g. des Délibérations, de ijp^ à 1810.
D^OREL {Hyacinthe-maise),
prieur-curé de Saint-Sever d'Agde, né à Avignon. Elevé à la prêtrise, il n'enfouit pas le talent que Dieu lui avait donné pour la prédication. Pourvu d'un bénéfice à la métropole, il ne se contenta pas d'y édifier par sa piété et son assiduité, il s'occupa dans les moments laissés libres par l'assistance au chœur, à composer des sermons qui étaient fort appréciés. Un de ses amis, prié de se charger de faire l'oraison funèbre de la reine de France, Marie Sobieski, épouse de Louis XV, regretta bientôt de s'être engagé à donner ce discours. Ne pouvant revenir sur sa promesse, il eut recours au chanoine Morel, dont les talents lui étaient connus. Celui-ci composa l'oraison funèbre ; mais sans vouloir s'en réserver l'honneur. Le discours fut très goûté du public, qui ne s'y trompa pas et rendit au véritable auteur le mérite de son œuvre.
Sur ce, Mgr de Saint-Simon, évêque d'Agde, revenant de Paris, s'arrêta quelques jours en Avignon et entendit parler de l'abbé Morel. Désireux d'attirer un tel sujet dans son diocèse, il lui conféra le prieurécure de Saint-Sever qui venait de vaquer dans sa ville épiscopale et y ajouta des lettres de vicaire général. Le curé-prieur s'abstint de remplir aucune des fonctions attachées à son titre de grand-vicaire, par modestie et aussi pour être libre de se livrer tout entier à sa paroisse.
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
Pendant plusieurs années, il l'administra de la manière qu'on pouvait attendre d'un prêtre favorisé des qualités les plus éminentes. Il était assidu au confessionnal, empressé auprès des malades. Le superflu de son bénéfice passait aux mains -de ses paroissiens pauvres. Afin d'avoir plus de temps pour la préparation de ses prédications et l'administration temporelle de sa paroisse, il afferma ses biens d'église et voulut même se débarrasser du gouvernement de sa propre maison ; il chargea de ce soin deux de ses amis, chanoines de la cathédrale, qui désiraient vivre avec lui dans son presbytère.
II refusa le serment à la Constitution civile du clergé, quitta sa paroisse et se réfugia d'abord à Montpellier, dans la maison de St-Ruf. Obligé bientôt de se dérober aux recherches de leurs persécuteurs, les prêtres de cet établissement se dispersèrent. M. Morel se rendit à Villeneuve-les-Avignon, où il ressentit les premières atteintes du mal auquel il succomba peu après. Afin de ne pas être à charge aux personnes qui lui avaient donné l'hospitalité, il rentra dans sa fiimille, à Avignon. Cette yille n'avait pas encore éprouvé les terribles secousses de la Révolution française.
L'ancien curé-prieur de Saint-Sever fit son testament, par lequel il léguait son patrimoine à son frère, à la charge de donner cent louis aux pauvres de sa paroisse d'Agde, clause soigneusement exécutée par un de ses fidèles amis et paroissiens, peu après sa mort, survenue en 1793. Il avait de 55 à 60 ans.
Cf. Ms dePabbé de Gohin, pp. 63-65.
MOREL {"Barthélémy),
prêtre de Las Condaminas, déporté d'Agde à Nice, le 7 septembre 1792, âgé de 34 ans.
'MOVRGUES (Jean-'Baptiste),
Bénédictin de la maison de Sainl-Thibéry, né à Murviel-les-Béziers, vers