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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

POIS A T (Jean-François^ y

Récollet de la maison de Saint-Pons, sous le nom de Père Laclancty refusa le serment. Sa pension liquidée à 800 livres.

Enfermé à la Maison de Réclusion de Montpellier, il fit parvenir à Girot-Pouzol, représentant du peuple, délégué dans les départements du Gard et de l'Hérault, la pétition suivante : « Jean-François Poisat, RécoUct, âe[é de plus de 70 ans, domicilié à Saint-Pons, vous expose qu'il est accablé d'infirmités, contractées depuis qu'il est en réclusion, pouvant à peine se remuer dans son lit, sans secours. Il espère de votre justice et de votre humanité que vous lui accorderez la liberté, pour se procurer les soulagements possibles ». Le délégué Girot-Pouzol, considérant le grand âge du pétitionnaire, ordonna sa mise en liberté immédiate, lui accordant la permission de se retirer dans sa famille, à Saint- Pons, sous la surveillance de la Municipalité et rautorisant à faire retirer de la Maison de Réclusion les meubles et effets lui appartenant (14 germinal an ni, 3 avril 1795).

Une loi du 18 thermidor an II (5 août 1794) avait proclamé la liberté des cultes. Poisat se présenta, le 25 prairial an El, (13 juin 1795), devant la Municipalité de Saint-Pons. Pour demander à jouir de la faculté accordée par cette loi et sollicita la permission de célébrer les saints Mystères dans la chapelle de son ancien couvent ; ce qu'il ne put obtenir.

Dans la suite, on voulait le renvoyer de nouveau sous les verrous. La gendarmerie lancée à sa recherche (16 ventôse an FV, 6 mars 1796), ne put le découvrir, au moins ce jour-là. Mais on se ravisa et Ton reconnut que Poisat n'ayant jamais été fonctionnaire public n'était point tenu au serment. On lui permit alors de continuer à demeurer en réclusion chez lui, l'autorisant même à sortir pour aller se promener.

Pendant deux ans environ, l'ancien Récollet put vivre en paix, avec une liberté restreinte, sous les yeux du maire et de l'adjoint de Saint- Pons. Au bout de ce temps, il reçut un avis, aussi pressant qu'officiel, d'avoir à réintégrer sans le moindre retard la Maison de Réclusion de

IJ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

Montpellier. Il adresse aussitôt une pétition aux administrateurs municipaux du canton de « Thomières ». Soixante-quinze ans et de sérieuses infirmités, telles sont les raisons qu'il fait valoir pour qu'on le laisse mourir en paix. Mais on est dur! on trouve que le vieillard infirme sera mieux soigné en prison que dans son domicile, où il n'a pas de parents et où il est privé de ressources et de tout secours.

Les membres de l'Administration centrale partagent ce sentiment auquel se rangent les officiers de santé et les gendarmes eux-mêmes. Poisat (( réintégrera » la Maison de Réclusion et, en attendant qu'il soit en état d'être mis en route, l'agent municipal adresse un « réquisitoire » au capitaine commandant la garde nationale sédentaire, pour qu'il ait à fournir tous les jours un homme chargé de s'assurer que le pétitionnaire ne tentera pas de s'évader.

Reste une difficulté : qui fournira les moyens de transport ? L'Administration centrale ordonne à la Municipalité de se charger des frais, qui seront remboursés par le Département , attendu que le pétitionnaire est dans l'impuissance de les payer (19 brumaire an VI, 10 octobre 1797).

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 441, 445 et 443 his\ — Estournet, Les RécoUets de Saint-Tons de TJxmtières,

PONS (Augustin),

né à Labruguière (Tarn), le i^^ novembre 1747, docteur en théologie et curé de Mazamet, était un homme de mérite. Député du clergé de Toulouse, en 1789, aux Etats généraux, il se fit remarquer par un Mémoire en faveur du bas-clergé. Sous la Terreur, il échappa miraculeusement aux massacres' de l'Abbaye et gagna les côtes d'Angleterre où on l'accueillit avec la plus honorable distinction. II fut chargé de faire des confé- ] rences aux membres du clergé français, dont il était regardé comme le | chef. A son retour à Mazamet, les personnes les plus honorables de la ville allèrent en cavalcade à sa rencontre et ses paroissiens lui firent une réception enthousiaste. Afin de ne point se séparer de son troupeau

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