IV. Les Martyrs et Conjesseurs de la Foi
PROUZET (Joseph),
prêtre du diocèse de Lodève, sujet à la réclusion (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797).
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443.
PRUNET (Louis-^nioiue),
né à Béziers vers 17 16, avait été vicaire à Fontes de 1747 à 1755.
11 était curé de Pézenas au moment où fut demandé le serment à la Constitution civile du clergé. Loin de se rendre à cet appel, il prêcha contre les décrets et ne quitta son poste que chassé par l'Uistrus. Se souvenant des huit années qu'il avait passées à Fontes, comme vicaire du curé-prieur Salguès, il vint demander à une pieuse famille de cette paroisse un asile que la loi punissait de mort.
« Un vaste grenier, divisé en deux parties, lui servait de chapelle et de refuge. Dans la partie la plus spacieuse se rassemblait le peuple fidèle. A minuit, les vieillards, les jeunes hommes, les femmes surtout, — toujours les plus courageuses dans les temps d'épreuves — arrivaient en silence. Sur une table disposée en manière d'autel, reposait la pierre sacrée. A l'appel du saint prêtre. Dieu descendait au milieu de ce peuple de martyrs, sur qui planait sans cesse la menace de honteuses délations. Les fronts se courbaient avec amour, les larmes coulaient sur la terre coupable; mais la prière montait au ciel et les sanglots de lu multitude demandaient au Très-Haut de ne plus revenir en fugitif, mais en triomphateur sur ce sol de la patrie arrosé de tant de sang chrétien. Quelles paroles éloquentes devaient tomber à ce moment des lèvres du prêtre! mais il fallait parler à voix basse, car l'ennemi veillait! Le jour de Noël 1801, le culte catholique put enfin se célébrer de nouveau avec quelque splende\ir, dans Téglise de Fontes, si longtemps déserte.
A minuit, l'abbé Prunet était à l'autel, rayonnant d'enthousiasme et de foi, avec la triple majesté de Tâge, de la vertu et du sacrifice, prêtre à la fois et victime, comme le Dieu qu'il allait immoler sur l'autel.
25] l'AXaEN CLBRCÉ DU DIOCBSB OB UONTPBLLIBK.
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
Si longtemps il avait demandé de voir enfin se lever sur sa patrie ce jour tant désiré, offrant de payer de sa vie le retour du vieux peuple Franc au Dieu de ses pères; l'offrande était acceptée. Tout le village était h\, à genoux, muet de vénération et d'amour pour le saint pasteur, sorti des catacombes, et priant avec la ferveur des premiers chrétiens. On peut dire que l'élan de sa reconnaissance brisa le cœur du vieux serviteur de Dieu; à la préface, ce chant triomphal de l'église, qui entr'ouvre le Saint des Saints et prépare la venue du' Christ, le noble vieillard eut un tel éclat de voix qu'il s'affaissa soudain, on l'emporta, mourant, de l'église dans la maison qui lui avait servi de refuge, où il rendit bientôt le dernier soupir ».
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 hh; — Bigot- Valen tin, Hisl. popuî. de Fontes p. 319 et suiv. — Soulier, les Loisirs etc., tome i".
RABOT (Jean-'Baptisie),
né vers 1745, prieur d'Aumes, sujet à la déportation. Le maire d'Aumes écrivit au préfet (8 floréal an X, 28 avril 1802) : « Jean-Baptiste Rabot, prêtre résidant depuis longues années dans ma commune, n'a fait jusqu'ici aucun des serments et promesses exigés par les Lois. Il est disposé à se conformer à toutes les dispositions de la Convention passée entre le Gouvernement français et Sa Sainteté Pie VIL Etant malade et désirant exercer les droits de citoyen actif, en testant, il me demande s'il doit remplir quelque formalité préalable »>. Le préfet répond au maire (n° 4802, 10 floréal) : « J.-B. Rabot, qui désire jouir des droits de citoyen français, doit faire entre vos mains h promesse de fidélité à la Constitution et vous lui en délivrerez une expédition sur papier timbré ».
Cf. Arch. de THérault, V. 'Police du Culte et L. 443.
RAHOUX (Jean-Antoine),
docteur en Sorbonne, s'était distingué dans le cours de ses hautes études. Mgr Rollet lui confia la direction du petit séminaire qu'il venait de créer