IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi
trer jusque dans sa chambre; son lit est encore chaud. On s'empare de sa calotte et de son bréviaire, ainsi que du cheval trouvé à Técurie. Mais les deux curés ont dépisté toutes les recherches.
Après le Concordat, l'ancien curé d'Argelliers était desservant au Gros, canton du Caylar (1803), à Murviel (1807), P^^s Montpellier, avec pension de 266 fr. 66 et curé des Matelles (1809).
Cf. Arch. de THérault, L. 443 ; — F. Saurel, Hist, relig. du dèp. de V Hérault ; et Les ^Brigands voyaux; — Fisquet, Diocèse de Montpellier ; — Manseau, Les 'Prêtres et Religieux déportes dans les côtes et dans Us îles de la Charente-Inférieure .
RIBAN (François),
né à Montpellier en 1723, sur la paroisse Notre-Dame, reçut de sa famille son titre clérical (100 livres\ daté du 5 février 1750.
Il était curé de Montbazin lorsqu^il refusa le serment. Dénué de ressources, il ne se soutenait que grâce à la charité de son frère. Il avait été enfermé dans la Maison de Réclusion, à Montpellier, et placé dans une chambre, dont la fenêtre, murée à la partie inférieure était grillée à la partie supérieure. Il était rhumatisant, ce qui joint à son âge, lui valut du représentant du peuple Girot-Pouzol sa liberté provisoire (4 germinal anIII, 24 avril 1795}.
Enfermé de nouveau dans la Maison de Réclusion (19 pluviôse an IV, 8 février 1796), il eut beaucoup à souffrir de ses infirmités. Au moment où Ton songeait à évacuer les prêtres reclus de Montpellier sur Béziers, le frère de l'abbé Riban, celui-là même qui le soutenait dans son indigence, écrivit aux administrateurs du Département une lettre (sans date) et dont voici le sens. « Dès le moment où les prêtres cessèrent leurs fonctions dans les paroisses, Riban se mit en réclusion chez moi sans jamais se cacher. Voilà six ans qu'il est dans la captivité, et cependant il est plein d'infirmités. Il est de toute impossibilité qu'il puisse être transporté à Béziers ».
Un certificat du professeur Broussonnet indiquait quelques-unes de
[J Ancien Clergé du Diocèse de MofttpeMer.
ses misères. « Ribaii \Francois esl perclus des extrémités inférieures : ses jambes sont couvertes d'érysipèles; il n'y peut supporter ni bas ni vêtements. » (27 fiuctidor an VII, 13 septembre 1799'. Et les verrous ne s'ouvraient point devant le vieillard infirme! Au point que, le 15 prairial an VIII 4 juin i8oo\ Victor Broussonnet se voyait dans la nécessité d'adresser à l'Administration un nouveau rapport en sa faveur.
Il vécut cependant encore assez longtemps et mourut à l'âge de 89 ans, le 8 novembre 1812, n'ayant pu entrer dans le cadre des membres actifs du clergé, tout en étant en parfaite communion avec l'évêque concordataire.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. de TEvéché, Prêtres sans emploi dans la ville de Montpellier et 3c Reg. des Délib. du District de Montpellier, p. 393. Etat des Prêtres reclus (16 germinal an JI, 5 avril 1794); — F. Saurel. Hist. nlig. du départ, de l'Hérault, III, 219.
RICARD (Jean),
diacre, né à Mauguio en 1764, sujet à la déportation, pour refus du serment schismatique, fut enlevé de sa maison paternelle, le i*^"" avril 1793, et traduit de brigade en brigade à Bordeaux et successivement détenu au Fort-Hâ, à la citadelle de Blaye et sur le vaisseau prison le Jeanty. Il passa deux ans et demi dans une dure captivité, d'où il sortit par jugement du représentant Girot-Pouzol.
Dans la suite, forcé de partir pour l'étranger, il se rendit en Italie, muni d'un passe-port pris à Montpellier, le 5 vendémiaire an VI [26 septembre 1797}. A sa rentrée en France, comme on voulait l'obliger à s'en aller de nouveau, son père adressa une pétition au Département dans laquelle il établissait que le diacre Ricard n'était point sujet à la loi de la déportation. Cette pièce, munie de 44 signatures 114 ventôse an VIII, 5 mars i8oo\ déclarait en outre que cet ecclésiastique était diacre et non prêtre.
On ne tint aucun compte de cette juste réclamation et on notifia au diacre Ricard de sortir du territoire français dans un délai qui ne pouvait